Sujet
: Lutte contre la pauvreté et la
surconsommation.
Histoire : Un jeune qui souffre de ne
pas avoir beaucoup d'argent, trouve une lampe de poche avec un génie
à l'intérieur. Le génie lui propose trois souhaits.
Au lieu de choisir des choses utiles, Alain opte pour des objets banals
de consommation. Grâce à l'intervention d'un ami, Alain
obtiendra une autre chance et pourra faire un souhait plus utile.
Nombre de personnages : 5
Durée approximative : 22 minutes
Personnages :
Alain
Chantal
Daniel
Le génie de la lampe
Mère d'Alain
Décor : un fond
de scène avec des affiches publicitaires de marques connues
ou de groupes de musique. Une poubelle.
Intro : montage de
musiques et de sons de consommation (tiroir-caisse, argent) ou bien
la chanson "Money" de Pink Floyd. Des personnages passent
en patins roulettes aves des affiches "acheter ceci" , "rabais
sur cela"...
Scène 1 : Alain, Daniel, Chantal.
Daniel arrive en patin à roues alignées
avec un baladeur sur les oreilles. Il écoute la musique de
Mariah Carey ou une autre du genre. Chantal, à pied, tape dans
la main de Daniel et lui prend un écouteur et se le met sur
une oreille. Ils suivent le rythme de la musique. Alain se pointe
alors, il n'a pas de patins, il est habillé de façon
très ordinaire, il a ses livres d'école dans un sac
de plastique. Chantal l'aperçoit en premier. Elle donne un
coup de coude à Daniel. Celui-ci fait le mouvement de baisser
la musique de son baladeur.
Daniel à Alain : Salut, tu es nouveau
dans le quartier ?
Alain : Oui, on a déménagé en
fin de semaine.
Chantal : C'est ta première journée
à l'école ?
Alain : Oui, ça me fait tout drôle.
J'avais jamais changé d'école avant.
Daniel : Ne t'en fait pas. Ici tu vas voir, on s'amuse
beaucoup. Je vais te présenter à plein de monde.
Alain : Qu'est que vous écoutez comme musique
?
Chantal : C'est Mariah Carey, tu dois connaître
ça.
Incertain, Alain fait un signe de tête affirmatif.
Daniel : Justement, Ça me fait penser, vendredi,
il y a une disco aux loisirs. Tu pourrais venir.
Alain : Est-ce que ça coûte quelque
chose ?
Daniel : Juste 4$
Alain : Ah ! 4$.... C'est que j'avais déjà
prévu une autre activité.
Chantal : Aïe ! Amènes-tu tes livres
dans un sac de plastique ?
Alain : Eh... oui !
Chantal : T'as pas de sac à dos ?
Alain ne répond pas.
Chantal : Ça te prend un sac à dos,
un "Lavoie" à part de ça ?
Elle montre son sac.
Daniel : Lui, c'est pas un "Lavoie", c'est
un "Labaie", un sac à pognée "LaBaie".
Chantal et Daniel se bidonnent pendant qu'Alain
rit plutôt jaune.
Daniel se dirige vers lui : On ne rit pas
de toi, là, on rit de ton sac. On t'agace, c'est juste pour
te montrer que t'es dans la bande. On pourrait se voir après
l'école, mon père vient justement de m'acheter le nouveau
"Nintendo 64" à 400$.
Alain : Ah ouais, t'es chanceux !
Daniel : On pourrait même s'échanger
des cassettes du vieux Nintendo.
Alain gêné : C'est que j'en n'ai
pas.
Chantal : T'as pas de jeu Nintendo en plus ? Ça
se peut pas ! As-tu des patins à roues alignées au moins
!
Alain de plus en plus gêné :
non !
Chantal : Viens-tu de St-Profond des creux-creux
! T'as même pas de linge à la mode, ni de casquettes
d'équipe ; tu fais pitié !!!
Daniel arrête Chantal : O.K., c'est
assez ! (il regarde sa montre) Il faut entrer, les cours vont
commencer.
Alain : Moi, je m'en vais d'ici.
Alain quitte la scène. Il n'ira pas en
classe.
Daniel à Chantal : Je pense que t'as
été un peu dure avec lui.
Chantal : De toute façon, ce gars-là,
il s'en trouvera pas d'amis, il a rien !!!
Daniel : Il doit être malheureux.
Chantal : On peut rien y faire.
Daniel : T'as peut-être raison.
Chantal : Pis qu'est ce qu'y arrive avec tes parents.
Daniel : Ils vont se séparer.
Chantal : C'est plate !
Daniel : On peut rien y faire.
Chantal : La deuxième cloche vient de sonner.
Dépêchons-nous !
Les deux sortent dans la direction opposée
à celle d'Alain.
