Touché au coeur
Scènes 14 à 17

Scène 14 : Claudia et Marie-Soleil

Marie-Soleil arrive avec son sac pour aller à sa case. Mais, Claudia, enragée, entre et va s'asseoir brusquement à une table. Marie-Soleil se dirige vers elle.

Marie-Soleil : En tout cas, comme entrée, c'est assez remarqué.

Claudia : Sacre-moi la paix, toué la fuckée.

Marie-Soleil : Ouais Faut être malheureux pour traiter les gens comme ça. Tu dois souffrir.

Comme réponse, Claudia laisse aller un soupir.

Marie-Soleil : Qu'est-ce qui s'est passé ?

Claudia : Je me suis engueulé avec ma prof d'Anglais. C'est une maudite folle.

Marie-Soleil : Pourquoi qu'est folle ?

Claudia : A veut qu'on parle toujours en Anglais dans le cours pis moi ça me tente pas.

Marie-Soleil : Tu t'es fait avertir.

Claudia : Si je ne fais pas plus d'efforts, elle va me coller un oral en Anglais devant tout le monde. Pis si je refuse encore, je suis expulsé.

Marie-Soleil : Ça peut te paraître dur comme représailles, mais je pense que ce prof-là cherche un moyen de te faire bouger, de te faire avancer. Je pense pas qu'a soit vraiment méchante.

Claudia : J'haïs ça l'Anglais. Elle est pas capable de le comprendre.

Marie-Soleil : Peut-être qu'il faut que tu y dises en Anglais.

Claudia esquisse un petit sourire.

Marie-Soleil : Tu sais, t'as le droit d'être en colère, de pas être d'accord. Mais un coup que ta frustration est sortie, il faut que tu t'arranges pour régler ça intelligemment.

Claudia : Ouïn !

Marie-Soleil : Je te laisse dormir là-dessus. Laisse l'idée faire son chemin. Good bye, see you later !

Claudia : C'est ça.

Marie-Soleil ramasse son sac et s'en va. Claudia se prend la tête d'une main et, par dépit, dessine de l'autre. Ève revient toujours suivie de Sylvie.

Ève : Est-ce que tu pourrais venir avec moi ce soir à mon cours de Taekwondo ?

Sylvie : Ah, je sais pas. Ça fait juste deux jours que je te suis partout, pis je commence déjà à être tannée.

Ève : Aie, faut pas lâcher. Y en a seulement pour quelques jours.

Sylvie : Ça marchera pas. Comment tu vas faire pour que Nicolas s'intéresse à moi ?

Ève : Je te l'ai dit. Je vais l'attirer jusqu'à moi, mais c'est vers toi qu'il va aller.

Sylvie : J'ai l'impression qu'il me regarde même pas. Je suis juste ton chien de poche à ses yeux.

Ève : Fais-moi confiance, je connais les gars. Je vais le mettre dans une situation où il n'aura pas le choix de se retourner vers toi.

Sylvie : Je le sais pu.

Ève : Ça vaut la peine d'essayer. Aller, viens maintenant. La bus ne nous attendra pas.

Sylvie : Ok.

Elles partent. Noir

 

Scène 15 : Clara, Sylvie, Ève, Claudia, Marie-Soleil et Bob.

On est de retour sur l'heure du midi. Claudia est, comme dans la précédente scène du dîner, assise à une table en train de lire une revue. Clara et Sylvie sont assises à l'autre table. Elles mangent leur lunch. Appuyé sur un mur, Bob mange un sac de chips. L'attention est d'abord dirigée vers Clara et Sylvie.

Clara : Ça s'est passé comme dans un beau film d'amour. J'ai reçu une lettre parfumée dans ma case et maintenant, j'ai un rendez-vous.

Sylvie : T'es chanceuse, c'est pas à moi que ce genre de chose arriverait.

Clara : Il suffit d'y croire très très fort.

Sylvie : Est-ce que tu sais c'est qui ?

Clara : Non.

Sylvie : Tu l'as pas vu ?

Clara : Non.

Sylvie : Tu sais même si y est beau ?

