Une autre invention incroyable du Professeur Zut
L'Encéphaloscope, la machine à lire
les pensées
De Luc Boulanger
Résumé
: Le Professeur Zut cherche un volontaire pour tester sa nouvelle
invention. Après le refus de ses trois apprentis, il décide
de faire appel à une spectatrice. Pendant ce temps, la méchante
Madame Forban confie à son assistant la mission d'espionner
le laboratoire du savant. Les deux méchants réussiront
à mettre la main sur la machine, mais le Professeur, toujours
perspicace, saura venir à bout des plans diaboliques de ses
ennemis.
Style : Comédie clownesque.
Nombre de personnages : Sept pour sept comédiens.
Niveau : Enfant, débutant.
Durée : 40 minutes
Année de création : 2008
Personnages
Mme Forban
Sagouin
Cubitus
Motus
Rictus
Professeur Zut
Katherine
Le texte
Scène 1 : Madame Forban et Sagouin
Musique mystérieuse ou d'espionnage. Madame
Forban et Sagouin arrivent chacun de leur côté. Ils se
dirigent l'un vers l'autre tranquillement. Ils se retrouvent face
à face.
Mme Forban : Mot de passe SVP !
Sagouin : Nathacha a perdu son chat Pacha.
Mme Forban : Excellent.
Sagouin : Et le vôtre ?
Mme Forban : Les chemises de l'archiduchesse sont
archi-mouillées.
Sagouin : Parfait.
Mme Forban : Maintenant, je vais vous confier une
mission.
Sagouin : J'aurais une question avant Madame.
Mme Forban : Ne m'appelle pas Madame, appelle-moi
chef.
Sagouin : Très bien Madame la chef.
Mme Forban : Non, chef tout court.
Sagouin : Oui, chef tout court.
Mme Forban : Ah, pourquoi faut-il que mes assistants
soient des abrutis qui ne comprennent jamais rien.
Sagouin : Mais c'est vous Madame qui changez toujours
tout. Vous auriez pu me téléphoner pour me confier cette
mission.
Mme Forban : Le téléphone serait une
erreur grave. Nos ennemis sont partout.
Sagouin qui regarde à gauche et à
droite : Ah bon !
Mme Forban : Notre conversation téléphonique
pourrait être écoutée. C'est pourquoi je t'ai
donné rendez-vous, ici, en terrain neutre. Ainsi, nos échanges
resteront secrets.
Sagouin : Que vous êtes intelligente Madame.
Mme Forban : Appelle-moi chef ! Et je dirais même
que je suis prodigieuse, sensationnelle, lumineuse.
Sagouin : C'est vrai, c'est vrai.
Mme Forban : Maintenant, approche, je vais te confier
dans le creux de l'oreille ta mission ultra-secrète.
Mme Forban se penche pour parler dans l'oreille
de Sagouin.
Sagouin très fort : Quoi ? Vous voulez
que j'espionne le Professeur Zut.
Mme Forban : Pas si fort triple idiot. On pourrait
nous entendre.
Sagouin : Désolé Madame, eh chef.
Mme Forban : En fait, j'aimerais connaître
la nouvelle invention que prépare le Professeur Zut pour le
grand concours annuel des inventeurs.
Sagouin : Il est fort quand même le Professeur.
Il a gagné les quatre derniers concours.
Mme Forban : Et je ne supporterai pas qu'il remporte
la palme pour une cinquième année de suite. Je vais
tout faire pour l'en empêcher et enfin gagner à mon tour.
Sagouin : Vous iriez jusqu'à tricher ?
Mme Forban : Bien sûr.
Sagouin : Mais le Professeur Zut est un homme gentil
et bon.
Mme Forban : Voilà sa faiblesse, son talon
d'Achille. Mon génie créateur va plus loin et me permet
de franchir les règles permises. Cette fois-ci, je vais être
proclamée inventeur de l'année.
Sagouin : Mais quelle invention allez-vous présenter
au concours cette année ?
