Trois sur un sofa

Sandy, Déborah et Judith partagent le même appartement. Sandy a, sans le vouloir, invité deux hommes le même soir. Pour n'en perdre aucun, elle demande à Déborah de l'aider à occuper l'un pendant qu'elle s'occupe de l'autre. Comme vous pouvez vous en douter, Judith viendra mêler les cartes.

Personnages
Sandy : Belle fille genre mannequin
Débora : Gentille, grande amie de Sandy et sa coloc
Judith : Fille un peu nounoune et également coloc des deux précédentes
Jimmy : Beau jeune homme d'affaires
M. Caloway : Agent d'artiste et de mannequin, style nerds et réservé
M. Brown : Plombier

La scène se déroule dans l'appartement des trois filles. Nous sommes dans le salon, il y a un sofa au centre. À gauche, se trouve la porte des toilettes et la porte de la cuisine. Au centre, la porte d'entrée et à droite, la porte de la chambre de Judith.

Judith sort des toilettes un peu mouillée.

Judith : Ah ! Je suis toute trempe. Ça fait deux semaine que le robinet gicle dans tous les sens et personne ne fait rien. Je vais appeler le plombier immédiatement.

Judith prend un annuaire et cherche dedans.

Judith : Pavage, photographe, plombiers, voilà. Plomberie D. Boucher, dans le domaine depuis 40 ans. Non ! J'ai pas le goût de voir un vieux bonhomme. J'aimerais plus un beau p'tit jeune. (elle lit encore dans l'annuaire). Plomberie Dynamique, les super-héros de la plomberie, prêt à tout pour votre service. Intéressant ça : Prêt à tout pour notre service. C'est peut-être ma chance !

Elle signale.

Judith : Bonjour mademoiselle ! Notre robinet coule, on voudrait obtenir les services d'un plombier, oui... le plus beau possible. (Petit temps) 265, 10ème avenue. Non, pas d'appartement. (Petit temps) Je vais être surpris par la rapidité du service. Cool ! ... Parfait, Merci !

Judith qui crie dans l'appart : Les filles j'ai fait venir un plombier pour réparer le robinet... Les filles... Ah ! Elles n'entendent jamais rien.

Judith part dans sa chambre. Sandy arrive par la cuisine.

Sandy : Qu'est-ce que tu disais Judith ?... Ah celle-là ! Bon ! Il faut que je trouve une solution, il faut que je trouve une solution.

Débora arrive par la porte d'entrée, deux sacs d'épicerie à la main.

Débora : Salut la compagnie, j'ai fait le marché. Vous me devez chacune 18 dollars.

Sandy : Débora ! J'ai besoin de ton aide !

Débora : Dans quel pétrin t'es-tu mise encore ?

Judith arrive et reste en retrait. Elle va écouter la scène en silence.

Sandy : Je t'explique. J'ai un rendez-vous à sept heures ici avec un agent d'artiste qui est peut-être prêt à prendre en main ma carrière de mannequin.

Débora : Quel est le problème ?

Sandy : J'ai aussi un autre rendez-vous ici à sept heures avec Jimmy, un jeune homme d'affaires très intéressant.

Débora : C'est simple, appelle Jimmy et dis-lui de venir plus tard. Les affaires passe avant les amours. D'ailleurs, tu sais que tu es en retard sur ta part de loyer.

Sandy : Je sais, oui ! Mon problème, c'est que je ne connais pas le numéro de téléphone de Jimmy.

Débora : Quoi ?

Sandy : Je lui ai parlé hier sur la ligne rencontre...

Débora : T'as pas d'argent pour payer ton loyer, mais t'en a pour parler sur la ligne rencontre.

Sandy : C'est gratuit pour les femmes après minuit. Alors, voilà, je lui ai parlé hier soir et je l'ai invité à venir ici. Tu comprends, il est homme d'affaires.

Débora : Sandy, tu as le don de te mettre dans des situations incroyables et c'est toujours moi qui doit t'en sortir.

Sandy : S'il te plaît, aide-moi !

Débora : Pourquoi tu ne demande pas à Judith pour une fois.

Sandy : Sois sérieuse, si jamais Jimmy voit Judith, il va se sauver en courant. (Judith lui fait une grimace) Non ! J'avais pensé que tu pourrais peut-être faire patienter Jimmy pendant que je discute avec M. Caloway, mon futur agent.

Débora : Et qu'est-ce que tu entends par faire patienter ?

Sandy : Juste jaser avec lui, à la cuisine, juste l'intéresser un peu. Je t'en supplie. Si ça fonctionne, j'aurais des contrats de mannequin, un copain homme d'affaires et je pourrais ainsi rembourser ma part du loyer.

Débora : C'est bon, tu m'as convaincue. J'espère qu'il est gentil au moins.

Sandy : Certainement, j'ai passé la nuit à parler avec lui, mais je ne l'ai pas encore vu. Il aura un foulard rouge pour être certain que je ne me trompe pas.

Débora : Je sens que ça va mal finir.

Sandy : Débora, je t'adore !

Débora : Allez ! Aide-moi à ranger l'épicerie en attendant.

Débora et Sandy s'en vont vers la cuisine. Judith reste seule.

Judith : Cool ! Ça va être plein de mecs ici ce soir. Mes prières ont été entendues.

Ça cogne à la porte.

Judith : Déjà ! Ah ! Je veux un homme ! S.V.P. Seigneur, faites que cela fonctionne.

