Personnages
:
Justin : garçon de sixième année
Fred : garçon de sixième année un peu énervé.
Mélanie : fille de sixième année, dynamique et
pleine.
Francine : fille de sixième année, genre petite peste.
M. Thibodeau : Membre de l'âge d'or.
Mme Claire Soucy, professeur.
M. Le maire Cadorette
M. Le Directeur
Environnement : Un
banc de parc et si possible quelques éléments d'un terrain
vague : buissons, roches, ciel bleu avec édifices en fond.
Scène 1 : Le jour se lève sur le banc.
On entend une petite musique rythmée. Plusieurs
personnages passent, d'abord M. Thibodeau qui vient lire son journal.
Les enfants arrivent pour l'école, ce qui chasse M. Thibodeau.
Le professeur appelle les enfants pour les cours. Ensuite, Mme Soucy
prend son dîner tranquillement. Elle repart. Les enfants quittent
l'école le sac au dos. Fred et Justin restent autour du banc
pour Jouer.
Scène 2 : Fred, Justin, M. Thibodeau.
Fred : Devine ce qui m'arrive ?
Justin : Quoi ?
Fred : Devine !
Justin : Je ne le sais pas, moi !
Fred : Je viens de ... me faire une blonde.
Justin : Encore !
Fred : Comment ça encore ?
Justin : À chaque mois, tu as une nouvelle
blonde. Le mois passé c'était Martine, le mois d'avant
Line...
Fred : Pas Line, Céline.
Justin : Céline, d'abord. Comment elle s'appelle
ce coup-là.
Fred : Cindy. Ah, je suis tellement en amour. J'ai
le goût de le dire à tout le monde. Tiens, je vais le
graver sur le banc.
Fred sort son couteau et commence à graver.
Justin : Ben là, je le sais si c'est une bonne
idée.
M. Thibodeau arrive.
M. Thibodeau : Aïe le jeune. Qu'est-ce que tu
fais là ?
Fred : Quoi ! Je grave quelque chose sur le banc,
j'ai bien le droit. On est dans une société libre !
M. Thibodeau : Hé hé ! Bien sûr
qu'on est dans une société libre. Mais, ça nous
ne donne pas le droit de faire tout ce qu'on veut. J'aurais bien le
goût de te donner une bonne correction, mais la loi m'en empêche,
hé ! hé !
Fred : Je n'ai pas peur de vous. J'ai le goût
de le faire, je le fais !
Il reprend son couteau, mais arrête.
M. Thibodeau : Alors, c'est que tu ne comprends pas
bien ton rôle de citoyen.
Justin : Le rôle de citoyen ?
M. Thibodeau : Oui, mes enfants. Vous êtes
des citoyens comme moi, comme vos parents, vos amis. Et un citoyen
a des droits, comme tu l'exprimes si bien, mais aussi des devoirs.
Fred : Ah non ! Des devoirs, on en a assez à
l'école, j'en veux pas d'autres.
M. Thibodeau : Ce ne sont pas des devoirs que tu
dois faire à la maison, mais plutôt des actions que tu
dois accomplir comme aller à l'école par exemple ou
voter. Il y a aussi des règles qu'il faut respecter comme celle
de ne pas briser le matériel qui appartient à tout le
monde (il montre le banc).
Fred : Il appartient à tout le monde ce banc-là
?
M. Thibodeau : Je dirais même que c'est un
monument historique. Mes grands-parents se sont embrassés pour
la première fois sur banc. Mes parents ont fait la même
chose, ainsi que moi-même. Ma future femme était assise
là quand je l'ai demandé en mariage. Moi, j'étais
à genoux juste ici. C'était le bon temps... (Il part
quelques secondes dans les nuages). J'irais jusqu'à affirmer
que ce banc était là avant la construction de la ville.
Imaginez toutes les joies et les peines qui se sont vécues
ici. C'est tous ces souvenirs que tu voudrais briser avec ton couteau.
Fred : J'avais pas pensé à tout cela
: à l'importance du banc et des devoirs de citoyen. Je ne connaissais
pas ça.
M. Thibodeau : C'est pour ça que les personnes
âgées existent mon petit bonhomme.
Justin : C'est vrai, mon grand-père a toujours
des bons conseils à me donner quand je vais jouer au hockey.
M. Thibodeau : D'ailleurs, nous autres du club de
l'âge d'or de notre petite ville, nous avons un grand projet
d'aménagement de ce terrain qui est un des rares endroits verts
du coin. Depuis quelques années, la construction de logements
nous a mangé plusieurs beaux grands champs. Il faut arrêter
cela. Et pour y parvenir, nous proposons l'aménagement d'un
parc.
