Scène 11 : Les commerciaux
L’annonceur arrive. Il est suivi de José et d’une
personne habillée d’un sarrau qui tient un plateau plein
de petits gâteaux. Tout au long du commercial, José va
joyeusement s’empiffrer de gâteaux.
ANNONCEUR : Ce temps d’antenne est laissé à la
disposition de nos commanditaires. Mesdames et Messieurs, voici Digestox.
Fini le temps où vous n’aviez plus assez faim pour terminer
votre assiette car Digestox accélère la digestion et
vous permet de manger sans arrêt. Digestox contient du Pesticide
de trétracalcium et du canrérophosphate de chlorure
qui agissent sur les aliments et les éliminent en quelques
secondes. Ainsi, vous aurez toujours faim ! Notre produit a été
testé en laboratoire et voici un de nos nombreux clients satisfaits
: José Bonneau.
JOSÉ en continuant à manger : J’en suis
à mon cinquante-deuxième gâteau aujourd’hui
et j’ai encore beaucoup d’appétit.
ANNONCEUR : Vous aussi cher spectateur, profitez des bienfaits de
Digestox et remplissez-vous la panse sans y penser. Achetez Digestox
dès maintenant et profitez d’un rabais de 25% sur nos
pilules amaigrissantes.
L’annonceur, José et la personne en sarrau quittent.
Aussitôt John et Amanda entrent.
Le deuxième commercial se fait en post-synchronisation
(aussi appelé « doublage américain). C’est-à-dire
que deux comédiens que l’on ne voit pas (Ils sont en
coulisse) disent les répliques alors que deux autres comédiens
sur scène miment le texte. L’idée étant
de reproduire l’effet des commerciaux mal doublés. Le
tout est surjoué.
AMANDA : Bonjour John,
JOHN : Bonjour Amanda.
AMANDA : Tu as mauvaise mine.
JOHN : C’est vrai, je suis fatigué.
AMANDA : Tu ne t’entraînes plus.
JOHN : J’en ai complètement perdu le goût.
AMANDA qui sort un bout de corde de quelques pieds : Moi,
j’ai toujours le goût de m’entraîner avec
la Supersliderope (prononcer à l’Anglaise : Soupeur-slailledeur-wrôpe).
Amanda qui tient un bout de la corde dans chaque main, place la
corde en arrière de son cou et la glisse dans un mouvement
de va et vient.
JOHN : Mais, qu’est-ce que c’est ?
AMANDA : La Supersliderope a été développée
par les spécialistes de la NASA. Elle est fabriquée
avec du nylon bombardé par des rayons photoniques. Ce qui la
rend plus flexible et malléable.
JOHN : Wow !
AMANDA : Regarde tout ce que je peux faire. Il n’y a pas de
limite.
Amanda fait différents exercices avec la corde.
JOHN : J’en veux une moi aussi.
AMANDA en lui tendant une corde : Je te prête une des
miennes. Mais, tu peux t’en procurer une en téléphonant
au 1-800-Arnaque.
Amanda et John font quelques exercices ensemble.
JOHN : Magnifique, j’ai retrouvé le goût de m’entraîner.
Merci Amanda.
AMANDA : Dis plutôt merci à la Supersliderope.
Ils s’en vont en utilisant la Supersliderope comme une corde
à danser (comme les enfants ou les boxeurs).
Scène 12 : Bisbille dans la cour d'école
Damien et Lucie relance Gabrielle et sa bande pour une nouvelle partie
de soccer. Gabrielle refuse, mais convient avec Michel qu’il
faut trouver un moyen subtil de donner une bonne leçon à
leurs opposants.
(Texte complet en payant les droits)
Scène 13 : Sentiments virtuels
Bobby arrive. Il joue avec son jeu vidéo portatif. Pascale
le rattrape.
PASCALE : Bobby ! Il est vraiment super beau le t-shirt que tu m’as
dessiné. Je suis vraiment fière de le porter.
BOBBY en regardant son jeu : Je suis touché !
PASCALE contente : Ah oui !
BOBBY : Il va falloir que je l’avoue.
PASCALE : Qu’est-ce qu’il va falloir que tu avoues ?
BOBBY : C’est difficile à dire.
PASCALE : Tu peux me le dire à moi. Je vais comprendre, c’est
certain.
BOBBY : Ben, c’est que je suis…
PASCALE : Oui.
BOBBY : … très mauvais joueur.
PASCALE : Quoi ?
BOBBY : Je joue très mal. C’est la troisième fois
que je suis touché en moins de cinq minutes. Je suis mort.
PASCALE : Erreur ! T’es en vie et non en vi… déo.
Tu te confonds avec tes personnages électroniques qui ressuscitent
à volonté. Mais, toi, t’es en chair et en os.
