Je veux avoir la paix !

Style/Thème :
Un texte dynamique qui met en parallèle un monde en guerre et un autre en paix.
Lieux :
Deux appartements sur la même scène ; l'un est le miroir de l'autre.
Nombre de comédiens :
10
Durée :
Environ 30 minutes
Âge :
8 à 13 ans
Niveau :
Intermédiaire
Résumé :
Mara mène une vie tranquille en Occident, alors que Tara voit son quotidien bouleversé par la dure réalité de la guerre. Par un extraordinaire concours de circonstances, elles vont entrer en contact et correspondre. Elles vont se rendre compte que même si elles évoluent dans des contextes différents, les deux jeunes filles se ressemblent et ont les mêmes aspirations. Trop souvent nous oublions que nous sommes chanceux de vivre dans un pays en paix.

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Extrait du texte

Je veux avoir la paix !

par Luc Boulanger

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Les personnages

Tara, une adolescente
Lian, son frère
Peter, son père
Camira, sa mère
Oncle Raffi

Mara, une adolescente
Loïc, son frère
Pierre, son père
Karina, sa mère
Oncle Ralph

Décors :

La scène est divisée en deux; d’un côté l’appartement de la famille de Mara et de l’autre, celui de la famille de Tara. Le décor d’un appartement est le miroir de l’autre, mais les accessoires, les couleurs et les ornements sont différents. Mara vit en Occident au sein d’une famille de classe moyenne, alors que la famille de Tara connaît les privations de la guerre dans un pays non identifié.

Ce texte est protégé par les lois sur le droit d’auteur. Avant de le reproduire (le photocopier), le présenter devant public ou le publier sur papier ou de façon électronique, assurez-vous d’avoir les autorisations requises. 

Scène 1

Tara et Mara entrent en même temps; chacune dans son appartement respectif. Visiblement, elles sont perturbées. Elles s’assoient pour bouder.
 

Camira va rejoindre Tara : Pourquoi reviens-tu si tôt ?

Tara : J’étais au parc. J’avais envie de lire dehors à l’ombre d’un arbre. Ça ne faisait pas deux minutes que j’avais ouvert mon livre qu’un Gardien de la Révolution m’a abordée.

Camira inquiète : Je t’avais demandé de ne pas lire à l’extérieur.

Tara : Il a exigé que je lui remette mon livre.
 

Karina va rejoindre Mara : Pourquoi reviens-tu si tôt ?

Mara : J’étais à la cafétéria. J’avais envie de répondre au dernier message que Lydia m’avait envoyé. Ça ne faisait pas deux minutes que j’avais ouvert mon téléphone qu’un gardien de sécurité m’a abordée.

Karina inquiète : Je t’avais demandé de ne pas l’utiliser à l’école.

Mara : Il a exigé que je lui remette mon téléphone.


Camira : Ne me dis pas que tu lui as tenu tête.

Tara : Bien sûr que j’ai refusé. C’est mon livre !

Camira : Ah non !

Tara : Alors il m’a menacé en mettant son fusil entre mes deux yeux et m’a répondu que les filles n’ont pas besoin de savoir lire pour élever les enfants et préparer les repas.

Karina : Ne me dis pas que tu lui as tenu tête.
 

Mara : Bien sûr que j’ai refusé. C’est mon téléphone !

Karina : Ah non !

Mara : Alors il m’a menacée en mettant son doigt entre mes deux yeux et m’a répondu que les filles impertinentes comme moi se font exclure de l’école et travaillent toute leur vie au SMIG (ou au salaire minimum pour le Québec).
 

Les deux mères se prennent le front.
 

Tara : Alors, je me suis levée d’un bond. Je lui ai donné le livre et je suis revenue ici directement sans regarder en arrière.

Camira : Il t’a peut-être suivie. Il sait où tu demeures maintenant. Il pourrait revenir te harceler.

Pour toute réponse Tara hausse les épaules.

Tara : C’était un roman très intéressant. Je ne pourrai jamais le terminer.
 

Mara : Alors, je me suis levée d’un bond. Je lui ai donné le téléphone et je suis revenu ici directement sans regarder en arrière.

Karina : T’es partie sans avertir personne. Mais ils vont rappeler et il faudra de nouveau rencontrer la directrice.

Pour toute réponse Mara hausse les épaules.

Mara : J’avais une conversation très intéressante avec Lydia. Je n’ai pas pu la terminer.
 