Fred : Ah oui !
M Thibodeau : Oui mes enfants ! Dans ce coin-là,
il va y avoir une petite scène pour y présenter des
concerts de musique classique le dimanche matin après la messe
et tout autour ici, on va construire un terrain de pétanque.
Fred : Nous autres. Où est-ce qu'on va jouer
?
M. Thibodeau : Il va vous rester le banc et tout
le tour du banc pour jouer.
Justin : Juste ça!
M. Thibodeau qui regarde sa montre : Mondoux
! Il est presque quatre heures, j'ai justement rendez-vous avec le
maire. Au revoir, les enfants
M. Thibodeau part.
Fred : Il faut les arrêter sinon on n'aura
plus d'endroit pour jouer.
Justin : Y peut bien nous faire la morale !
Fred : Je vais appeler Mélanie pour savoir
ce qu'elle en pense. Elle a toujours de bonnes idées.
Justin : On va aller souper, ensuite on fait nos
devoirs et on se retrouve ici après.
Fred : Ça marche !
Les jeunes partent et pour signifier un bon dans
le temps, on ferme les lumières. On peut aussi mettre une petite
musique.
Scène 3 : Mélanie, Justin, Fred
et Francine
La lumière revient. Nous sommes après
le souper. Francine arrive avec un bolo ou un jeu du même genre.
Elle s'assoit sur une extrémité du banc. Fred arrive
et s'assoit à l'autre extrémité.
Francine : Aïe, j'étais là avant
toi ?
Fred : Ce banc-là, il n'est pas à toi.
Il appartient à tout le monde. Y a un vieux monsieur qui me
l'a dit après-midi.
Francine : J'étais là avant toi et
je veux être tranquille, c'est tout.
Fred : Si tu veux être tranquille, t'es mieux
d'aller ailleurs parce qu'on est plusieurs qui doivent se rejoindre
ici.
Francine : Je m'en vais d'abord. Mais, je vais m'en
souvenir. Tu vas me revoir la face.
Fred : On la voit déjà trop !
Francine fait la moue et s'en va. Mélanie
est arrivée un peu avant qu'elle parte.
Mélanie : Qu'est-ce qu'elle a encore, elle
?
Fred : Elle n'était pas contente parce qu'elle
voulait être seule sur le banc.
Mélanie : Elle est bizarre !
Justin qui arrive : Excusez-moi, j'ai eu de
la misère avec mes problèmes de math.
Mélanie : Moi, je les ai trouvés faciles
!
Justin : En tout cas... (Il change de sujet).
Fred t'a parlé du problème ?
Mélanie : Il m'a dit que des gens de l'âge
d'or voulaient construire un parc ici avec un grand terrain de pétanque
et une scène pour des concerts classiques (elle mime un
violon) et qu'il ne nous resterait plus de place pour jouer.
Fred : Oui, c'est ça. C'est pas juste; le
parc est à tout le monde, pas uniquement aux vieux.
Mélanie : Y a sûrement quelque chose
à faire, mais je ne vois pas.
Fred : On va les attendre avec des cailloux et on
va les bombarder.
Mélanie : Fred ! La violence n'a jamais rien
réglé. On n'est pas des voyous. On pourrait toujours
en parler à madame Soucy demain matin à la rentrée.
Ce terrain-là est en avant de l'école, elle pourra peut-être
faire quelque chose.
Justin : Ça, c'est une idée ! Maintenant,
est-ce que ça vous tente de jouer à la cachette.
Fred : On n'est pas assez !
Justin : On a juste à aller en chercher d'autres....
Fred : Parfait !
Les jeunes sortent. Autre bond dans le temps qui
peut être marqué par un effet de lumière et/ou
de musique.
Scène 4 : Fred, Justin, Mélanie
et Mme Soucy
Fred qui sort avec un ballon dans les mains, il
est suivi des autres : Yé ! C'est la récré
!
Mme Soucy qui sort également : Frédéric
Dupont, ça fait au moins dix fois que je te dis de ne pas courir
en sortant de l'école.
Fred : Excusez-moi madame, j'étais trop content.
Les autres s'approchent, Mélanie prend
la parole.
Mélanie : Mme Soucy !
Soucy : Vous pouvez m'appeler Claire, ça aussi
ça fait au moins dix fois que je vous le dit.
Mélanie : Bien, Claire. On a un problème.
Soucy : Je vous écoute.
Fred : Il y a des gens de l'âge d'or qui veulent
construire un gros terrain de pétanque ici.
