Le roi Richard : gentil et naïf
Ulric : Chef de la garde du roi, fidèle et sans reproche
Génius : Chevalier de la garde, dévoué
Griselda : Mage, astronome et conseillère du roi
Bélinda : Membre de la cour du roi, mais secrètement
affiliée à la méchante Morgana
Morgana : Méchante sorcière qui veut s'emparer de la
couronne
Détritus : Apprentie un peu lente de Morgana
Ultimo : Chevalier au service de Morgana
Scène 1 : Ulric et Génius
Ulric et Génius arrivent en jasant.
Ulric : Tu sais mon fidèle Génius.
Je suis un peu inquiet.
Génius : C'est vrai ?
Ulric : C'est le roi, j'ai peur que des gens à
l'influence mauvaise tournent autour de lui.
Génius : C'est vrai ?
Ulric : J'ai l'impression que sa majesté ne
nous aime plus autant.
Génius affirmatif cette fois : C'est
vrai !
Ulric : Pourtant, nous sommes prêt à
donner nos vies pour lui. Nous avons guerroyé jusqu'aux confins
des terres connues pour étendre son honneur et sa gloire. J'ai
moi-même affronté et vaincu le dragon pour protéger
le pays.
Génius encore plus affirmatif : C'est
vrai !
Ulric : Faudra t-il en faire davantage ?
Génius : C'est vrai !
Ulric : Mais, tu ne sais pas dire autre chose.
Génius : C'est vrai !
Ulric : Pauvre Génius. Tu n'es pas très
bavard, mais tu es un fidèle compagnon.
Génius : C'est vrai !
Ulric : Viens, allons à l'auberge pour nous
rassasier et boire un peu. Nous pourrons ainsi oublier ces tracas.
Génius et Ulric ensemble : C'est vrai !
Ulric prend Génius par l'épaule.
Ils sortent.
Scène 2 : Le roi et Bélinda
Le roi arrive seul.
Richard : Ah comme il est difficile de régner.
Il faut administrer, gérer, rendre la justice et faire la guerre.
Mais, serait-il possible de trouver un pays où les gens s'aideraient
mutuellement au lieu de se jalouser ? Si j'avais eu le choix, je serais
devenu jardinier. J'aime les fleurs. Elles sont belles et tranquilles.
Mais, je suis fils de roi. Je suis né pour porter une couronne,
telle est ma destinée, non d'une pomme.
Bélinda arrive furtivement en regardant
un peu partout.
Bélinda : Sir, je m'excuse d'interrompre le
cours de vos pensées. Puis-je m'adresser à vous ?
Richard : Le premier devoir d'un monarque est d'être
au service de ses sujets, surtout les sujets aussi agréable
que vous.
Bélinda : Vous êtes plaisant sir. J'ai
une information de première importance pour vous.
Richard : Quelle est-elle ?
Bélinda : On dit que dans votre garde personnelle,
on fomente la révolte.
Richard : Il s'agit simplement de ouï-dire.
Bélinda en tournant autour du roi :
Méfiez-vous, les rumeurs lorsqu'elles sont persistantes s'avèrent
trop souvent véridiques.
Richard : J'ai l'habitude de m'en tenir aux faits,
mais je vais y songer. Maintenant, laissez-moi !
Bélinda : Certainement sir. Et n'oubliez pas
que je vous suis entièrement dévouée.
Richard : Merci, j'apprécie beaucoup.
Bélinda part aussi rapidement qu'elle était
venue.
Richard pour lui-même : Il y a tellement
de rumeurs qui circulent que je ne sais plus où donner de la
tête.
Scène 3 : Le roi et Griselda
Griselda arrive avec une valise remplie de feuilles
et de potions.
Richard : Vous êtes déjà là
?
Griselda : Mais, c'est déjà l'heure
votre majesté. Vous n'avez pas entendu les cloches de la cathédrale
sonner la dixième heure du jour.
Richard : Pardonnez-moi. Je songeais à mille
et un problèmes.
Griselda en sortant un flacon : Vous avez
peut-être besoin d'une de mes préparations à base
de fenouille et d'extrait de limace qui a la faculté d'éclaircir
les esprits embrouillés.
Richard : Je ne sais pas.
Griselda : J'ai aussi concocté une nouvelle
potion à partir de trèfles à quatre feuilles
qui laisse planer autour de vous une odeur de chance sans pareil.
Richard : Vous ne pourriez pas fabriquer une potion
qui rende les gens gentils, qui éliminerait toute malice ?
