La cachette

Dans une ruelle, le soir après le souper, les jeunes se regroupent pour jouer à ce jeu éternel qu'est la cachette.

Personnages :
Jean-Claude : p'tit gars un peu nono.
Michel : Grand flan mou.
André : leader, connaît tout.
Jocelyne : pas achalée.
Marie-Louise : petite bolle.
Évelyne : la p'tite de la gang.
Nathalie : La fille de Maurial

 

André : Qu'est-ce qu'on fait ? A quoi on joue ?

Jocelyne : Je pourrais aller chercher ma corde à danser.

Michel : Ah non ! C'est un jeu de fille !

Marie-Louise : Mon oeil, mon frère y joue ben aux élastiques avec moi.

André : Ton frère, c'est une tapette.

Marie-Louise : Fa la.

Évelyne : Moi, ça ne m'intéresse pas parce que c'est toujours moi qui tourne la corde.

Jocelyne : Si tu t'enfargeais moins aussi, on te ferait sauter plus souvent.

André : À moins qu'on joue à bouteille.

Marie-Louise : Ça ne m'intéresse pas. Ma mère a dit que c'est un jeu pour les enfants mal élevés.

Michel : Aux pas de géants, ça vous tentes-tu ?

Jocelyne : Ah non, c'est tout le temps toi qui gagne ; t'as trop des grandes jambes.

André : Peut-être une petite partie de cachette BBQ ?

En même temps, les gars disent oui, les filles disent non !

André : Vous voulez jamais jouer, vous autres, les filles.

Jocelyne : Ben quoi ! Vous vous êtes pas regardé la face dans le miroir. Si jamais je joue à cachette BBQ, ça va être avec des beaux gars.

André : Tu risques d'attendre longtemps !

Jean-Claude (Qui sort de son silence) : Mais quand est-ce que je pourrais donner un bec à une fille?

André : Je vais t'emmener voir la Gingras dans l'autre ruelle à côté, j'te dis qu'elle, a y va aux toasts.

Jean-Claude : Comment ça ?

André : A donne des frenchs .

Jean-Claude : C'est quoi ça ?

Jocelyne : Je te dis que t'es un vrai P.D.

Marie-Louise : Je dirais même un PDND, pas dégniaisé, non dégniaisable.

Michel : Un french, c'est quand on se fait pogner une fesse.

André : Ben non ! C'est quand la fille met sa langue dans ta bouche.

Jean-Claude : Eurk ! C'est dégueulasse. Tu laisseras faire, ça me tente plus.

André : Ben quoi ! Tu veux rester PD toute ta vie.

Jean-Claude : Ouin, c'est vrai. Je vais bien être obligé de le faire un jour.

Marie-Louise : Coudonc, on a juste à jouer à cachette ordinaire.

Jocelyne : Je fais les pieds.

Michel : Pas besoin, Évelyne va compter.

Évelyne : Quoi, c'est toujours moi qui compte.

Michel : C'est toi la plus jeune, c'est toi la dernière arrivée dans la gang.

Jocelyne : C'est toi qui compte, touch !!!

Marie-Louise : Quand on dit touch, on peut plus changer d'idée.

Jocelyne : Y a plus rien à faire.

Évelyne : J'avais mes times.

Jocelyne : T'avais pas tes times pantoute.

Évelyne : Oui, mes orteils étaient croisées. Tiens, t'en veux-tu des times (elle croise ses doigts, ses bras et ses jambes).

André : Évelyne, t'as pas le choix.

Évelyne : C'est pas juste. C'est quoi les limites.

André : Tout le pâté de maisons. On a le droit d'aller jusqu'au boulevard par là, pis jusqu'au champs de l'école par là-bas.

Évelyne : C'est trop grand !

André : C'est toujours ça les limites.

Évelyne : Ben, je suis petite, moi ; je coure pas vite.

Jocelyne : Envoye, commence donc !

Évelyne : 1,2,3,4,8,12,20,17,5,13... (pendant ce temps, les autres se cachent un peu partout). go pas go, j'y vais. Je délivre mes buts de tous les côtés, de haut en bas, de A à Z.

Les deux filles vont se cacher en arrière des rideaux. Jean-Claude se cache trop pas loin, les deux garçons dans la foule.

Marie-Louise : Ayoye, y a des épines icitte !

Jocelyne : Ouch ! C'est de ta faute. Tu parles d'une idée.

André (à Michel) : Aie, ça te tentes-tu de faire un faux-free ?

Michel : C'est quoi ça ?

André : On échange nos manteaux. Pis quand a va te délivrer, a va penser que c'est moi, mais ça va être toi. Quand elle se trompe comme ça, ça fait un faux-free et a va être obligé de recommencer à compter.