Mme Forban : Arrête de poser des questions.
Je ne t'ai pas engagé pour cela. Voici mes instructions : tu
vas te faire passer pour un client du Professeur pour entrer dans
son laboratoire et essayer de percer le secret de sa dernière
invention. Compris ?
Sagouin : Oui, mais si ça ne fonctionne pas
?
Mme Forban : Tu t'arranges pour me ramener le plus
d'indices possible. Toutes les méthodes sont permises. Est-ce
clair ?
Sagouin : Oui, Madame.
Mme Forban : Chef !
Sagouin : Oui chef !
Mme Forban : Allez, déguerpis tout de suite.
J'attendrai ton rapport.
Ils quittent subrepticement comme des espions.
Scène 2 : Motus, Rictus et Cubitus
Cubitus qui arrive : Mais, voyons, où
sont-ils ?
Il regarde à gauche et à droite
et repart. Motus et Rictus arrivent de l'autre côté.
Rictus : Je crois qu'il nous cherche, vite allons
nous cacher.
Motus : Ah oui, c'est très drôle.
Ils repartent d'où ils sont venus. Cubitus
revient.
Cubitus : J'étais pourtant certain de les
avoir aperçus.
Il réfléchit un peu.
Cubitus : Ils pensent pouvoir me semer, mais je suis
plus futé qu'eux. Je vais les surprendre.
Il prend une voix un peu plus forte.
Cubitus : Ils doivent être au sous-sol, je
vais aller les chercher.
Il se cache sur le bord de la scène au
lieu de descendre au sous-sol. Motus et Rictus reviennent en rigolant.
Motus : Il est parti au sous-sol, elle est bien bonne
celle-là.
Rictus : Il ne nous trouvera jamais.
Cubitus qui sort de sa cachette : Ah, ah.
C'est ce que vous pensez. Je vous ai bien eus. Je ne suis jamais descendu
au sous-sol, j'étais caché tout près. Je suis
plus malin que vous, ah, ah.
Rictus : Disons, oui.
Cubitus : Le Professeur Zut m'a donné une
liste de tâches à accomplir. C'est moi qui ai la responsabilité
de distribuer le travail.
Motus : Pourquoi toi ?
Cubitus : Parce que je suis le plus sage.
Motus : Le chouchou du Professeur tu veux dire.
Cubitus : Pas du tout, je fais tout pour obtenir
la confiance du Professeur, alors que Rictus veut toujours s'amuser
et toi Motus, tu es paresseux et disons-le, un peu idiot.
Motus : Quoi, tu dis que je suis idiot.
Cubitus : Oui Monsieur.
Motus : Tu sauras que j'ai obtenu un diplôme.
Cubitus : Ah oui, ça ne prouve rien.
Motus : Au contraire, ça veut tout dire.
Cubitus : Ce n'est qu'un bout de papier.
Motus : Non.
Cubitus : Oui.
Motus : Tu mens.
Cubitus : Absolument pas. Et ce diplôme, où
l'as-tu obtenu ?
Motus : Eh bien
Rictus : Oui, quelle école t'a donné
ce diplôme ?
Motus : C'est un diplôme que j'ai obtenu lors
d'un concours de casse-tête.
Cubitus : Mais, ça ne compte pas ce genre
de diplôme.
Motus : Bien sûr, ça démontre
ma rapidité d'esprit.
Cubitus : Parfait, dis-moi quelle est la huitième
couleur de l'arc-en-ciel ?
Motus : Attendez que je réfléchisse.
Rictus : Ne te casse pas trop la tête.
Motus : Laissez-moi un peu de temps.
Cubitus : Tu perds ton temps, car il n'y a que sept
couleurs dans l'arc-en-ciel. La huitième n'existe pas.
Rictus : Je peux les nommer les sept : rouge, orange,
jaune, vert, bleu, indigo et violet.
Motus : C'est pas juste. Vous avez triché.
