L'éminente détective Ursule Poirot
est appelée sur le lieu d'un homicide bizarre dans le manoir
de la famille Lamarre. À la suite d'une série d'interrogatoires
et grâce un flair hors du commun, elle réussira à
solutionner cette énigme.
Personnages
Ursule Poirot : Détective
M. Gaston Lamarre : Homme d'affaires ayant réussi. Victime.
Mme Étiennette Lamarre : Femme de Gaston
Henri Lamarre : fils de Gaston et Étiennette
Cassandra Lamarre : fille de Gaston et Étiennette
Jacqueline : La bonne
La scène est noire, une douche de lumière
s'allume sur la détective qui est placée en avant à
gauche.
Détective : Chers téléspectateurs,
mon nom est Ursule Poirot. J'ai pour vous ce soir, une intrigue pleine
de mystères à vous proposer. Il s'agit de l'affaire
Lamarre, une salle histoire que j'ai résolue il y a quelques
années alors que j'étais affecté à la
section des homicides. Tout a commencé un soir pluvieux de
novembre dans le manoir de la famille Lamarre.
Bruit de tonnerre et de pluie. Éclairage
sur le centre de la scène. Gaston, Étiennette, Henri
et Cassendra arrivent sur scène et jasent entre eux.
Détective : Ce soir là, on célébrait
le soixante-huitième anniversaire de naissance de M. Lamarre.
Soudainement, un coup de tonnerre se fait entendre qui provoque une
courte panne d'électricité.
Bruit de tonnerre et noir sur la famille Lamarre
(pas sur la détective).
Détective : Quelques secondes plus tard, un
coup de feu retenti.
Bruit de fusil. Étiennette, Henri et Cassendra
crient. Les lumières se rallument. M. Lamarre est par terre.
Un fusil traîne un peu plus loin. Jacqueline arrive et crie
à son tour.
Jacqueline : Monsieur ! Monsieur ! Je vais appeler
la Police.
Noir sur la scène du meurtre.
Détective : C'est alors que je me suis rendu
sur les lieux. Les ambulanciers ont ramassé le corps. Mes hommes
ont inspecté les alentours et n'ont trouvé aucun indice
intéressant. Il n'y avait d'ailleurs aucune empreinte digitale
sur les armes. J'ai donc commencé les interrogatoires en règle.
Henri arrive et se place à la droite de
la scène.
Henri : Vous m'avez fait demander madame ?
Ursule : J'aurais quelques questions à vous
poser.
Henri : Je suis à votre entière disposition
madame.
Ursule : Très bien. Dites-moi quelles sont
vos relations avec votre mère ?
Henri : Aussi bonnes que possible.
Ursule : Je voudrais en savoir davantage...
Henri : Que dire de plus. Je suis assez proche de
ma mère. Je me sens beaucoup d'affinités avec elle.
Je crois que le lui ressemble beaucoup.
Ursule : Et votre père, vous aviez des affinités
avec lui ?
Henri : Je l'avoue, il nous arrivait d'avoir des
accrochages, surtout en ce qui concerne la direction de l'entreprise
familiale, mais rien de bien dramatique.
Ursule : Vous connaissiez les dispositions du testament
de votre père.
Henri : À sa mort, il léguait à
ma soeur le manoir et les terres, ainsi qu'une rente fort suffisante.
Alors que moi, je me retrouve avec la compagnie.
Ursule : Et cela vous convient !
Henri : La compagnie, c'est toute ma vie. J'y ai
grandi.
Ursule : Votre soeur dans tout cela ?
Henri : S'il est une personne instable et suspecte,
c'est bien ma soeur. Depuis toujours, elle va d'écoles spéciales
en hôpitaux psychiatriques et quand elle est à la maison,
il arrive toujours plein d'événements fâcheux.
Je peux vous en raconter plusieurs.
Éclairage sur le centre de la scène.
Jacqueline arrive en criant.
Jacqueline : Madame ! Madame ! Au secours ! Elle
veut me faire du mal.
Étiennette arrive d'un côté
et Cassendra avec un objet dans les mains, de l'autre.
Étiennette : Qu'est-ce qui se passe encore
?
Cassendra : Vous n'arriverez pas à m'empoisonner
avec vos pilules. Je sais que vous voulez m'éliminer à
petites doses pour que personne ne s'en aperçoive.
Jacqueline : Madame, elle a encore tiré toutes
les pilules par la fenêtre.
Étiennette fâchée : Cassendra,
cela aura t-il une fin ? Tu dois prendre tes pilules afin de stabiliser
ton état.
Cassendra : Non ! Je refuse, je sais que vous voulez
que je me taise. Je connais tout le mal que vous avez fait à
mon père et à moi.
Étiennette : Cassendra ! Si tu ne retournes
pas dans ta chambre immédiatement, je te fais renvoyer à
l'hôpital psychiatrique. C'est entendu.
Cassendra : Un jour, vous le regretterez !
Cassendra retourne dans sa chambre.
Étiennette : Jacqueline !
Jacqueline : Oui Madame !
Étiennette : Appeler le Docteur Falardeau
et demandez-lui une nouvelle ordonnance de pilules pour Cassendra.
Jacqueline : Tout de suite Madame !
On ferme l'éclairage sur le centre. On
revient à Ursule et Henri.
Ursule : Qu'est-ce que votre soeur entend par le
mal que votre mère aurait fait subir à votre père
et à elle-même...
Henri : Ma soeur est paranoïaque. Depuis qu'elle
est toute petite, elle voit des ennemis partout. Vous pourrez vérifier
dans les dossiers d'hôpitaux.
Ursule : Oui, oui ! Merci ! Faites venir votre soeur.
Henri : Très bien.