Peter arrive avec Lian.

Peter : Nous voilà ! Désolé pour le retard. Avec tous ces barrages, on ne peut pas faire les trois kilomètres qui nous séparent de l’école de Lian sans être contrôlé.

Lian : Est-ce que vous êtes prêtes ? Si on se dépêche, on va arriver avant la fermeture du marché. Il paraît qu’ils ont reçu du chocolat et des oranges.

Camira : Désolée de vous décevoir, mais ici, on est en pleine crise.

Peter : Ne me dis pas que Tara a encore fait des siennes.

Pour toute réponse, Camira, avec sa main, montre sa fille qui boude.

Lian : Je pense que je ferais mieux d’oublier le chocolat.
 

Pierre arrive avec Loïc.

Pierre : Nous voilà! Désolé pour le retard. Avec tous ces travaux sur les routes, on ne peut pas faire les trois kilomètres qui nous séparent de l’école de Loïc sans être coincé dans le trafic.

Loïc : Est-ce que vous êtes prêtes ? Si on se dépêche, on va arriver avant la fermeture du SuperMégaEntrepôt. Aujourd’hui, c’est la journée à cinquante pour cent. Je pourrais m’acheter le jeu «Battle of war» à moitié prix.

Karina : Désolée de vous décevoir, mais ici, on est en pleine crise.

Pierre : Ne me dis pas que Mara a encore fait des siennes.

Pour toute réponse, Karina, avec sa main, montre sa fille qui boude.

Loïc : Je pense que je ferais mieux d’oublier mon jeu vidéo.
 

Tara : Je voudrais tellement aller à l’école.

Peter : Pour l’instant, c’est impossible.

Tara : Pourquoi ?

Peter : Trop risqué.

Tara : Mais, je veux apprendre.

Peter : Les Gardiens de la Révolution l’ont interdit. Les filles ne peuvent plus aller à l’école.

Tara en jetant un regard vers sa mère : C’est injuste !

Camira baisse les yeux.

Peter : Tu as encore de la chance que ta mère soit allée à l’université et qu’elle puisse te donner des cours à la maison.

Lian : Et je suis là moi aussi. Je lui montre tout ce que j’apprends en classe.
 

Mara : Je voudrais tellement ne plus aller à l’école.

Pierre : Tu sais bien que c’est impossible.

Mara : Pourquoi ?

Pierre : Pour réussir aujourd’hui, il faut être éduqué.

Mara : Mais, je sais même pas ce que je veux faire dans la vie.

Pierre : De toutes façons, la loi oblige les enfants à aller à l’école jusqu’à l’âge de 16 ans.

Mara : C’est injuste !

Découragée, Karina hausse les épaules.

Pierre : Tu ne réalises pas la chance que tu as. Autrefois, peu de filles poursuivaient leurs études. Maintenant, elles sont majoritaires à l’université.

Loïc à Mara : Tu sais que je suis toujours là. Si t’as besoin d’aide pour tes devoirs, je peux t’aider.
 

Oncle Raffi apparaît subitement par la porte.

Oncle Raffi : Bonjour la petite famille !

Peter, Camira, Lian et Tara : Oncle Raffi !

Oncle Raffi : Comme le génie de la lampe d’Aladin, j’apparais quand vous en avez besoin.

Peter : Tu es toujours le bienvenu chez-nous.
 

Oncle Ralph apparaît subitement par la porte.

Oncle Ralph : Bonjour la petite famille !

Pierre, Mère, Loïc et Mara : Oncle Ralph !

Oncle Ralph : Avec l’oncle Ralph, c’est Noël à longueur d’année.

Pierre : Tu es toujours le bienvenu chez-nous.
 

Oncle Raffi : Très tôt ce matin, je me suis rendu au port. Un navire déchargeait toute une cargaison de vieux ordinateurs en provenance de l’Occident. J’ai réussi à trouver un portable qui semble fonctionner. J’ai alors pensé à ma nièce adorée et à mon neveu préféré.

Il sort le portable d’un sac.

Lian : Wow ! Tu es certain qu’il fonctionne ?

Oncle Raffi : J’ai demandé à un ami de le vérifier et il est impeccable. Il n’est pas très puissant, mais pour écrire des textes et jouer à des jeux simples, ça ira.

Tara qui tend sa main vers le portable : On peut l’essayer ?