Clara : Je suis certaine qui est beau.

Sylvie : C'est peut-être un gros obèse graisseux qui est pas regardable. Quand t'es beau, t'as pas peur de te montrer.

Clara : T'es donc ben plate.

Sylvie : Je suis réaliste, c'est toute. Tu fais partie des gagnants ou des perdants, un des deux. Tu peux essayer de te tenir avec les gagnants dans l'espoir qu'un peu de chance de gicle dessus, mais c'est pas garanti.

Clara : Moi, je pense qu'il faut être positive. La chance attire la chance. Si y est pas si beau que ça mon prétendant, il sera toujours ben romantique. C'est déjà ça de gagné.

Sylvie : C'est une façon de voir.

Clara : Tu devrais faire comme moi et regarder la vie du bon côté. La preuve, ça fait trois jours que le Tag est commencé et je suis toujours dans la course alors qu'il y a au moins la moitié des joueurs qui sont éliminés.

Sylvie : Moi, je me suis même pas inscrite.

Clara : Pourquoi ?

Sylvie : Pour pas avoir de conflit avec Ève.

Clara : C'est dommage.

Sylvie : C'est pas grave.

Ève arrive précipitamment et se dirige vers Sylvie.

Ève : Qu'est-ce que tu fais là, toi. Tu devais pas m'attendre à la sortie de mon cours ?

Sylvie : C'est plein de monde dans les corridors. Y a pas de danger.

Ève : On sait jamais. Y en a qui sont prêt à tout pour m'avoir. Ne me refais jamais ça.

Sylvie : Correct !

Ève s'assoit à la table de Sylvie et Clara. Marie-Soleil entre et passe devant Claudia.

Claudia vers Marie-Soleil : Pssit ! Excuse-moi !

Marie-Soleil : Ah salut !

Claudia : Est-ce que tu cherches une place pour t'asseoir parce que c'est libre ici ?

Marie-Soleil : C'est gentil merci.

Marie-Soleil sort son lunch fait avec plein de bonnes choses.

Claudia : Écoute, je voudrais m'excuser pour l'autre jour.

Marie-Soleil : C'est rien.

Claudia : J'ai pas été correct avec toi. Je t'ai dit des choses méchantes.

Marie-Soleil : J'avais compris que t'étais pas dans ton état normal.

Claudia : T'as été vraiment gentille. Tu t'es pas fâché pis tu m'as donné de bons conseils.

Marie-Soleil : Est-ce que ça c'est arrangé avec ton prof ?

Claudia : Ça s'est calmé en tout cas.

Marie-Soleil : Ah ben, je suis contente.

Claudia : C'est rare que les gens sont gentils avec moi. J'ai pas beaucoup d'amis.

Marie-Soleil : Tu te protèges. Tu fais ça parce ce que t'as mal.

Claudia : Pourquoi tu dis cela ?

Marie-Soleil : Je te regarde aller avec les gars. Tu t'offres comme une proie à des carnivores. C'est pratiquement suicidaire.

Claudia avec un rire de surprise : T'es un drôle d'oiseau, toi. On dirait que t'aime ça faire la morale.

Marie-Soleil : Y en a qui se passionne pour les voitures, d'autres pour la musique ou les timbres. Moi, je m'intéresse aux gens et à la vie.

Claudia : En tout cas, avec toi, une surprise n'attend pas l'autre.

Marie-Soleil : J'ai pour mon dire qu'une véritable amie n'est pas là seulement pour nous faire plaisir.

Claudia : Va falloir que je m'habitue.

Marie-Soleil lui fait un sourire complice.

 

Scène 16 : Clara, Sylvie, Ève, Claudia, Marie-Soleil, Bob et les rappers

On entend un beat de rap qui commence. Les deux rappers arrivent et se placent au centre de la scène. Les autres se lèvent et font une ligne en arrière d'eux. Ils suivent le beat. Ils vont chanter LE RAP DU TAG.

