D’après le conte de Jacob et Wilhelm
Grimm
Personnages
Jean
Son maître
Le chevalier
Le boucher
Le garçon
L’aiguiseur
L’histoire
Jean entre.
NARRATEUR : Jean avait travaillé chez son maître
pendant sept ans. Toujours, il avait le cœur à l’ouvrage
et l’humeur joyeuse. C’est donc avec le sentiment du devoir
accompli qu’il demanda à rencontrer son maître.
Le maître arrive.
JEAN : Monsieur, mon temps est fait. Je voudrais
retourner voir mes parents. Payez-moi mon salaire, s'il vous plaît.
MAÎTRE : Tu m'as servi fidèlement et honnêtement,
la récompense sera grande.
JEAN : Vous êtes un bon maître.
MAÎTRE : Cela fait un gros montant. Je dois donc
te donner un lingot d’or.
Le maître va chercher le lingot et un morceau de tissu.
JEAN : Un lingot d’or, oh la, la.
MAÎTRE : Prends garde à ne pas le perdre.
Voilà toute ta richesse.
Le maître enveloppe le lingot dans le tissu et le donne
à Jean.
JEAN : Comme il est lourd.
MAÎTRE : Bonne route mon cher Jean et que la chance te
suive partout.
Le maître quitte.
NARRATEUR : De bonne humeur, Jean prit le chemin de la maison
de ses parents. Il marchait bien, un pied devant l’autre.
Mais, pas après pas, le lingot devenait de plus en plus lourd.
Il s’arrêta quelques instants.
JEAN : Ouf, je suis fatigué.
NARRATEUR : À ce moment, un cavalier dispos et joyeux
s’en venait au trot sur un cheval fringant.
Arrivée du cavalier.
JEAN : Ah ! Quel plaisir d'aller à cheval. On économise
ses chaussures et on avance sans s’en apercevoir.
CAVALIER : Mais, nigaud, pourquoi vas-tu à pied ?
JEAN : Il le faut bien. Je porte chez mes parents ce gros
lingot. C’est de l’or et c’est très
lourd.
CAVALIER : De l’or ! Très intéressant.
Écoute, je peux te venir en aide.
JEAN : Ah oui !
CAVALIER : Je peux t’échanger mon cheval contre
ton lingot. Comme ça tu pourras aller plus rapidement.
JEAN : Vous feriez ça pour moi.
CAVALIER : Certainement.
JEAN : Comme je suis chanceux.
NARRATEUR : Le cavalier aida Jean à monter sur le cheval.
CAVALIER : Maintenant, quand tu voudras aller vite, tu n'as qu'à
dire : Hop! hop! Et surtout, tiens bien la bride.
JEAN : Je n’y manquerai pas.
CAVALIER : Bonne route et que la chance te suive partout.
Le cavalier repart avec le lingot.
NARRATEUR : De se voir à Cheval, Jean était plein
de joie. Après un certain temps, il voulut aller plus
vite.
JEAN : Hop ! Hop !
NARRATEUR : Mais au lieu de partir au galop, le cheval s’arrêta
brusquement.
JEAN : Allez ! Hop ! Hop !
NARRATEUR : Figée comme une statue, la monture ne voulait
plus avancer. Jean ne savait que faire. C’est alors
qu’un boucher arriva dans le sens opposé. Il tenait
dans ses bras un cochonnet bien gras.
Arrivée du boucher.
BOUCHER : Mais que faites-vous là mon bon monsieur, planté
au beau milieu du chemin ?
JEAN : J’ai échangé mon lingot d’or
contre ce cheval qui refuse d’aller plus loin.
BOUCHER : Il arrive souvent que ces vilaines bêtes soient
têtues, surtout lorsqu’on n’est pas le vrai maître.
JEAN : À quoi me sert ce cheval si je ne peux pas me rendre
chez mes parents ?
BOUCHER : J’ai une solution pour vous. Je vous échange
mon cochonnet contre votre cheval.
JEAN : Mais que ferez-vous d’une bête qui ne veut
pas obéir ?
BOUCHER : Je connais les animaux et je crois que je saurai dresser
ce cheval capricieux.
JEAN : Votre offre est alléchante, surtout que j’ai
un petit creux à l’estomac. Ce cochonnet fera un
bon repas.
BOUCHER : Je l’engraisse depuis un mois. J’ai
peine à m’en départir. Mais, je suis prêt
à vous aider.
JEAN : Comme je suis chanceux.
NARRATEUR : Jean descendit de son cheval, confia la bride au
boucher qui, en échange, lui tendit son cochonnet.
BOUCHER : Hue cheval, hue.
JEAN : Mes parents seront contents d’avoir ce beau cochonnet.
BOUCHER : Bonne route et que la chance te suive partout.
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