Justin : C'est vrai et une grosse scène dans
le coin là-bas pour jouer du classique. C'est un vieux monsieur
qui nous l'a dit.
Soucy : Je n'étais pas au courant du projet,
mais je peux sûrement m'en informer.
Mélanie : Nous autres, on veut faire quelque
chose.
Soucy : Ça me fait penser, les élections
scolaires auront bientôt lieu. Un de vous pourrait poser sa
candidature et s'il est élu, il devient un représentant
des élèves auprès des autorités et pourra
ainsi parler de vos inquiétudes.
Mélanie : Qu'est qu'il faut faire pour poser
sa candidature ?
Soucy : D'abord, tu vas chercher une fiche d'inscription
au secrétariat, tu la remplis et tu trouves dix personnes qui
acceptent de signer pour appuyer ta candidature comme représentante
de 6ème année.
Justin : Est-ce qu'il y a d'autres personnes qui
se présentent ?
Soucy : Je crois qu'il y a Francine qui a déjà
donné son nom.
Fred : Ah non ! Pas encore elle !
Soucy : Tout le monde a le droit de se présenter
et de se faire entendre. C'est une des beautés de notre système.
Justin : De toute façon, on va gagner.
Soucy : Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant
de l'avoir attrapé. Il faut se faire une équipe, se
monter un programme, se trouver un slogan.
Mélanie : Avec Mélanie, vous êtes
bien parti !
Fred : Ça, c'est super comme slogan.
Soucy : N'oubliez pas, les discours ont lieu dans
10 jours.
Mélanie : On va être prêt.
Ils retournent jouer
Scène 5 : Mélanie, Justin, Fred,
Francine et le directeur
On entend une voix : "Dix jours plus tard"
Le directeur entre en scène le premier,
il s'adresse au public.
Directeur : Chers élèves, en tant que
directeur de cette école et en tant également que directeur
des élections scolaires, je suis très heureux que vous
ayez accepté d'assister en grand nombre aux discours électoraux
qui nous avons la chance, comme la température est clémente,
de présenter à l'extérieur . L'école a
connu une grande effervescence ces dix derniers jours, les murs se
sont parés d'affiches, le télévox a scandé
des slogans et de nombreuses poignées de mains ont été
données. Voilà une école vivante. Maintenant,
je vous demanderai de bien écouter, avec respect, chacun des
candidats. Nous débutons immédiatement avec Mélanie
Archambault, candidate de sixième année.
Mélanie monte sur le banc : Chers électeurs,
chères électrices. Si vous cherchez une personne pour
vous représenter qui est responsable, dévouée,
dynamique, pensez alors à Mélanie Archambault. Vous
savez, je viens à cette école depuis la maternelle :
je la connais donc très bien. J'ai toujours été
impliquée dans la vie scolaire que ce soit au niveau des discos,
du journal ou du concours de dessin. Si vous décidez de m'élire
comme votre représentante, je vous promets de vous protéger
contre un fléau qui guette notre école. Imaginez vous
donc qu'il y a des gens qui veulent transformer le terrain en avant
de l'école en immense terrain de pétanque. Nous devons
agir et je suis la personne qu'il vous faut. Moi, je propose d'aménager
cet espace en parc-école avec plusieurs modules de jeux. Alors,
demain quand il sera temps de faire votre petite croix, n'oubliez
pas qu'avec Mélanie, vous êtes bien parti !!!
Directeur : Merci Mélanie. Maintenant, c'est
le tour de Francine Bourque.
Mélanie quitte et Francine monte sur la
scène avec un petit papier chiffonné à la main.
Francine : Bonjour, mon nom est Francine et j'aimerais
beaucoup ça être élue comme représentante
parce que je suis gentille avec tout le monde, je connais beaucoup
de choses et j'aime bien aller aux réunions. Mon slogan : Francine
est super-fine !
Directeur : Voilà, c'est tout pour aujourd'hui
! N'oubliez pas d'aller voter demain. Exceptionnellement, les cours
se termineront à deux heures et nous annoncerons le nom des
élus en fin de journée. Merci de votre attention.
Scène 6 : Mélanie, Justin, Fred
et le directeur
Les élections : sur une musique rythmée
et dirigée par le directeur, les comédiens mettent en
place un bureau de vote avec un isoloir. Le directeur va chercher
deux ou trois élèves dans l'assistance pour voter. Pendant
ce temps, Fred, toujours aussi actif, fait taper les jeunes dans les
mains. Quand les élèves ont voté, on replace
le matériel.
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