Griselda : Malheureusement, votre majesté,
je ne connais aucun mage, aucun druide assez savant pour préparer
une telle potion. La méchanceté des hommes est tellement
complexe. Elle est trop difficile à contrôler. Par contre,
le mal est si facile à reproduire.
Richard : Voilà un constat déplorable,
mais réaliste. Il n'y a donc rien à faire ?
Griselda : Nous pouvons tout de même prévenir
en nous fiant à la sagesse des astres. En connaissant l'avenir,
nous pouvons parer les mauvais coups du destin. J'ai justement préparé
votre carte du ciel.
Griselda sort un parchemin qu'elle tend au roi.
Celui-ci regarde avec attention.
Richard : Je ne comprends toujours pas comment cela
fonctionne.
Griselda : Regardez, c'est très simple. Le
lion est dans l'hypoténuse entre Mars et Jupiter, alors que
Vénus traverse le cadran de la voie lactée ce qui forme
un triangle isocèle.
Richard : Et alors ?
Griselda : Le triangle est le symbole du conflit.
Jupiter, le roi des dieux, c'est vous. Mars représente la guerre
et Vénus est une femme qui tente de tracer une voie vers le
lion, c'est-à-dire la couronne.
Richard : Vous voulez dire que quelque part une femme
se préparer à s'emparer du trône.
Griselda : Exactement.
Richard : Encore de mauvais augures. Je suis fatigué
de cela.
Griselda : Vous devez me croire votre majesté,
le ciel ne ment jamais.
Richard : Mais ce qu'il nous dit est tellement vague
et flou.
Griselda : Une menace vous guette, j'en suis certaine.
Richard : Vous étiez aussi sûre de vous
lorsque vous avez prédit que la lune tomberait sur notre royaume
aux premières neiges de l'hiver.
Griselda : Oui, j'avais fait de mauvais calcul. Elle
va tomber dans mille ans. Mais, cette fois-ci, je suis persuadée
d'avoir raison. J'ai tout vérifié. Il faut avoir confiance
en moi.
Richard : Je vais y réfléchir.
Griselda : Je dois vous quitter votre majesté.
J'ai un rendez-vous avec l'archiduc du comté du Boeufbraisé.
Il a besoin d'entrailles de poulet séché pour prévenir
ses problèmes gastriques.
Richard : Je vous donne votre congé.
Griselda : Merci sir et prenez bien le temps d'étudier
ma carte.
Griselda part et le roi s'assoit quelques instants
pour observer la carte, mais finit par s'endormir avec la carte dans
les mains. Bélinda passe et aperçoit le roi. Elle s'assure
que personne ne la regarde et subtilise la feuille. Elle repart. Le
roi se réveille subitement en se demandant ce qui se passe.
Il se lève et sort.
Scène 4 : Morgana, Détritus,
Bélinda et Ultimo
Détritus arrive et baille un peu. Elle s'installe
en avant de la scène et s'endort. Morgana arrive à son
tour et aperçoit son apprentie.
Morgana : Détritus ! Détritus !
Détritus se réveille subitement.
Morgana : Tu es encore en train de dormir, vilaine
paresseuse.
Détritus : Mais madame, vous me donnez tant
d'ouvrages que je n'ai pas assez de la journée pour tout faire.
Je dois travailler jusque dans la nuit.
Morgana : Je n'ai pas le temps d'entendre tes plaintes.
Est-ce que tu as nettoyé la cheminé ?
Détritus : Oui, madame.
Morgana : Brossé les chevaux ?
Détritus : Oui, madame.
Morgana : Nourri les grenouilles ?
Détritus : Oui madame et j'ai même pris
de l'avance en lavant les planchers et en astiquant votre balai magique.
Je pense donc que je mérite une petite sieste.
Morgana : Nous, les méchants, nous n'avons
pas le temps de nous reposer. La conquête du royaume est un
travail de longue haleine. Maintenant, va chercher mon chaudron, nous
allons préparer une mixture magique qui nous aidera à
parvenir à nos fins.
Détritus : Tout de suite, madame.
Détritus va chercher une table et un chaudron.
Morgana : Parfait. Enmène-moi le venin de
vipère écrêmé.
Détritus réfléchit un peu
et part chercher le flacon demandé. Elle revient avec.
Détritus : Voilà !
Morgana : Non, crétine, ça c'est la
riboflavine de potassium. J'ai demandé le venin de vipère
écrémé.
Détritus : Il est de quel couleur ce venin
?
Morgana : Il est noir.
Détritus : Ah bon !
Détritus sort et revient avec le bon flacon.