Rictus et Cubitus rigolent.
Rictus : Pauvre Motus.
Motus : Bon, bon, je ne suis peut-être pas
très savant. Mais, j'ai une intelligence pratique.
Cubitus qui sort sa liste de tâches
: Bien, on va te faire pratiquer. Tu vas t'occuper de recompter les
grains du sablier du professeur.
Motus : Quoi ? Tous les grains de sable ?
Cubitus : Exactement. Le professeur tient à
ce que son sablier soit extrêmement précis.
Motus : Mais c'est absurde.
Cubitus : Ce sont les ordres du Professeur.
Rictus : Elle est bien bonne. Compter des grains
de sable.
Cubitus : Toi Rictus, tu vas nettoyer la collection
d'insectes.
Rictus : Quoi, mais c'est impossible.
Cubitus : Pourquoi ?
Rictus : J'ai horreur des insectes.
Maintenant, c'est Motus qui rigole.
Rictus : Mais, qu'est-ce que je vois là-bas,
c'est la belle Cossinus qui vient tout juste de passer.
Cubitus : Ah oui, où ça ?
Rictus : Elle vient de tourner le coin. Elle a jeté
un coup d'il vers toi.
Cubitus : Un coup d'il vers moi !
Rictus en faisant un clin d'il à Motus
: Oui, n'est-ce pas Motus ?
Motus : Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu.
Rictus en donnant un coup de coude à Motus
: Mais oui, tu l'as vu.
Motus : Aille ! Eh oui, oui. Elle a tourné
le coin.
Cubitus : Ah bon, Cossinus, Cossinus ! Je suis là.
Cubitus quitte en courant.
Rictus : Viens, profitons-en pour nous sauver
Motus : Nous sauver ?
Rictus : Oui, pendant qu'il est à la poursuite
de Cossinus, il ne s'occupera pas de nous.
Motus : Bien fait, il se croyait le plus malin, mais
c'est lui le plus idiot finalement, ah, ah !
Rictus : Viens.
Ils viennent pour sortir, mais ils se cognent
sur le Professeur Zut.
Scène 3 : Motus, Rictus, Cubitus et
le Professeur Zut
Zut : Motus, Rictus, mes petits apprentis, où
allez-vous comme ça ?
Rictus : Eh, nous allions accomplir nos tâches,
pas vrai Motus ?
Motus : Non, on allait se cacher.
Rictus donne un coup de coude à Motus.
Motus : se cacher parce qu'il y a trop de lumière
ici pour accomplir nos tâches.
Zut : Zut de zut, oubliez vos tâches, j'ai
un travail beaucoup plus important pour vous.
Rictus : Oups, je sens que ça va mal tourner.
Zut : J'ai besoin de cobayes pour tester ma nouvelle
invention.
Rictus : Merci, je crois que je préfère
encore nettoyer la collection d'insectes.
Motus : Et moi, au fond, je suis très content
de compter les grains de sable du sablier.
Motus et Rictus tentent de se sauver, mais le
Professeur intervient.
Zut : Attendez, restez ici. Pourquoi ne voulez-vous
pas m'aider et ainsi participer à cette grande aventure scientifique.
Lorsque vous testez une de mes inventions, vous êtes comme des
astronautes qui, pour la première fois, posent le pied sur
la Lune.
Motus : Quoi ? Vous voulez qu'on aille sur la Lune
?
Zut : Mais, non zut de zut. C'est un exemple, une
comparaison.
Rictus : Tu es déjà souvent dans la
Lune, pas besoin d'y aller.
Motus fait une grimace à Rictus : Na
!
Zut : Maintenant, ne faites plus d'histoire, j'ai
très hâte de vous faire essayer ma dernière invention.
Rictus : Non, je refuse.
Zut : Mais pourquoi ?
Rictus : La dernière fois que j'ai servi de
cobaye, j'ai reçu des chocs en essayant votre tire-bouchon
électrique.