Oncle Raffi en éloignant le portable : Pas trop vite. Vous devez me donner quelque chose en retour.

Lian : Quoi ?

 

Oncle Ralph : Très tôt ce matin, je me suis rendu au magasin Électroshop pour être là à l’ouverture. C’était aujourd’hui qu’on mettait en vente la toute dernière génération de la SuperTablette HDX. Je m’en suis acheté une pour moi, mais j’ai aussi pensé à ma nièce adorée et à mon neveu préféré.

Il sort la tablette d’un sac.

Loïc : Wow ! Est-ce qu’elle est prête à fonctionner ?

Oncle Ralph : J’ai demandé à un ami de vous installer la toute dernière version du système d’exploitation. C’est une machine ultra-puissante. Vous pourrez jouer à des jeux sophistiqués et même faire du montage vidéo comme des pros.

Mara qui tend sa main vers la tablette : On peut l’essayer ?

Oncle Ralph en éloignant le portable : Pas trop vite. Vous devez me donner quelque chose en retour.

Loïc : Quoi ?
 

Oncle Ralph et oncle Raffi en même temps et en montant leur joue : Un bisou !
 

Chez les deux familles, les deux enfants se placent de chaque côté de leur oncle pour lui donner un bisou.
 

Mara : Elle est vraiment légère pour une tablette.

Oncle Ralph : C’est le nec plus ultra !

Karina : Qu’est-ce que vous avez fait de l’ancien portable ?

Loïc : Nous l’avons donné à un vieux marchand qui recycle les ordinateurs. Ainsi, il va peut-être pouvoir servir à quelqu’un d’autre.

Mara : Quelqu’un d’autre qui n’est pas trop exigeant.

Pierre : Parfois, nos ordinateurs sont revendus dans d’autres pays à des gens qui n’ont pas la chance comme nous de vivre dans un milieu privilégié.

Oncle Ralph : On vit dans un monde rempli de possibilités et il faut en profiter.

Mara qui reprend le portable : Je veux l’essayer maintenant.
 

Tara : Il est vraiment lourd pour un portable.

Oncle Raffi : Ce n’est pas le nec plus ultra !

Camira : Regardez, une inscription est gravée sur le dessus.

Lian qui s’empare du portable pour voir l’inscription : À Mara Dumoulin. On peut aussi lire son numéro de téléphone et son adresse courriel.

Tara : Son prénom ressemble au mien. Je me demande où elle demeure ?

Peter : Nos ordinateurs viennent de d’autres pays et ils appartenaient à des gens qui ont la chance de vivre dans un milieu privilégié.

Oncle Raffi : Un jour la guerre se terminera et nous pourrons de nouveau profiter de conditions convenables.

Tara qui reprend le portable : Je veux l’essayer maintenant.
 

Chez les deux familles, les enfants placent l’ordinateur sur la table et s’installent devant.

Karina à Ralph : Merci mon grand frère. Les enfants t’adorent.

Ralph : Ce sont mes seuls neveu et nièce. Plus personnes ne fait d’enfant aujourd’hui, moi y compris. Il faut bien que je fasse ma part.

Pierre : Tu dépenses sans compter. Sois plus raisonnable.

Ralph : J’ai de bons contacts qui me font de bons prix.

Karina : Mara m’inquiète. Rien ne semble l’intéresser à part Facebook et les jeux vidéo.

Raph : Il faut lui montrer à mieux se servir d’un ordinateur.
 

Camira à Raffi : Merci mon grand frère. Les enfants t’adorent.

Raffi : Vous êtes la seule famille qui me reste. Tout le monde est mort ou parti à l’étranger. Il faut bien que je vous gâte un peu.

Peter : Ne prends pas de risque pour nous. Sois prudent.

Raffi : N’ayez pas peur. Mes contacts sont fiables.

Camira : Tara m’inquiète. Je crois qu’elle se sent un peu trop à l’étroit depuis qu’elle ne peut plus aller à l’école.

Raffi : Grâce à internet, elle pourra voyager un peu.
 

Pierre : Est-ce que tu as des nouvelles de la vieille tante Suzanna ?

Ralph : Elles sont très bonnes. Elle a pu bénéficier d’un nouveau type de traitement et son cancer est en voie de guérison.

Pierre : Quoi qu’on en dise, nous avons un système de santé efficace. Tu restes avec nous pour le repas ?

