En jasant juste avant le début des cours,
des élèves s'aperçoivent qu'ils ont oublié
d'étudier en vue d'un examen de mathématique qui doit
avoir lieu le matin même. Pour se sortir de ce pétrin,
ils obligent la petite bolle à collaborer à leur système
de codes visuels afin qu'elle leur communique secrètement les
réponses.
Personnages :
Mme Mathieu : professeur
Alyson : la précieuse
Annabelle : l'espiègle
Florence : la sportive
Élisabeth : La petite bolle
Sophie : La dure de la gang
Décors : Une classe, un bureau de professeur,
cinq pupitres et des chaises.
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Alyson entre la première. Elle se dirige
à sa place et fouille dans son sac pour sortir une brosse.
Elle s'arrange les cheveux lorsque Florence entre tout essoufflée.
Alyson : Coudonc, es-tu venu en courant ?
Florence : Oui, je m'entraîne pour les olympiques
scolaires.
Alyson : T'as déjà plein de médailles
d'accrochées dans ta chambre.
Florence : C'est pas les médailles qui compte,
c'est la performance. J'essaie toujours d'être meilleure.
Alyson : Moi, j'ai jamais gagné de médailles.
Florence : Avec tes talons hauts, tu pourrais peut-être
essayer le saut en hauteur. T'aurais des chances.
Alyson : Ah ! Ah !
Annabelle et Sophie arrivent à ce moment.
Annabelle va déposer quelque chose sur la chaise du professeur.
Sophie : Salut gang !
Florence et Alyson : Salut !
Sophie s'assoit sur son pupitre.
Alyson : Tu sais qu'on n'a pas le droit de s'asseoir
sur nos pupitres.
Sophie : Moi, je fais ce que je veux quand je veux.
Florence : Si madame Mathieu te voit, elle ne sera
pas contente.
Sophie : J'ai pas peur de la maîtresse, moi.
Annabelle : Moi non plus, elle ne me fait pas peur,
la preuve, je viens de mettre une punaise sur sa chaise.
Alyson : T'es mieux de ne pas te faire pincer.
Annabelle : Pas de problème. C'est plutôt
les fesses de la maîtresse qui vont pincer.
Tous les autres rient. Élisabeth entre
alors.
Élisabeth : Pourquoi vous riez. Vous êtes
encore en train de vous moquer de moi, je suppose.
Sophie : On ne se moque pas de toi. Mais, c'est une
bonne idée, on pourrait le faire.
Annabelle en chantonnant : Élisabeth,
a des lunettes, qui sont très lettes.
Élisabeth en montant le ton : Arrêtez
!
Sophie : Oh ! La chouchou du prof n'est pas contente.
Est-ce que tu vas aller te plaindre à ton papa plein d'argent
? Pis y va venir te reconduire pour te surveiller.
Élisabeth : Maintenant, je viens toute seule
à l'école.
Florence : C'est vrai. Elle vient avec une bicyclette
18 vitesses toute neuve que son père lui a acheté. Je
rêve d'en avoir une comme ça.
Sophie : Une bicyclette 18 vitesses, est-ce que je
pourrais l'essayer ?
Élisabeth : Mon père ne veut pas.
Florence : Y que t'es plate !
Élisabeth : Vous êtes ben trop brisefers.
Alyson qui était en train de regarder dans
son calepin : Ah non ! On a un test de math ce matin.
Florence, Sophie et Annabelle : Quoi ?
Alyson : Vous avez juste à regarder dans votre
carnet, c'est écrit.
Florence : Ah Non ! J'ai oublié d'étudier.
J'ai joué au basquet toute la soirée hier.
Annabelle : Sophie et moi, on faisait du patin à
roues alignées.
Alyson : Moi, il fallait que je regarde mes téléromans.
Élisabeth : C'est sûr, vous ne regardez
jamais vos carnets. Moi, j'ai passé la soirée à
étudier.
Sophie : On le sait ben, t'as toujours cent sur cent.
Élisabeth : Même si j'avais zéro
dans tous les examens qui nous restent, je passerais quand même.
Sophie : Moi, si j'ai encore un zéro, je suis
certaine d'échouer.
Florence : Il faut faire quelque chose.
Sophie : T'as raison, mais quoi ?
Florence : Je sais, on va copier sur Élisabeth.
Élisabeth : Il n'en est pas question.
Sophie : Aie, t'es mieux de nous aider. Est-ce que
c'est clair ?
Élisabeth ne dit rien.
Sophie : Est-ce que c'est clair ?
Élisabeth à contrecoeur : Oui
!
Annabelle : J'ai une idée. On va se donner
un code. Comme c'est un examen à choix de réponses.
Ça va être facile. Quand la réponse est "A",
Élisabeth va se gratter la tête comme ça.
Annabelle se gratte la tête.
Annabelle : Pour "B", tu pourrais te gratter
le nez.