Motus : Et moi, avec votre pilule qui devait me rendre
savant, j'ai eu des boutons bleus au visage durant une semaine.
Rictus : Ah oui, tu ressemblais à un champ
de bleuets.
Zut : Il s'agissait de simples erreurs de calcul,
mais cette fois-ci, tout a été vérifié
et contre-vérifié.
À ce moment, Cubitus revient.
Cubitus : Rictus, tu t'es moqué de moi. Vous
m'avez fait croire au passage de Cossinus pour mieux vous défiler.
Mais, je vais en avertir le Professeur Zut immédiatement.
Rictus : Justement, il est là le Professeur
et il a besoin de toi pour tester sa dernière invention.
Cubitus : Quoi ? Tester une invention ? Je ne suis
pas trop certain.
Rictus : Mais oui, quoi de mieux que de donner son
corps à la science. En plus, le Professeur sera très
content de toi et tu obtiendras de grandes responsabilités.
Cubitus : Hum, c'est intéressant. Cependant,
je crois que j'ai une meilleure idée.
Zut : Qu'est-ce que c'est ? Zut de zut !
Cubitus : On pourrait utiliser un spectateur.
Zut : Un spectateur, pourquoi n'y avais-je pas songé
avant ?
Cubitus : Parce que je n'étais pas là
pour trouver la solution.
Zut : Cher Cubitus, que ferais-je sans toi ? Aide-moi
à transporter mon invention. Rictus, Motus, allez me chercher
un cobaye dans l'assistance.
Motus et Rictus se regardent et lèvent
les yeux. Ils descendent dans la salle, trouvent un cobaye masculin
et le font monter sur la scène. Pendant ce temps, Cubitus et
le Professeur installent la machine qui est composée d'une
chaise à roulettes, d'un casque plein de fils et d'un écran
vidéo.
Zut en serrant la main au cobaye : Bonjour,
quel est votre nom ?
Le cobaye dit son nom.
Zut : Bienvenue (Nom du cobaye) et merci de contribuer
à l'avancement des connaissances. Vous êtes une sorte
de Newton des Temps modernes. Votre rôle est très simple
: vous vous assoyez dans cette chaise et nous allons poser sur votre
tête un casque qui nous permet de lire dans vos pensées
et vos souvenirs.
Cubitus : Si je comprends bien Professeur, les ondes
du cerveau sont retransmises par ce casque jusqu'au projecteur. Ce
qui nous permet de voir les pensées de Monsieur sur l'écran.
Zut : C'est tout à fait exact mon cher Cubitus.
J'ai nommé cette brillante invention : l'Encéphaloscope.
Motus au cobaye : Ne vous en faites pas, le
Professeur a de bonnes assurances.
Rictus au cobaye : J'ai souvent reçu
des chocs électriques, mais ça ne fait pas trop mal.
Zut : N'oubliez pas mon cher cobaye et mes chers
apprentis que cette invention est ultra-secrète. J'ai trop
peur que des gens mal intentionnés mettent la main sur les
plans. Compris ?
Motus, Rictus et Cubitus :Compris !
Zut : Compris Monsieur le cobaye ?
Le cobaye répond affirmativement.
Zut : Excellent. Maintenant, nous sommes prêts.
Attention, 5, 4, 3, 2, 1, c'est parti.
Sur l'écran, on voit apparaître des
images de sports, de voiture, de malbouffe et de belles femmes.
Zut : Attendez, je vais fouiller pour voir si on
ne pas trouver autre chose.
Le professeur bouge le casque, fait tourner des
boutons.
Zut : Malheureusement, il n'y a rien de plus.
Cubitus : Il va falloir se trouver un meilleur cobaye.
Zut qui retire le casque du cobaye : Je suis
désolé Monsieur, vos pensées sont trop simples,
trop primaires. Vous n'êtes pas un bon sujet d'expérience.
Il va falloir retourner à votre place. Merci.
Le cobaye se lève et retourne à
sa place.