Henri s'en va et quelques instants après,
Cassendra prend sa place. Ursula prend un ton doux pour lui parler.
Ursule : Cassendra, c'est bien votre nom, Cassendra.
Cassendra est très nerveuse.
Cassendra : ...Oui !
Ursule : C'est bien ! Dis-moi Cassendra, est-ce que
tu aimes ton frère ?
Cassendra : Mon frère est un monstre. Il a
toujours comploté avec ma mère contre nous ?
Ursule : Qui ça nous ?
Cassendra : Mon père et moi. Mon frère
veut tout garder pour lui, tout l'héritage. Il a plusieurs
fois tenté de convaincre mon père de m'enlever ma part
de l'héritage sous prétexte que je suis folle. Mais,
je vois clair dans son jeu et mon père aussi voyait clair.
Ursule : Votre mère complotait avec lui ?
Cassendra : Ma mère et lui se protègent
mutuellement. Ma mère a un amant et mon frère le sait.
Éclairage sur le centre de la scène.
Henri arrive rapidement. Il parle vers les coulisses.
Henri : Maman ! Maman ! Père vient de rentrer.
Je crois que votre invité ferait mieux de partir.
Étiennette (dans les coulisses) : Par
la barbe de St-Joseph ! Jacques ! Dépêche-toi !
Tout d'un coup, on voit passer Jacques tenant
sa chemise d'une main et son chapeau sur la tête de l'autre.
Henri à Jacques rendu dans les coulisses
: Non ! Passez par en arrière.
Jacques repasse et retourne d'un autre côté.
Étiennette apparaît.
Henri : Mère ! Vous devenez de plus en plus
nonchalante pour vos rencontres secrètes.
Étiennette : Écoute-moi bien fils,
je sais ce que j'ai à faire !
Henri : Vous allez finir par vous faire prendre !
Étiennette : Oui.. C'est vrai... Tu as raison..
Merci.. Maintenant, laisse-moi, veux-tu !
Henri : Oui, mère !
Fin de l'éclairage sur le centre, on revient
à Ursule et Cassendra.
Ursule : Votre mère a donc un amant ?
Cassendra : Oui !
Ursule : Très intéressant !
Cassendra : Écoutez madame la détective.
Je sais que je suis une personne instable, je ne peux pas avoir tué
mon père car c'était la personne que j'aimais le plus
au monde et qui avait le plus d'importance à mes yeux. Il s'est
toujours occupé de moi, malgré son horaire chargé,
il venait souvent me voir à l'hôpital. Maintenant, je
serai seule...
Ursule : Seule avec votre héritage...
Cassendra : C'est une bien maigre consolation.
Ursule : Je vous laisse à votre peine. Je
vous remercie de m'avoir accordé ce temps. Envoyez-moi la bonne,
comment s'appelle t-elle déjà ?
Cassendra : Jacqueline !
Ursule : C'est ça envoyez-moi Jacqueline !
Cassendra : Bien !
Cassendra part.
Ursule au public : J'aime beaucoup interroger
les domestiques, ils ont toujours de bonnes informations à
me donner.
Jacqueline arrive.
Jacqueline : Oui ! Que puis-je faire pour vous ?
Ursule : J'aurais quelques questions à vous
poser.
Jacqueline : Allez-y !
Ursule : Je sais que l'arme du crime a été
dérobée dans la collection de revolvers de M. Lamarre.
Avez-vous eu connaissance de la disparition de cet objet ?
Jacqueline : Je regrette madame, j'ai passé
tout l'après-midi à faire des courses pour la fête,
je ne me suis aperçu de rien.
Ursule : Hum ! Hum ! Vous êtes à l'emploi
des Lamarre depuis longtemps ?
Jacqueline : Bientôt neuf ans madame !
Ursule : Vous devez donc bien connaître leurs
habitudes et leur vie personnelle.
Jacqueline : Eh..Oui !
Ursule : Je vais donc vérifier quelques informations.
Tout d'abord, est-il vrai que madame Lamarre avait des aventures extra-conjugales
?
Jacqueline : Eh.Oui Madame !
Ursule note dans son carnet.
Ursule : Bien.. Monsieur Lamarre et son fils avaient
souvent des différents ?
Jacqueline : On dit qu'ils en avaient souvent au
travail, mais jamais à la maison. Sauf.. une fois...
Éclairage sur le centre de la scène.
Cassendra arrive en courant et en criant.
Cassendra : Ils veulent m'attaquer, ils veulent m'enlever...
Gaston arrive et arrête sa fille. Henri
vient ensuite. Il reste en retrait.
Gaston : Qui veut t'enlever ma fille ?
Cassendra : Des gens, ils viennent par le placard.
Gaston : C'est impossible ma belle, la maison est
entourée de clôtures et des gardes sont là pour
surveiller. Personne ne peut t'enlever.
Cassendra : Ils ont creusé un tunnel, père,
qui mène jusqu'à mon placard.
Gaston : Non ! Tu as sûrement fait un cauchemar.
Viens, nous allons vérifier.
Cassendra : Ils vont aussi vous enlever.
Gaston : Henri va venir avec nous. Il n'y a pas de
danger.
Les trois vont en coulisse. Henri revient le premier.
Il se prend le front. Il est visiblement fatigué de ces histoires.
Gaston revient ensuite. Cassendra reste dans les coulisses.
Gaston : Voilà ! Tout est réglé.
Henri : Père, vous voyez bien qu'elle est
folle.
Gaston : Elle n'est pas folle, elle a seulement besoin
d'un peu plus d'attention.
Henri : Père, cédez-moi sa part de
l'héritage et je vous promets qu'elle ne manquera jamais de
rien. C'est ma soeur, mais elle est malade.
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