Ralph : Non, merci. J’ai une présentation à préparer pour demain matin.

Karina : Tu travailles beaucoup trop. Bon, je te reconduis.

Pierre : Tu pourrais revenir la semaine prochaine. Nous fêtons le début de la saison de ski.

Ralph : Bonne idée! J’apporterai une surprise !

Loïc qui se dirige vers l’oncle Ralph : Apporte-nous la dernière version du jeu «Battle of war» !

Karina : Tu devrais plutôt dire merci au lieu d’en redemander.

Loïc : Merci oncle Ralph. Je t’aime beaucoup.

L’oncle Ralph le serre dans ses bras. Le père, la mère, Loïc et l’oncle Ralph quittent.
 

Peter : Est-ce que tu as des nouvelles de la vieille tante Zushina ?

Raffi : Elles ne sont pas très bonnes. L’hôpital où elle devait soigner son cancer a été réquisitionné par l’armée. Son traitement devra donc attendre.

Peter : Mieux vaut ne pas être malade dans ce pays. Tu restes avec nous pour le repas ?

Raffi : Non, merci. Je préfère y aller avant que la nuit tombe. C’est plus prudent.

Camira : Tu as raison. Je te reconduis.

Peter : Tu pourrais revenir la semaine prochaine pour la fête de la nouvelle lune.

Raffi : Bonne idée ! J’apporterai une surprise !

Lian qui se dirige vers l’oncle Raffi : Apporte-nous du chocolat et des oranges.

Camira : Tu devrais plutôt dire merci au lieu d’en redemander.

Lian : Merci oncle Raffi. Je t’aime beaucoup.

L’oncle Raffi le serre dans ses bras. Le père, la mère, Lian et l’oncle Raffi quittent.

 

Scène deux

Mara est toujours seule devant l’écran. Sa mère vient la rejoindre.

Karina : Qu’est-ce que tu fais ?

Mara : Rien.

Karina : Tu joues à un jeu ?

Mara : Ouais.

Karina : Quel est le but du jeu ?

Mara : Il faut couper des fruits en deux sans attraper les bombes.

Karina : Est-ce que tu as eu le temps de terminer tes devoirs ?

Mara : Hum ! Non !

Karina : Je peux t’aider si tu veux.

Mara : Je sais pas... Ha!!!

Karina : Qu’est-ce qu’il y a ?

Mara : J’ai frappé une bombe.

Karina : T’as pas un oral à préparer ?

Mara : Oui, mais j’ai pas d’idée.

Karina : Quel est le sujet ?

Mara : Je dois trouver un sujet d’actualité internationale.

Karina : C’est quand même assez vaste comme domaine. Tu pourrais choisir l’environnement.

Mara : L’environnement, ça me dit rien.

Karina : Utilise ton portable pour chercher dans internet.

Mara : Je ne sais pas par où commencer.

Karina : Je vais t’aider.

Mara : Non, non, je suis assez grande pour faire mes devoirs toute seule.

Karina : Bien. Je peux donc te faire confiance ?

Mara : Oui !

Karina : Parfait.

Avant de partir, la mère jette un dernier coup d’oeil pour voir si Mara fait son travail.

Scène 3

Tara est toujours seule devant l’écran. Sa mère vient la rejoindre.

Camira : Qu’est-ce que tu fais ?

Tara : Rien.

Camira : Qui sont les gens sur la photo ?

Tara : Je ne sais pas trop. C’est resté dans le portable. On dirait qu’ils ont oublié de tout effacer.

Camira : Ah bon. Étrange.

Tara qui montre une photo sur l’écran : C’est probablement Mara et sa famille.

Camira : Qui est Mara ?

Tara : La jeune fille dont le nom est gravé sur le portable.

Camira : Qui te dit que c’est la jeune fille ? C’est peut-être la mère.

Tara : Je suis certain que c’est la jeune fille. On la voit souvent. Elle aime se prendre en photo.

Tara fait un mouvement pour faire glisser les photos.

Camira : Ils sont quatre comme nous... Ils ont l’air de s’amuser.

Tara : Ils se baignent dans une piscine... et ils s’arrosent avec des fusils.

Camira : S’ils connaissaient la guerre, ils ne joueraient pas avec des fusils.

Tara : Dire que l’eau est rationnée ici, alors que là-bas, ils la gaspillent.