Scène 2 : Alain et le Génie
Alain revient en traînant de la patte.
Alain : Ce n'est pas de ma faute si on n'a pas d'argent.
J'aimerais bien ça avoir un jeu Nintendo 64 et un sac Lavoie.
Mon père a perdu son travail, il a fallu vendre la maison pour
venir rester en appartement. La vie est injuste, les gens sont injustes.
J'aimerais bien ça les voir à ma place eux-autres.
Il se met à regarder un peu partout. À
fouiller dans une poubelle. Il trouve une lampe de poche. Il y a quelque
chose d'écrit dessus.
Alain : "Allumez la lampe et votre vie s'illuminera".
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Il allume la lampe et on entend un bruit de tonnerre
accompagné d'effets lumineux et de musique bizarre.
Alain : Je rêve ou quoi ?
Génie : Quoi !
Alain : Quoi ?
Génie : Tu me demandes "Je rêve
ou quoi". Comme tu ne rêves pas, je te réponds "Quoi".
Alain : Mais d'où sors-tu et à part
ça qui es-tu ?
Génie : Je suis le Génie de la lampe
de poche !
Alain : Le Génie de la lampe de poche, ah
oui ! Très crédible !
Génie : Je suis venu pour exaucer trois souhaits
!
Alain de façon ironique : Comme dans
le film de Walt Disney ah ! ah ! Jamais t'auras un ami comme moi !
Yé ! Voyons, ça doit encore être une mauvaise
blague. On s'est assez moqué de moi aujourd'hui, merci !
Génie : De toi, je ne me moque pas. Jamais,
je ne ferais ça ! Dans chaque histoire, tu ne dois pas oublier,
que l'on retrouve un fond de vérité.
Alain : Est-ce que tu parles toujours comme ça
avec des rimes ?
Génie : J'aime jouer avec les mots, ainsi
le langage devient plus beau.
Alain : C'est bien comique ton affaire, mais moi
j'ai autre chose... à faire !
Génie : Attends, ne laisse pas tomber les
trois souhaits qui t'étaient réservés.
Alain : Trois souhaits, de quel genre ?
Génie : Point de limite, tout est permis,
étrennes favorites et rêves infinis.
Alain : Qui est-ce qui me dit que cela fonctionne
?
Génie : A tout le moins tu peux essayer, tu
n'as rien à perdre, tout à gagner.
Alain : Je procède comment ?
Génie : Tu n'as qu'à souhaiter, moi
j'exaucerai !
Alain : Très bien, je veux un jeu Nintendo
64, un sac Lavoie et des patins à roues alignées.
Génie : Je te conseille de bien y réfléchir,
ces choix influenceront ton avenir.
Alain : C'est tout réfléchi, c'est
ce que je veux !
Génie : Je le répète, fais attention,
prend quelques secondes de réflexion. Plus tard tu pourrais
regretter, de ne pas y avoir bien penser.
Alain : Jamais je ne regretterai un jeu Nintendo
64, ni des patins à roues alignées...
Génie : Tant pis si t'as des ennuis, c'est
ce que tu auras choisi. Dans quelques secondes, je m'effacerai et
tes objets convoités, je te laisserai.
Le Génie retourne derrière, Alain
le suit et trouve les objets. Il n'en revient pas. Il part en courant
en amenant la lampe de poche.
Scène 3 : Alain, sa mère et le Génie
Nous sommes chez Alain. Sa mère arrive
sur scène et fait un peu de ménage.
Alain : Maman, Maman, regarde ce que j'ai eu.
Mère : Mais, qu'est-ce que tu fais ? Tu n'es
pas à l'école ?
Alain : Non, je ne veux plus aller à cette
école !
Mère qui est toujours très énervée
: Tu n'y penses pas Alain ! C'est quoi tout ce bazar-là. Ah
non ! Je sais, t'as volé. Mon doux Seigneur, mon fils est devenu
un voleur. Comme si on n'a pas assez de malheurs qui nous tombent
dessus. Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ? Pouvez-vous me le dire
?
Alain : Laisse-moi parler avant de partir en peur.
Je n'ai pas volé.
Mère : Tu t'es fait de l'argent en vendant
de la drogue.
Alain : Non ! Attends !
Mère : Pas une histoire de prostitution !
Alain : Maman arrête, je n'ai rien fait de
mal. Ces cadeaux m'ont été donnés par un génie.
Mère : Un génie ?
Alain : Oui, un génie qui est sorti de cette
lampe de poche.
Mère découragée, elle se
prend la tête avec les mains : Me prends-tu pour une valise
! Un génie. Voyons Alain, invente quelque chose de mieux !
Alain : Je te le dis, Maman. On allume la lampe de
poche comme ceci.
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