T’as rien qu’une chance et tu la gaspilles. Les machines
t’ont complètement hypnotisé au point où
t’es devenu dépendant. T’as besoin d’une
cure de désintox. Je le sais, ce que ça te prend. Tu
devrais t’inscrire au camp où je vais tous les étés.
On est en pleine nature. Les gadgets électroniques sont interdits
et on passe nos journées à faire des activités
plein air comme du canot ou de la voile. C’est pas des petits
bateaux qui se promènent sur un écran. C’est des
vrais que tu dois faire avancer avec ton aviron. Devant toi, t’as
les montagnes, le ciel, le lac. As-tu déjà goûté
à ce sentiment de liberté ? Ça nous donne tellement
l’impression d’être en vie. Tu devrais t’inscrire,
Bobby. C’est tellement l’fun.
BOBBY : Je vais connaître personne.
PASCALE : Moi, je vais être là.
BOBBY : Ça coûte quand même assez cher ce genre
de camp-là ?
PASCALE : Avec tous les jeux vidéo que tu t’achètes,
tu pourrais te payer un été complet au camp.
BOBBY : Cet été, il faut que je travaille pour me ramasser
de l’argent. Je veux m’acheter la super console MultiBox.
PASCALE : T’es vraiment accroc. Comment j’ai fait pour
m’intéresser à toi. J’ai été
naïve pour croire que je pouvais t’influencer,t’aider
et même…
Hors d’elle, Pascale ne termine pas sa phrase.
BOBBY : Pourquoi tu délires comme ça tout d’un
coup ?
PASCALE : Parce que t’es trop maniaque de tes bebittes imaginaires
pour t’apercevoir qu’il y a des vrais personnes qui te
veulent du bien, « beaucoup de bien ». Replonge dans ton
monde artificiel, Bobby Zombie. C’est sûrement mieux comme
ça.
Elle quitte subitement. José entre à ce moment.
Il mange des bonbons.
JOSÉ : Qu’est-ce qui se passe ? T’as l’air
bizarre.
BOBBY : Je suis touché. Game over.
JOSÉ : Quoi ? As-tu reçu un coup sur la tête ?
BOBBY : J’ai été frappé par la réalité.
Ça fesse.
Bobby tend son jeu à José.
BOBBY : Tiens, veux-tu jouer une partie ?
JOSÉ : Tu me prêtes ton jeu vidéo ?
BOBBY : Je te le donne.
José reste surpris.
BOBBY en quittant : Pascale ! Pascale !
Joelle arrive de l’autre côté. Elle lit une
lettre. Elle passe devant José.
JOSÉ : Ça l’air important.
JOELLE un peu découragée : C’est une
lettre de Britney.
JOSÉ : D’habitude, ça t’excite plus que
ça.
JOELLE : Je comprends pas. Britney nous dit qu’elle a assez
d’argent et qu’elle ne veut plus qu’on achète
son matériel, ses cd, ses posters. Elle va consacrer sa vie
au bien des autres et elle veut qu’on donne nos sous à
des causes humanitaires.
JOSÉ : Est-ce que je peux être considéré
comme une cause humanitaire ? J’ai déjà reçu
un jeu vidéo.
JOELLE : Tiens, je te donne la lettre.
Joelle donne la lettre à José et continue son chemin.
Maxime surgit aussitôt. Elle est complètement paniquée.
MAXIME : José, José, il faut que tu m’aides.
JOSÉ : Ça dépend.
MAXIME : J’ai perdu mon agenda. Est-ce que tu l’aurais
vu ?
JOSÉ : Pas vraiment.
MAXIME : On me l’a volé. C’est une catastrophe.
J’y avais noté tous mes rendez-vous, mes contacts, mes
mots de passe. Qu’est-ce que je vais faire ? Qu’est-ce
que je vais devenir ?
JOSÉ : Je sais pas. Veux-tu des bonbons ?
Maxime regarde attentivement le sac pendant quelques instants.
Puis, subitement, elle le prend pour se remplir la bouche de bonbons.
JOSÉ : Aie, mes bonbons.
MAXIME : Je m’excuse. J’en ai trop envie.
JOSÉ : Tu ne faisais pas attention à ta ligne ?
MAXIME la bouche pleine : Je le sais. Mais là, j’ai
trop d’émotions. Il faut que je compense.
JOSÉ : Tu devrais peut-être aller t’informer au
secrétariat de l’école. Quelqu’un a peut-être
trouvé ton agenda.
MAXIME : Bonne idée.
Maxime redonne le sac à José et repart.
JOSÉ en regardant son sac : J’en n’aurai
pas assez pour la matinée.
Lucie arrive par derrière. Elle met la main sur l’épaule
de José.
LUCIE : C’est toi, avoue. Dis-le que c’est toi.
JOSÉ : Hein ! Quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ?
LUCIE : Joue pas au plus fin.
JOSÉ : Je comprends pas.