Motus : On l'applaudit tout de même.
Rictus : Bravo (nom du cobaye).
Scène 4 : Motus, Rictus, Cubitus,
le Professeur Zut, Katherine et Sagouin
Zut : Motus, Rictus choisissez quelqu'un d'autre.
Et cette fois, je veux de la qualité !
Motus : Pas de problème, la qualité,
moi je m'y connais.
Zut : Disons, oui !
Motus et Rictus choisissent Katherine qui était
déjà assise parmi le public. Katherine monte sur la
scène. Le Professeur va à sa rencontre.
Zut : Bonjour ma belle, quel est ton nom ?
Katherine : Katherine.
Zut : Bien, alors ma chère Kathy
Katherine : Non, pas Kathy, Katherine !
Zut : Oui, Katherine, excuse-moi. Dis-moi, est-ce
que tu es une jeune fille qui réfléchit beaucoup ?
Katherine : Certainement, la preuve : j'étais
dans les premières de ma classe.
Zut : Excellent ! Tu vas t'asseoir ici et te concentrer
sur une pensée bien précise ou encore mieux, un souvenir
de jeunesse.
Rictus : Mais voyons Professeur, elle est encore
toute jeune. Elle ne peut pas avoir de souvenirs de jeunesse.
Zut : Bien sûr, focalisez donc votre énergie
sur un souvenir récent.
Katherine : Entendu, j'ai compris.
Cubitus : Je suis prêt à activer l'Encéphaloscope.
Zut : Alors, vas-y.
La machine s'active. Sur l'écran, on voit
une image où Katherine est bébé. Elle tète
un biberon et manipule de petits jouets. Tout à coup, on entend
un bruit électrique mêlé d'une détonation.
Katherine agite les bras et se met à trembler.
Motus : Que se passe-t-il ?
Zut : Je crois qu'il y a eu un court-circuit. Deux
fils ont dû se toucher.
Katherine se lève et prend une voix masculine
: Moi, j'ai faim. Je voudrais aller au restaurant pour manger
une grosse poutine avec un hamburger à deux étages extra
fromage.
Motus : Moi aussi ça m'a donné la faim
cette histoire. Je prendrais une grosse pizza extra épinard.
Rictus : Extra épinard ?
Motus : Oui, ça rend fort.
Katherine : Ensuite, on va aller se promener en «
char » pour aller voir une bonne « game » de hockey.
Cubitus : Bizarre, on dirait qu'elle parle comme
(nom du premier cobaye).
Zut : Tout se passe comme si le flux de la machine
s'était inversé. Les pensées de (premier cobaye)
se sont enregistrées par-dessus les souvenirs de Katherine.
Katherine : C'est moi le plus fort ici.
Rictus : Pauvre petite. Il faut faire quelque chose
Professeur.
Zut : Ma petite Katherine, reprend ta place. Je vais
tenter de te redonner tes souvenirs.
Katherine : Je ne m'appelle pas Katherine et personne
ne me dit quoi faire.
Zut : Qui que tu sois, tu dois te rasseoir.
Katherine : Non !
Zut : Rictus, Motus, Cubitus, vous savez ce que j'attends
de vous.
Rictus, Motus et Cubitus : Oui Professeur.
Les trois apprentis attrapent Katherine et la
force à s'asseoir sur la chaise. Ils lui mettent le casque
et le professeur actionne la machine. On entend un bruit électrique.
Zut : Excellent. Tout est rentré dans l'ordre.
Cubitus : Ouf ! On l'a échappé belle.
Rictus : Alors Katherine, ça va ?
Pour toute réponse, Katherine se met à
miauler comme un chat.
Motus : Pardon ?
Katherine miaule une nouvelle fois en se léchant
la main.
Rictus : Elle se comporte comme un chat.
Cubitus : Votre machine provoque des effets secondaires
vraiment bizarres.
Zut : Je dois avouer que j'ai essayé la machine
sur Gamin, notre petit chat.