Camira : Je n’aime pas ces photos, tu devrais les détruire.

Tara : Non, moi je les aime. Ça me laisse espérer, ça me laisse voir qu’il y a un monde meilleur quelque part.

Camira : Ces gens seraient sûrement fâchés s’ils savaient qu’on fouille dans leur vie privée.

Tara : Je pense plutôt que c’est un message... comme une bouteille à la mer. Ils ont autant besoin de nous qu’on a besoin d’eux.

Camira : De quoi ces gens pourraient-ils avoir besoin. Ils ont déjà tout !

Tara : Non, ils n’ont pas tout. Demain, je vais me rendre au café pour me brancher à internet. Je vais écrire un message à Mara pour qu’elle devienne mon amie.

Camira : Je pourrais toujours demander à Raffi de nous installer un réseau wi-fi.

Tara : Ça serait super.

Camira : Je vais lui téléphoner.

La mère sort. Tara reste devant l’ordinateur.

Scène 4

Loïc : C’est mon tour d’avoir la tablette.

Mara : Non.

Loïc : Pourquoi Non ? Tu la gardes comme ton trésor, ton précieux. Je ne peux jamais y toucher.

Mara : J’écris à une amie.

Loïc : Tu les vois tous les jours à l’école tes amies.

Mara : Pas celle-là. Elle habite de l’autre côté de la planète.

Loïc : De l’autre côté de la planète ! Tu l’as rencontré où ?

Mara : C’est elle qui m’a contacté. Elle a reçu notre ancien portable en cadeau et nos données sont encore dedans. C’est cool non ?

Loïc : Ça veut dire qu’elle a vu les photos où je suis en caleçon avec mon bonnet de lutin. (pour le Québec : où je suis en bobettes avec ma tuque de lutin).

Pierre : Mara, Loïc, fermez la tablette. Il faut se préparer. Oncle Ralph va arriver d’une minute à l’autre.

Mara : Il est toujours en retard de toutes façons.

Pierre : Allez, on ne discute pas.

Mara : Je suis en train de faire mes devoirs. Tu ne vas sûrement pas m’en empêcher.

Pierre un peu surpris : Ah bon !

Mara : Dis papa, est-ce que tu sais ce qu’est une roquette ?

Pierre : C’est un type de laitue, je crois.

Loïc : Je pense que tu veux plutôt parler de petits missiles qui sont tirés avec un lanceur qui ressemble à un bazooka.

Mara : Probablement oui. Et vous connaissez le roman «Guerre et Paix» ?

Pierre : Si ma mémoire est bonne, il s’agit d’un roman russe. Un bon pavé (Pour le Québec : Une bonne brique). Dis donc, tu en poses des drôles de questions !

Mara : Tu devrais être content. Je prépare mon oral.

Pierre : Je suis content. Surpris même, agréablement surpris.

Karina : Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Vous n'êtes pas encore prêts !

Mara : Est-ce que je peux avoir la paix deux minutes ? Impossible de se concentrer.

Karina : Mais c'est quoi, ces manières ?

Loïc : Madame la princesse a besoin de tranquillité pour travailler.

Pierre : La paix, un bien petit mot pour un si grand concept.

L’oncle Ralph arrive à ce moment.

Ralph : Allo tout le monde !

Loïc et Mara se jettent dans les bras de l’oncle Ralph.

Ralph : Je suis content de vous revoir mes petits cocos.

Loïc : Est-ce que tu nous as apporté des cadeaux ?

Karina : S’il-te-plaît Loïc !

Ralph sans porter attention à la remarque de la mère : Attendez que je me rappelle. Ah oui ! Je devrais trouver quelque chose pour vous dans mon sac. Je crois qu’il s’agit d’un DVD autographié de Justin Bieber (ou autre vedette à la mode).

Mara qui saute dans les airs : Super !

Ralph : Et j’ai aussi la dernière version du jeu «Battle of war».

Loïc : Pas croyable !

Karina : Vraiment Ralph, tu les gâtes trop.

Ralph : Mais non. Tu peux pas savoir le plaisir que j’en retire. J’ai l’impression de retourner en enfance.

Le père met la main sur l’épaule de Ralph en signe de remerciement.

Ralph : Ce n’est pas tout. J’ai aussi des billets pour le match de ce soir des (équipe sportive populaire).

Loïc : Trop cool !

Ralph : Il faudrait partir immédiatement si on veut arriver à temps.