Judith va répondre. Jimmy entre avec un foulard rouge autour du cou.

Jimmy : Bonjour mademoiselle, je viens rencontrer une certaine Sandy.

Judith : C'est moi !

Jimmy : C'est vous ?

Judith : Oui, certainement.

Jimmy : C'est avec vous que j'ai parlé toute la nuit.

Judith : Oui, mon beau, viens dans ma chambre, c'est maintenant le temps de passer aux actes.

Judith prend Jimmy par le foulard et l'entraîne dans sa chambre.

Jimmy : Mais attendez, attendez !

Sandy et Débora reviennent dans le salon.

Débora : Je te préviens que c'est la dernière fois que je te sors du pétrin.

Sandy : Oui, oui. Ça ne se reproduira plus.

Débora : J'espère...

Ça cogne à la porte.

Sandy : Si c'est quelqu'un qui a un foulard rouge, c'est Jimmy et je te le laisse, si c'est monsieur Caloway, je m'en occupe pendant que tu attends Jimmy. C'est compris.

Débora : Cinq sur cinq.

Sandy va ouvrir la porte et M. Brown entre en salopette de travail, mais avec un foulard rouge.

M. Brown : Bonjour Mesdames, c'est un peu frisquet aujourd'hui.

Les deux filles sont surprises car elles pensent que c'est Jimmy.

Débora : Vous portez un drôle de costume pour quelqu'un qui fait un tel métier.

M. Brown : C'est l'habit de travail que tout mes confrères portent.

Sandy : Ah bon !

M. Brown : Voyons votre affaire !

Sandy : Pardon !

Débora : Ah oui ! Je comprends, vous êtes un homme d'affaires.

M. Brown : Si vous voulez ma petite dame. Alors, où ça se trouve ?

Sandy : On va d'abord passer au salon.

M. Brown : Vous avez ça au salon ?

Les filles : Hein ?

Sandy : Non, venez vous asseoir au salon !

M. Brown : Je ne sais pas si je devrais.

Débora : Oui, oui, je vous en prie.

M. Brown : C'est vous qui décidez !

Les trois s'assoient dans le sofa. Un petit silence gêné.

Sandy : Vous qui êtes dans les affaires, vous auriez pas un petit tuyau pour nous.

M. Brown : Ah, des tuyaux, j'en ai plusieurs : des petits, des longs, des minces, des larges, mais les meilleurs, à mon avis, ce sont ceux en cuivre.

Débora : Vous voulez dire qu'on devrait investir dans les mines de cuivre.

M. Brown : Pardon ?

Sandy : Si je vous demande ça, c'est que je suis un peu à sec par les temps qui courent. J'ai besoin d'être remis à flot.

M. Brown : Si vous êtes à sec, vous n'avez qu'à ouvrir la valve et l'eau va jaillir.

Déborah : J'aime votre manière de parler, c'est très imagée.

Tout d'un coup Jimmy sors en criant de la chambre de Judith, il est plein de rouge à lèvre. Il va en avant de la scène.

Jimmy : Au secours, quelqu'un, sauvez-moi !

Judith le rattrape par le collet et le remet dans sa chambre.

Judith : Bon cette fois, je vais barrer la porte et il ne pourra s'échapper. (Vers les trois autres) Excusez mon nouveau copain, il est un peu trop extraverti. Bon, je vais me préparer comme il faut.

Judith s'en va dans la salle de bain.

Sandy : Ça me fait penser, passons à la cuisine. On va y être plus tranquille.

Débora : Vous désirez un petit café ?

M. Brown : Je ne sais pas si je devrais ?

Sandy : Allez, laissez-vous gâter un peu !

M. Brown : Et pourquoi pas !

M. Brown, Débora et Sandy s'en vont à la cuisine.

Judith sort de la toilette encore mouillée.

Judith : Le robinet gicle encore, le plombier n'est même pas encore venu. Et on m'avait parlé d'un service rapide !!!

Ça cogne à la porte.

Judith : Tiens ! Ça doit être lui !

Judith va à la porte.

M. Caloway : Je viens pour le travail !

Judith : Il commence à être temps que vous arriviez. Tu me parles d'un service rapide. Je n'ai pas de temps à perdre. La salle de toilette est là.

M. Caloway : Pardon ?

Judith : J'ai dit la salle de toilette est là. Dépêchez-vous !

Judith prend M. Caloway par la cravate et l'entraîne dans la salle de toilette.

Judith : Faites ça rapidement, on a pas beaucoup d'argent... Et je ne veux pas vous voir avant que ce soit fini.

Judith va vers sa chambre, débarre la porte et entre.

Judith en coulisse : Je suis à toi mon amour !

Débora revient.

Débora : Il me semble que j'ai entendu cogner.

On entend M. Caloway qui crie. Il sort de la toilette et il est tout mouillé.

Débora : Ah ! Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous voulez ?

M. Caloway : Je suis Henri Caloway, agent d'artiste et de mannequin. Je suis venu rencontrer une certaine mademoiselle Sandy Smith. J'ai cogné et une espèce de folle m'a enfermé dans les toilettes.

Débora : Excusez-nous ! Ça doit être Judith, elle est un peu spéciale parfois, mais c'est une gentille fille.

M. Caloway : J'ai voulu prendre un verre d'eau et je me suis fait arroser.

Débora : Attendez, je vais vous amener une serviette.

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