Motus : Sur notre beau petit Gamin adoré,
franchement Professeur.
Zut : Pour ma défense, je dois ajouter qu'avant
de tester ma machine sur des animaux, je l'avais fait sur moi-même.
J'ai des principes moraux tout de même.
Katherine descend de sa chaise pour se frotter
au Professeur.
Cubitus : Maintenant Katherine a les souvenirs de
notre petit chat.
Motus : Ça va de pire en pire.
Zut : Tout n'est pas perdu. Je pense avoir trouvé
ce qui cloche. Je déplace un fil ici et là et maintenant,
ça devrait fonctionner comme sur des roulettes. Replacez le
chat, je veux dire Katherine sur sa chaise.
Motus : Allez minou minou. Viens ici.
Katherine donne un coup de patte à Motus.
Motus : Aie, elle m'a griffé.
Rictus : Tu ne sais pas t'y prendre avec les animaux.
Il faut utiliser la douceur. Regarde, tu la caresses comme ça
en arrière des oreilles.
Rictus tape sur la chaise avec sa main et Katherine
y grimpe comme un félin.
Rictus : Voilà !
Cubitus en mettant le casque à Katherine
: Mettez toute la gomme Professeur.
Le professeur enclenche la machine. On entend
un bruit électrique. Katherine se fige toute droite. Elle ne
bouge plus.
Motus en agitant la main devant les yeux de Katherine
: Elle est comme hypnotisée.
Rictus : On dirait un mannequin.
Cubitus : Peut-être que ses souvenirs ont été
complètement effacés.
Motus : Elle est devenue comme un genre de zombie.
Rictus : C'est une catastrophe.
Zut : Ne paniquez pas. Je crois qu'elle est simplement
sous le choc.
Katherine cligne des yeux.
Zut : Voyez, elle se réveille.
Rictus : Ça va. Tu te sens bien ?
Katherine : Oui.
Cubitus : Quel est ton nom ?
Katherine : Katherine pourquoi ?
Zut : Merveilleux.
Rictus : On a eu très peur pour toi.
Motus : Tout d'abord, tu as été un
homme, ensuite un chat, puis un zombie.
Katherine qui se lève d'un bond : Je
me souviens maintenant. J'ai failli perdre mon identité, mes
souvenirs à cause de vous.
Elle pointe le Professeur.
Zut : Je suis désolé. Ce n'était
pas prévu.
Katherine : Vous avez agi inconsciemment. Je vais
vous intenter un procès et vous poursuivre pour des millions
de dollars. Vous allez être ruiné et vous retrouver en
prison.
Zut : Calmez-vous. Nous allons trouver un terrain
d'entente.
Katherine : Vous perdez votre temps. Je m'en vais
de ce pas me dénicher un bon avocat. Au revoir.
Au moment où Katherine sort, Sagouin entre.
Rictus : Oh la, la. La madame n'était pas
contente.
Cubitus : Que va-t-on faire ?
Zut : Laissons-lui le temps de se calmer. Zut de
zut.
Sagouin : Excusez-moi, vous êtes sûrement
Professeur Zut ?
Motus : C'est lui en personne.
Sagouin : C'est que j'ai mal à la tête
et je me demandais si vous pouviez
Zut : Je ne suis pas médecin, mais un illustre
inventeur. Allez à la clinique.
Sagouin : Eh En fait, je suis journaliste et je voudrais
vous poser quelques questions.
Zut : Ce n'est pas le moment. J'ai des problèmes
urgents à régler.
Sagouin : Est-ce que je peux prendre rendez-vous
?
Cubitus : Le Professeur est occupé. Laissez-nous.
Rictus : Nous effectuons des expériences ultra-secrètes.
Motus : Et personne ne doit savoir que nous testons
une machine à visionner les pensées.
Zut : Motus ! Zut de zut !
Cubitus à Sagouin : Ne l'écoutez
pas, il délire complètement.