Karina : Mais... mon souper ?

Pierre : On le mangera demain. T’imagine, de billets des (équipe sportive populaire). C’est pratiquement impossible de s’en procurer. Il faut en profiter !

Ralph, Pierre et les enfants quittent frénétiquement. La mère, un peu décontenancée, les suit peu après.

 

Scène 5

Lian : C’est mon tour d’avoir le portable.

Tara : Non.

Lian : Pourquoi Non ? Tu le gardes comme une pieuvre entoure sa proie. Depuis que l’oncle Raffi nous a installé un réseau wi-fi, je ne peux jamais y toucher.

Tara : J’écris à une amie.

Lian : Tu as une amie toi ?

Tara : Oui. Elle habite de l’autre côté de la planète.

Lian : De l’autre côté de la planète ! Comment l’as-tu rencontrée ?

Tara : C’est la jeune fille à qui appartenait ce portable. Je lui ai envoyé un message et elle m’a répondu. Depuis, on correspond. C’est dingue non !

Lian : Tu peux lui demander qu’elle nous fasse parvenir du chocolat et des oranges.

Tara est très concentrée sur l’écran du portable. Le père arrive un peu paniqué.

Peter : Tara, Lian, fermez le portable.

Tara : Je sais. Oncle Raffi s’en vient. Mais il est toujours en retard de toutes façons.

Peter : Écoutez-moi ! Il faut se préparer à partir. Les Forces Gouvernementales s’apprêtent à envahir la ville.

Mara, toujours concentrée, semble ne rien avoir entendu.

Lian : Est-ce qu’ils vont gagner papa ? Est-ce qu’ils vont enfin chasser les Gardiens de la Révolution ?

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Avoir la paix - tableau des répliques

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Droits d'auteur (FAQ)

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Auteur

Luc Boulanger

Luc Boulanger auteurDétenteur d’un certificat de deuxième cycle en journalisme, c’est d’abord avec sa plume que Luc Boulanger s’est démarqué. Il a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre qui sont diffusées dans internet et jouées partout sur la planète ; de Fermont au Kirghizistan, en passant par Singapour et Genève.

Il est cofondateur de la troupe de théâtre Animagination qui présente depuis plus de 25 ans des spectacles pour jeune public. En plus de concevoir les pièces, il est également comédien. La troupe se produit entre 50 et 100 fois par année au Québec et dans la francophonie canadienne. Animagination a eu la chance de travailler avec l’auteur Dominique Demers pour la conception et la présentation d’une pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Mademoiselle Charlotte.

En 1996, il a participé à la création du centre d’art La Chapelle, la salle de spectacles de son quartier dont il fut le premier coordonnateur durant trois ans. Il est resté un collaborateur actif du lieu et plusieurs de ses productions théâtrales sont présentées en primeur à La Chapelle.

Luc Boulanger a énormément travaillé comme animateur auprès des jeunes et des adultes. Il a notamment accompagné plusieurs groupes de voyageurs, visitant ainsi plus de 25 pays. Aujourd’hui, il agit davantage en tant que formateur en théâtre, en improvisation et en cinéma. Il fait partie de la liste de ressources du programme «Écrivains à l’école» subventionné par le ministère de l’Éducation. Une de ces expériences marquantes en tant que formateur est une série de trois séjours au Nunavik pour enseigner à de jeunes animateurs Inuits.

Grand amateur de cinéma, Luc réalise des films et des clips vidéo depuis qu’il a dix ans. Lors d’un voyage en Allemagne pour assister à une de ses pièces jouées en allemand, il a monté un reportage en utilisant seulement son iPhone. D’ailleurs, il est un passionné d’informatique, il connaît bien le langage HTML et explore constamment le logiciel Photoshop. Il conçoit la plupart des affiches de ses spectacles et adore la photographie de plein air. À l’occasion, il accepte des contrats de photos.

Membre de l’Union des Artistes (UDA) et président du conseil d’administration de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), Luc Boulanger est interpelé par les conditions socio-économiques de ses pairs. Il est ainsi un des fondateurs du Regroupement énergique des petites entreprises de théâtre (RÉPET) qui vise à valoriser le travail des artistes de théâtre qui s’autoproduisent.

En septembre 2013, Luc Boulanger a reçu une médaille de l’Assemblée nationale pour la diffusion de ses oeuvres et son implication dans son milieu.

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