Alyson : C'est une super bonne idée !
Sophie : Pour "C", elle pourrait taper
du pied.
Florence : Ben non, ça va être trop
évident.
Annabelle : Pour "C", elle va bailler,
pour "D", elle va se tirer l'oreille et pour "E",
elle va bouger le nez comme ceci.
Alyson : Attends, est-ce que tu peux répéter.
Florence : C'est facile, "A", elle se gratte
la tête, "B", elle se gratte le nez, "C', elle
baille, "D", elle se tire l'oreille et "E", elle
bouge le nez.
Alyson : Je vais les écrire sur mon bureau
pour m'en rappeler.
Annabelle : Moi aussi.
Alyson, Florence et Annabelle écrivent sur
leur bureau.
Sophie à Élisabeth : T'as bien
compris là !
Élisabeth : Oui, oui.
Florence : Attention la maîtresse arrive.
Mme Mathieu entre. Les enfants ne disent rien.
Mme Mathieu : Bonjour les enfants ! Vous avez l'air
trop tranquille. Ça m'inquiète un peu.
Élisabeth se lève pour aller porter
une pomme à Mme Mathieu.
Mme Mathieu : Merci ma belle, tu es très gentille.
Si tous les élèves étaient comme toi.
Lorsque Élisabeth retourne à sa
place, les autres la regardent avec une pointe de mépris.
Annabelle à Élisabeth tout bas
: Licheuse.
Élisabeth fait une moue à Annabelle.
Mme Mathieu : Bon, vous savez sans doute que nous
avons un test de mathématique ce matin. Mais avant, je voudrais
terminer notre leçon d'hier sur les verbes du deuxième
groupe. Nous étions rendu au verbe Haïr. Qui peut me le
conjuguer à l'indicatif présent.
Personne ne répond.
Mme Mathieu : Alyson !
Alyson : Moi ?
Mme Mathieu :Oui.
Alyson se lève.
Alyson : Je l'aguis, tu l'aguis, il l'aguit, nous
l'aguirons
Mme Mathieu :Ce n'est pas ça. Élisabeth
!
Élisabeth : À l'indicatif présent,
c'est trop facile madame. Je vais vous le conjuguer au subjonctif
plus-que-parfait : que j'eusse haï, que tu eusses haï, qu'il
eût haï, que nous eussions haï, que vous eussiez haï,
qu'ils eussent haï.
Mme Mathieu se met à applaudir.
Mme Mathieu : Bravo ! C'est merveilleux.
Annabelle : Nous haïssons faire des verbes madame.
Mme Mathieu : Annabelle, je peux me passer de tes
commentaires. Tu vas haïr ça pour vrai parce que tu vas
me copier tout le verbe aimer pour demain.
Annabelle : Ah !
Mme Mathieu : On ne rouspète pas.
Mme Mathieu va s'asseoir sur sa chaise. Les élèves
la regardent. Lorsque ses fesses touchent la punaise, elle fait un
gros saut et crie "Ayoye". Les enfants éclatent de
rire, mais la maîtresse se lève et est très fâchée.
Mme Mathieu : Si j'attrape celle qui m'a fait ça.
Je vais l'envoyer chez le directeur et elle va être suspendue
pour une semaine.
Florence : C'est peut-être une punaise qui
est tombée de votre bureau.
Mme Mathieu : Ça me semble plutôt une
mauvaise blague.
Élisabeth : En tout cas, ce n'est pas moi.
Mme Mathieu : Je le sais ma belle !
Mme Mathieu se retourne pour prendre les feuilles
d'examen.
Mme Mathieu : Nous allons commencer l'examen tout
de suite et comme vous m'avez mise de mauvaise humeur, je vous avertis
que je serai très sévère sur la correction. Tiens,
Élisabeth, distribue les feuilles.
Élisabeth, distribue les feuilles.
Mme Mathieu : Vous avez dix minutes et je ne jeux
rien entendre.
Mme Mathieu prend un livre pour lire. Les enfants
observent Élisabeth. Celle-ci regarde sa feuille et se tire
l'oreille. Les autres écrivent la réponse. Ils regardent
de nouveau Élisabeth, celle-ci se gratte le nez. Annabelle,
Alyson et Florence écrivent la réponse, mais Sophie
n'a pas bien vu.
Sophie tout bas à Annabelle : C'était
quoi ?
Annabelle se gratte le nez de façon évidente.
Sophie : ah OK !
Mme Mathieu : J'ai dit silence !
Les enfants regardent de nouveau Élisabeth.
Celle-ci baille, les autres se mettent à écrire. Mais,
Élisabeth fait signe que "Non". Elle baillait pour
vrai. Elle se met plutôt à bouger le nez. Sophie, Annabelle
et Florence bougent toutes le nez. Alyson est perdue.
Alyson tout bas à Florence : Est-ce
que c'est la troisième ou la quatrième question ?
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