Morgana : Enfin ! Maintenant, va me chercher la poudre
de perlinpinpin.
Détritus : Elle est bleue, je crois ?
Morgana : C'est ça, dépêche-toi.
On n'a plus les apprenties qu'on avait.
Détritus sort et revient avec la poudre
de Perlinpinpin. Morgana la mélange au reste. Tout d'un coup,
Bélinda arrive avec la carte du ciel entre les mains.
Morgana : Qu'est-ce que tu fais ici,toi. Tu devrais
être au château avec le roi.
Bélinda : Je sais ma soeur, mais j'ai mis
la main sur un document qui risque de vous intéresser.
Bélinda donne la carte à Griselda.
Bélinda : C'est la carte du destin du roi
dessinée par Griselda.
Morgana : Ah ! Cette satanée Griselda ne se
fatigue donc jamais. Elle met toujours tout en uvre pour contrecarrer
mes plans.
Bélinda : Comme vous pouvez voir, le roi est
au courant qu'un coup d'état se prépare.
Morgana : Oui, mais il ne sait pas quand et qui !
Bélinda : Il faut quand même être
prudentes.
Morgana : Tu as raison. Il faut agir rapidement.
Tu dois immédiatement retourner au château et assure-toi
que personne ne s'aperçoive de ta visite. Je te ferai parvenir
de l'information par courrier.
Bélinda : Je m'en retourne tout de suite.
Un jour le royaume sera à nous et notre mère brûlée
pour sorcellerie sera vengée.
Morgana : Ce jour est proche. Allez part.
Bélinda s'en va.
Détritus : Quelle va être votre nouvelle
tactique, madame ?
Morgana : Toi, ne te mêle pas de ça
! Va me chercher le chef de ma garde.
Détritus : Tout de suite.
Cependant,Ultimo arrive avant que Détritus
parte.
Ultimo : Je suis là, prêt à vous
servir.
Morgana : Toujours aussi rapide.
Ultimo : Rapide, fort et efficace.
Morgana : J'apprécie votre fidélité.
Le temps presse, mon cher Ultimo. Le roi se doute d'une révolte.
Que me conseillez-vous ?
Ultimo : Je vous propose de lever une armée.
Je pourrais rapidement engager des mercenaires et prendre d'assaut
le château.
Morgana : Vous les militaires, vous prônez
toujours le conflit direct.
Ultimo : C'est la seule manière de parvenir
à nos fins madame.
Morgana : Je ne suis pas d'accord avec vous. Notre
attaque doit être plus subtile. Elle doit venir de l'intérieur.
Ultimo : Je ne comprends pas.
Morgana : Je suis en train de préparer une
mixture spéciale appelée les graines de la discorde.
C'est une recette qui nous vient de notre grand-père Benladénus.
Ultimo : Comment ces graines de la discorde peuvent-elles
nous aider ?
Morgana : Mon idée est simple. Nous allons
envoyer des parchemins à différents membres de la cour
du roi. Ces parchemins contiendront les graines de la discorde qui
une fois respirée transforme la personne en un être querelleur
et hargneux.
Ultimo : Je vois, les membres de la cour vont se
mettre à se disputer ensemble.
Morgana : Et nous en profiterons, Bélinda,
vous et moi pour devenir les préférés du roi.
Ultimo : Je serai donc le chef de la garde du roi.
Morgana : Et moi, je prendrai la place de Griselda
en tant que sa magicienne.
Ultimo : Je reconnais là votre intelligence,
madame.
Morgana : Maintenant, activons-nous. Faites-moi dresser
la liste des membres de la cour. Je dois aussi prévenir ma
sur par courrier. Détritus, tu auras la tâche de livrer
les parchemins.
Détritus : Est-ce que j'ai le choix ?
Morgana : Non !
Détritus : Bon.
Ils sortent tous.
Scène 5 : Ulric, Génius et Détritus
Détritus arrive avec un panier de parchemins.
Détritus : Voilà encore que je me ramasse
encore avec le sale boulot. Il faut que je distribue du courrier,
mais ma maîtresse ignore que je ne sais pas lire. Elle ne doit
pas le savoir, sinon elle va me jeter à la rue.
Ulric et Génius entrent en scène.
Ulric : Ce repas était des plus copieux, tu
ne penses pas mon cher Génius.
Génius : C'est vrai.
Détritus se dirige vers les deux hommes.
Détritus : Messieurs Ulric et Génius.
Ulric : C'est nous.
Génius : C'est vrai.
Détritus : J'ai du courrier pour vous.
Ulric : Merveilleux, j'adore recevoir des nouvelles.