Rictus en poussant Sagouin vers la sortie
: Une machine à visionner les pensées, ça n'existe
pas.
Cubitus en forçant Sagouin à quitter
: Merci de votre visite et au revoir !
Le Professeur fait les gros yeux à Motus
qui se sent coupable.
Zut : Motus, nous avons déjà assez
de problèmes comme ça. Tu n'étais pas obligé
d'en rajouter.
Motus : Je m'excuse Professeur. Je n'ai pas fait
exprès.
Zut : Je sais. Allez, aidez-moi à ramasser
tout cela. J'ai besoin de réfléchir.
Ils ramassent la machine et quittent à
leur tour.
Scène 5 : Katherine, Mme Forban et
Sagouin
Katherine et Mme Forban entrent, Sagouin les
suit.
Mme Forban : Alors, si je comprends bien, vous dites
que le Professeur Zut a testé sur vous une machine qui permet
de lire dans les pensées.
Katherine : Exactement. La machine s'est déréglée
et elle a imprimé dans ma mémoire les souvenirs d'un
homme et d'un chat.
Sagouin : J'ai bien accompli ma mission, n'est-ce
pas Mme Forban ? Je vous ai même amené un témoin.
Mme Forban : Oui, merci Sagouin.
Sagouin : Elle voulait consulter un avocat, mais
je l'ai persuadée de venir vous voir.
Mme Forban : Sagouin a raison. Je peux faire pour
vous bien plus qu'un simple avocat.
Katherine : Que voulez-vous dire ?
Mme Forban : Grâce à toute l'information
que vous possédez dans votre petite tête, nous pouvons
complètement détruire la réputation du Professeur
Zut. Il sera anéanti, rayé de la carte. Ah, ah ah !
Sagouin : Comme vous êtes méchante,
Madame Forban.
Mme Forban : Merci, merci.
Katherine : Je me fous de la réputation du
Professeur Zut. Ce que je veux, moi, c'est de l'argent.
Mme Forban : De l'argent, vous en aurez. Plus que
vous n'en avez jamais rêvé. Si nous réussissons
à obtenir les plans de cette fameuse machine, vous serez riche,
merveilleusement riche.
Katherine : Ah oui !
Sagouin : Madame, vous ne trouvez pas que je mérite
une augmentation ?
Mme Forban : Sagouin, ce n'est pas le moment. Tu
ne vois donc pas que l'instant est grave ?
Sagouin : C'est que vous me l'aviez déjà
promis il y a trois mois.
Mme Forban : Et si tu n'arrêtes pas de me déranger,
je vais te jeter à la porte à l'instant même.
Sagouin : Bon, ça va.
Mme Forban : Nous devons d'abord trouver un moyen
de récupérer cette machine. Il va falloir utiliser un
stratagème.
Katherine : Je crois que j'ai une idée.
Mme Forban : Ah bon.
Katherine : Sagouin pourrait se déguiser en
avocat.
Sagouin : Qui ? moi ?
Katherine : Oui. Je retournais voir le Professeur
Zut avec mon avocat afin de réclamer la machine pour l'enquête
policière.
Mme Forban : Excellente idée. Je pourrais
même te fournir de faux papiers.
Sagouin : Je ne sais pas si ça me tente.
Mme Forban : Je pense que tu ferais mieux d'accepter.
L'idée de Katherine est magnifique. Lorsque nous aurons mis
la main sur cette machine, nous pourrons contrôler l'humanité.
Nous effacerons la mémoire de tous ceux qui se mettront sur
notre chemin. Nous les transformerons en zombie. Alors, je serai la
plus puissante et la meilleure.
Katherine : Et, moi, la plus riche.
Mme Forban : Oui, ensemble, nous accomplirons de
grandes choses.
Sagouin : Avec mon aide tout de même.
Mme Forban : Bien entendu. Allez, il faut se préparer.
Il n'y a pas de temps à perdre.
Ils quittent.