Chantons le rap du Tag
C'est not'buz, c'est not' bag
Chantons le rap du Tag
C'est tout sauf une blague

T'as trop étudié
Oublie tes cahiers
Faudra réveiller
Ton instinct guerrier

Dans les corridors
J'ai senti éclore
Une peur inodore
Un parfum de mort

Faut pas qu'tu t'attarde
Reste sur tes gardes
Quand viendra le moment
Ça prendra du cran

Chie pas dans ton froc
Il faut qu'sa débloque
Dégaine ton gun
C'est rien pour le fun

 

À la fin, on reprend le complet plusieurs fois et tout le monde sort de scène tranquillement, sauf Ève et Mike qui restent seuls.

Ève : Enfin seul !

Elle sort son arme. En voyant cela, Mike essaie de se sauver. Il fait un tour rapide de la scène, mais se prend les pieds dans ses pantalons et s'affale de tout son long. Ève le menace avec son fusil.

Ève : C'est pas pratique pour courir des pantalons de rapper.

Elle tire sa flèche et atteint le rappeur.

Mike : Ah shit !

Ève sort le contrat.

Ève : J'avais ton contrat. Donne-moi le tien.

Mike lui donne la feuille demandée.

Ève : Et un autre, au suivant maintenant.

Elle sort en jubilant. Noir.

 

Scène 17 : Clara, Bob, Nicolas et Hugo.

Clara marche de long en large sur la scène.

Clara : Je suis impatiente. Il m'a donné rendez-vous ici à cinq heure. Nous serons seuls. Je sais qu'il est beau avec ses cheveux xxxx, son bel habit xxxx et une cravate xxxx.

Clara fait une description qui correspond à Bob déguisé en personnage de téléroman. Ce Bob déguisé apparaît d'ailleurs sur la scène sur une petite musique romantique comme s'il sortait d'un rêve de Clara.

Clara : Te voilà mon aimé.

Brad (Bob) : Je suis à l'heure et précis comme une montre suisse.

Clara : Oh Brad ! Comme je t'ai attendu. J'ai cru que tu ne viendrais jamais.

Brad (Bob) : Tu es toujours de plus en plus belle.

Clara : Dans mes bras, mon chéri.

Brad (Bob) : Attends, je dois te révéler un secret qui risque de compromettre notre liaison.

Clara : Parle, rien ne pourra m'empêcher de me donner à toi.

Brad (Bob) : C'est que j'ai été marié autrefois et j'ai eu trois enfants infirmes dont j'ai la garde. Il faudra les accepter.

Clara : Je les chérirai comme si c'était toi.

Brad (Bob) : Je dois aussi te dire que j'ai dilapidé ma fortune au casino de Charlevoix. Je suis ruiné.

Clara : Nous vivrons de notre amour.

Brad (Bob) : Mais le pire, c'est que j'ai été blessé à la guerre et depuis, je suis impuissant.

Clara : La force de ma passion fera renaître ta vigueur perdue.

Brad (Bob) : Non, ce n'est pas possible. Nous ne pourrons pas nous aimer.

Clara : Mais pourquoi ?

L'éclairage change. Bob enlève sa perruque et sort son fusil.

Bob : Parce que je suis un assassin.

Bob tire sur Clara.

Clara : Non !

Elle s'effondre à genoux en pleurant.

Bob : Je t'ai bien eu. J'avais ton contrat. Maintenant, donne-moi le tien.

Clara en lui donnant le papier : T'es méchant. Je t'haïs. Je t'haïs.

Bob : Désolé. C'est le jeu.

Bob lit le contrat que lui a donné Clara.

Bob : Good, c'est le contrat de Claudia. Je vais t'avoir ma belle. Tu vas bientôt garnir mon tableau de chasse.

Nicolas et Hugo arrivent. Nicolas se dirige vers Clara. Bob montre le contrat à Hugo.

Bob à Hugo : J'ai eu le contrat de Claudia. C'est moi qui vais l'avoir.

Bob s'en va tout content.

Bob : Oh yes !

Hugo en se tapant la main sur le front : C'est pas vrai.

Nicolas ne sachant trop quoi faire : Qu'est-ce qui a Clara ?

Clara : Foutez-moi la paix !

Noir


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