LUCIE : Il y a un comique qui a rempli mon pupitre (ou mon casier)
de punaises.
JOSÉ : C’est pas moi. Regarde ma casquette, je suis avec
vous autres.
LUCIE : Si t’es avec nous autres, tu vas m’aider à
savoir qui c’est. Viens avec moi.
Lucie pousse José.
JOSÉ : Voyons, qu’est-ce que vous avez tous à
matin ?
LUCIE : Envoye, avance.
Ils quittent.
Scène 14 : Le concours oratoire
Scène 15 : Les parents (3)
Scène 16 : Mme Claire voit claire
Scène 17 : Affrontement dans la cour
Scène 18 : Solidarité devant l’école
Scène 19 : On joue ensemble
Pascale et Bobby s’avancent.
BOBBY : J’ai les doigts qui me démangent. Ça fait
quatre jours que je n’ai pas touché à mon clavier.
PASCALE : T’es pas obligé d’arrêter complètement.
BOBBY : Je veux savoir combien de temps je peux résister.
PASCALE : Ce soir, je vais faire de la bicyclette dans le pic de sable
avec une gang.
BOBBY : Toute une gang ? J’aurais pensé qu’on aurait
pu y aller rien que nous deux.
PASCALE : Ben… Si tu veux…
Maxime et Joelle vont retrouver Pascal. José les suit.
MAXIME : Pascale, c’est quand ton atelier de t-shirt ?
PASCALE : Mercredi, pourquoi ?
MAXIME : Je suis intéressée.
PASCALE : T’as rien à ton agenda mercredi ?
MAXIME : Maintenant, je me laisse de l’espace pour respirer.
JOELLE : Est-ce qu’on peut dessiner ce qu’on veut ?
PASCALE : Tu peux même dessiner Britney si ça te tente.
JOELLE : Je ne suis pas capable de toute façon.
PASCALE : Demande à Bobby.
JOELLE : Maintenant, mon idole, c’est une Québécoise
: Andrée Waters. En plus, je me suis établi un budget
pour mes dépenses.
JOSÉ : Moi aussi, je fais des efforts. À partir de maintenant,
je mange seulement des chips faibles en gras.
PASCALE : Il faut bien commencer quelque part.
L’attention se dirige vers un second groupe formé
de Raphaëlle, Michel, Gabrielle et Damien.
RAPHAËLLE : Damien, est-ce que tu sais si Lucie va revenir ?
DAMIEN : Elle a demandé à ses parents pour changer d’école.
GABRIELLE : Elle n’a rien compris et elle ne comprendra jamais.
MICHEL : Il ne faut jamais dire jamais. Pour certaines personnes,
c’est plus long, c’est tout.
Maxime va vers le groupe de Gabrielle.
MAXIME : Damien, on m’a dit que tu t’occupais du party
de fin d’année.
DAMIEN : Oui.
MAXIME : C’est parce que Joelle et moi, nous avons un spectacle
de danse à présenter.
DAMIEN : On va glisser ça dans notre horaire.
RAPHAËLLE : Est-ce que c’est toi qui va animer la soirée
?
DAMIEN : Exactement et j’espère que vous n’amènerez
pas votre poudre à gratter.
MICHEL un peu gêné : On a versé ce qui
restait dans le veston du directeur.
RAPHAËLLE : C’était notre cadeau d’adieu.
GABRIELLE : J’ai hâte de vous montrer ma robe de bal.
C’est Pascal qui m’a aidé à l’arranger.
Mme Claire arrive avec un ballon de soccer. Tous les enfants se
regroupent autour d’elle.
JOELLE : Mme Claire, est-ce que c’est vrai que vous allez remplacer
le directeur ?
Mme CLAIRE : On m’a proposé le poste, j’hésite
beaucoup. J’ai encore le goût d’enseigner.
RAPHAËLLE : Je suis certain que vous seriez bonne.
Mme CLAIRE : Ce n’est pas facile de diriger une école.
On a beaucoup de contraintes et il faut essayer de contenter les parents,
le personnel, les élèves et la Commission scolaire.
GABRIELLE : Vous aimez les gens et les gens vous aiment. C’est
ça qui fait votre force.
Mme CLAIRE : J’ai pas dit non, j’ai pas dit oui. Michel,
peux-tu nous répéter les règles de ton jeu.
MICHEL : On se divise en deux équipes. Disons, ce côté-ci
contre ce côté-là.
Mme CLAIRE : Fini les « in » et les « out ».
MICHEL : C’est comme au soccer sauf que la personne qui compte
un but change d’équipe.
GABRIELLE : Ainsi, on joue pour s’amuser.
Mme CLAIRE : Tout le monde est prêt ?
LES JEUNES : Oui !
Mme CLAIRE : Quatre, trois, deux, un, c’est parti.
LES JEUNES : Yé !