Michel : O.K. (Ils changent de linge)

Lorsqu'Évelyne a fini de compter, elle cherche un peu partout. Elle troue rapidement Jean-claude. Elle le délivre avant, mais celui-ci n'est pas d'accord. Il fait une petite crise. Après cela, les deux autres gars se montrent. Lorsqu'Évelyne voit Michel, elle pense que c'est André et le délivre.

André et Michel : Faux-Free ! Faux-free !

Les autres (ensuite) : Faux-Free ! Faux-free !

Évelyne : Ah ! Non ! Je recompte pas !

André : Elle pogne à chaque coup !

Nathalie (une nouvelle) arrive : Salut ! A quoi vous jouez !

Michel : D'où est-ce que tu sors, toi ?

Nathalie : Je suis en visite chez ma grand-mère !

André : Ah oui ! Ca se peut-tu que t'aille à l'école St-Esprit ?

Nathalie : Ben non ! Je reste à Montréal !

Évelyne (impressionnée) : À Maurial !

Les autres aussi sont impressionnés

Jocelyne : T'es chanceuse ! Aie Maurial !

Nathalie : Montréal !

Marie-Louise : Y que vous savez pas vivre, vous autres. Bienvenue à Vanier. C'est quoi ton nom ?

Nathalie : Nathalie

Michel : Minute ! D'habitude, quand quelqu'un veut embarquer dans la gang, il doit passer une épreuve.

Marie-Louise : Ben là, c'est une invitée.

Jocelyne : Pas de passe-droit. Vous avez été assez durs avec moi, là, c'est son tour !

André : C'est vrai ! T'es obligé de passer l'épreuve.

Nathalie : Pas trop difficile par exemple !

Michel : J'en ai une bonne épreuve : faire le tour du bloc en courant nu pied.

Nathalie : Hen !

Marie-Louise : C'est pas possible, y a quelqu'un qui a cassé une bouteille dans la rue. Elle va se couper.

Jean-Claude : Ou bien, manger un ver de terre !

Tout le monde : Eurk !

Jocelyne : Jean-Claude, t'es nono. Voir, manger un ver de terre. Y a juste toi pour penser à ça.

Évelyne : Je le sais moi. Elle va aller sonner chez le bonhomme Giroux.

Tout le monde : Wé !

Nathalie : C'est qui ça le bonhomme Giroux !

Jean-Claude : Y é un peu gring-gring (il fait le signe de la folie avec sa main). Y cri toujours après nous autres.

Marie-Louise : Sonne à sa porte et sauve-toi en courant pour pas qui te voit.

André : Il reste juste là.

Nathalie : Ben là, je sais pas.

Michel : Je le savais que le monde de Maurial était des peureux.

Nathalie : OK ! J'y vais !

Les autres se reculent. Elle va sonner (bruit de sonnette) dans les coulisses et se sauve.

La voix du bonhomme Giroux : Espèces de jeunes délinquants, je vais appeler la police.

Michel (qui s'avance un peu) : C'est correct, vous pouvez revenir, il est rentré.

Nathalie : Maintenant, je peux jouer avec vous autres.

Évelyne : Mais c'est toi qui va compter. T'es la dernière arrivé dans la gang!

Nathalie : Bon, mais faites pas de faux-free sinon je compte plus.

André : Pas de problème (il met ses times dans son dos).

Nathalie compte. Jean-Claude retourne se cacher à la même place. Michel, André (et Évelyne qui suit) vont dans la cour du bonhomme Giroux. Jocelyne et Marie-Louise se cache en arrière de la salle.

Marie-Louise : On est en dehors des limites.

Jocelyne : Comme ça, on est certain qu'ils ne nous trouveront pas.

Tout d'un coup, on entend le bonhomme Giroux : Je vous ai dit de ne pas venir vous cacher dans ma cour. Je vais appeler vos parents.

Michel et André sortent.

André : Ça compte pas, on a été obligé de sortir de notre cachette !

Ils reviennent tous.

Marie-Louise : Moi, je joue plus. Je suis fatiguée.

Jean-Claude : Ah non ! Je m'étais trouvé une nouvelle cachette !

Jocelyne : Y commençait à être temps !

Michel : C'est plate, on commençait juste à avoir du fun !

André : On revient toujours à la même question : À quoi on joue ?

Marie-Louise : Vous voulez toujours jouer vous autres les gars !

Tout d'un coup, on entend la voix d'une mère.

Mère : Jean-Claude, Jean-Claude !

Jean-Claude (impatient) : Quoi !

Mère : Mets ta tuque !

Jean-Claude : Ah non ! M'man ! Y fait pas frette !

Pour obtenir le reste du sketch



Pour connaître nos nouveautés, inscrivez-vous à notre liste d'envoi.