C'est peut-être une de mes lointaines conquêtes amoureuses
qui m'écrit pour m'avouer son ennui.
Génius : C'est vrai.
Détritus : Alors voilà.
Détritus donne un parchemin à chacun.
Les hommes ouvrent les missives.
Détritus : Moi je vous laisse si je veux terminer
ma tournée rapidement pour pouvoir me reposer ensuite.
Ulric : Allez, merci.
Détritus s'en va. Ulric et Génius
lisent les parchemins et respirent les graines de la discorde. Tout
d'un coup Ulric jette le parchemin par terre.
Ulric : Ce n'est qu'une vulgaire publicité.
Génius : Aie,ne jette pas ce parchemin par
terre.
Ulric : Et pourquoi ?
Génius : Tu souilles la terre du roi.
Ulric : Je fais ce que je veux, quand je veux.
Génius : Pas avec moi.
Ulric : Prend garde, je suis ton supérieur.
Génius : Tu n'es qu'un minus.
Ulric : Avorton, tu te mets à parler maintenant.
Génius : Si je ne parlais pas, c'est que je
ne voulais pas te dire que tu es un salaud.
Les deux hommes dégainent leur épée
et se confrontent la lame sous la gorge. Le roi arrive à ce
moment.
Richard : Messieurs, que faites-vous ?
Génius : Je vais donner une leçon à
ce blanc bec.
Ulric : C'est de l'insubordination ! Sir, punissez-le.
Richard : Calmez-vous. Il s'agit sûrement d'un
incident sans gravité.
Génius : Ce traître souille votre royaume
avec les parchemins qu'il jette sur votre sol.
Richard : Allons, ce n'est pas un crime de lèse-majesté.
Génius : Il mérite la potence.
Richard : Cessez ces accusations et rentrez chacun
chez-vous. Nous rediscuterons de ça plus tard.
Les deux hommes se regardent toujours.
Richard : Allez, c'est un ordre.
Ulric et Génius se séparent et partent
chacun de leur côté en se regardant.
Richard : Comme cela est surprenant, mes deux meilleurs
hommes qui se querellent. La rumeur d'une révolte est peut-être
fondée. Je sais ce que je vais faire pour les punir. Je vais
les envoyer guerroyer vers les lointaines frontières du royaume.
Ainsi, ils ne me causeront pas d'ennui.
Papineau sort en se grattant la tête.
Scène 6 : Détritus, Bélinda
et le roi.
Détritus revient.
Détritus : Bon, il ne me reste plus que deux
parchemins à distribuer avant de pouvoir piquer un petit somme.
Bélinda arrive.
Détritus : Mme Bélinda, je dois vous
donner des nouvelles de votre sur.
Bélinda : Enfin, je commençais à
m'inquiéter.
Détritus : Son nouveau plan est expliqué
dans ce parchemin.
Détritus tend un parchemin à Bélinda.
Mais elle se trompe, elle lui donne celui qui était destiné
à Griselda. Bélinda prend le parchemin.
Bélinda : Voyons voir.
Bélnda respire la graine de la discorde.
Bélinda qui devient colérique
: Mais pourquoi m'envoie t-elle une publicité ? Je n'en ai
pas besoin.
Détritus : Madame Bélinda, calmez-vous
!
Bélinda : Je n'ai pas envie de me calmer et
toi, fout-moi la paix, petite idiote.
Détritus : Bon, bon, je m'en vais. Qu'est-ce
qui lui prend à celle-là ?
Détritus sort.
Bélinda : Ma sur me fait une mauvaise blague,
elle qui veut toujours tout décider. Et moi, je dois rester
à la cour pour tomber dans les bonnes grâces du roi.
Le roi arrive à ce moment.
Richard : Dame Bélinda, justement, je voulais
vous parler de cette rumeur de révolte.
Bélinda : Je n'en ai que faire de votre révolte.
Faites-en ce que vous voulez. Moi je m'en vais, je quitte la cour.
Richard est surpris.
Bélinda : Vous n'êtes qu'un roi de pacotille
trop gentil et trop endormant. Vous auriez du être jardinier.
Cela aurait été plus simple pour tout le monde.
Richard : Dame Bélinda, est-ce que vous êtes
souffrante ?
Bélinda : C'est vous qui me faites souffrir.
J'ai deux mots à dire à ma sur. Je pars.
Bélinda s'en va avec fracas.
Richard: Tout le monde est de mauvais poil aujourd'hui.
Il se trame sûrement quelque chose.
Richard quitte en
réfléchissant.
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