Le Parc-en-ciel

De Luc Boulanger
Style/Thème :
Comédie sur la place grandissante de l'argent et du paraître dans notre société.
Lieux :
Un parc municipal
Nombre de comédiens :
Entre 18 et 28
Durée :
50 minutes
Âge :
8 à 13 ans
Niveau :
Intermédiaire
Résumé :

Un parc dans une petite ville, un banc, un buisson. Un lieu tout simple qui sera le théâtre de péripéties étonnantes. Deux bandits qui ont volé la banque cachent leur magot sous un buisson. Par hasard, des enfants retrouvent l’argent. Comment vont-ils réagir ? Le garder pour eux ou le rendre ? Leur choix aura des répercussions inattendues pour les habitués du parc.

Une pièce de 28 personnages conçue spécialement pour les troupes nombreuses. Des répliques simples et efficaces, bien partagées et des aventures rocambolesques qui plairont aux jeunes et aux moins jeunes.

Un succès international joué dans plus de 20 pays.

Extrait du texte plus bas

Availability: En stock

32,90 €
Au Canada, des taxes peuvent s’ajouter.

Vous pourrez télécharger le texte de la pièce de théâtre tout de suite après la transaction (en format PDF)

Nos pièces de théâtre ont été jouées au quatre coins de la francophonie. En savoir plus...

Pour toute information
Contactez-nous

Extrait du texte

Le Parc-en-ciel

par Luc Boulanger

IMPRIMER

Style/Thème :  Comédie
Lieux : Un parc municipal
Nb de comédiens : 18 à 28
Durée : 50 minutes
Niveau : Intermédiaire

Les personnages

Sans-abri
Coureur de jogging
Gérard, le grand-père de Marguerite
Marguerite, petite fille curieuse de quatre ou cinq ans
Alycia, jeune fille de type intello avec de grandes lunettes
Jennifer, cheerleader
Florence, cheerleader
Victoria, cheerleader
Policier
Radio, voix off ou pré-enregristrée
Jim, bandit plutôt intelligent
Sam, bandit plutôt niais
Mme Desbiens, une dame bien mise
Jardinier
Désirée, amoureuse de Placide
Placide, amoureux de Désirée
Chrystine, mère de la petite Marguerite
Benjamin, jeune intello plutôt gourmand, grandes lunettes
Marc-Antoine, jeune intello plutôt astucieux, grandes lunettes
Journaliste
Réalisatrice
Caméraman
Steve Star, vedette de cinéma, parle seulement en anglais
Bella Beauty, vedette de cinéma, parle seulement en anglais
Rose, fillette de Steve et Bella, parle seulement en anglais
Enquêteur, complet noir et lunettes noires
Timmy, jeune garçon
Tommy, jeune garçon

Ce texte est protégé par les lois sur le droit d’auteur. Avant de le reproduire (le photocopier), le présenter devant public ou le publier sur papier ou de façon électronique, assurez-vous d’avoir les autorisations requises. 

Scène 1 : Le sans-abri, le coureur, Gérald, Marguerite.

Le sans-abri déambule dans le parc. Il aperçoit un sac de papier dans la poubelle. Il se penche et le ramasse. Il s’agit de restants de repas de restauration rapide. Le sans-abri grignote quelques restants.

Le coureur de jogging passe en regardant attentivement l’écran de son téléphone intelligent. Il s’arrête pour mesurer son pouls. Le sans-abri se dirige vers lui.

Sans-abri : Excusez-moi monsieur. Auriez-vous un dollar ou deux ? J’ai faim.

Le coureur lui fait signe que non et continue sa route. Le sans-abri quitte pendant que Marguerite arrive en courant. Son grand-père, Gérald, tente de la suivre.

Gérald : Où tu t’en vas comme ça Marguerite ?

Marguerite : Je vais trouver un arc-en-ciel.

Gérald : Vas pas trop vite, Papy a plus vingt ans.

Marguerite : Pourquoi t’as plus vingt ans ?

Gérald : Parce qu’on vieillit tous ?

Marguerite : Pourquoi on vieillit tous ?

Gérald : C’est le cycle de la vie.

Marguerite : Pourquoi c’est le cycle de la vie ?

Gérald : Je te dis que t’en poses des questions toi.

Marguerite : Pourquoi j’en pose des questions ?

Gérald : Parce que t’es curieuse et intelligente. On t’aime comme ça.

Marguerite : Viens, Papy, viens avec moi.

Marguerite sort en courant.

Gérald qui quitte en tentant d’aller plus vite : Ah mes pauvres genoux ! Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humilité.

 

Scène 2 : Alycia, Jennifer, Florence et Victoria.

Jennifer, Florence et Victoria font partie de l’équipe de cheerleading (ou de gymnastique) de l’école. Elles viennent s’entraîner au parc. Elles arrivent l’une derrière l’autre en cadence. Une fois au centre de la scène, elles se tournent vers le public. Victoria est au milieu, elle avance d’un pas.

Victoria : Qui sont les meilleures ?

Jennifer et Florence : Qui sont les meilleures ?

Victoria : Évidemment, c’est nous.

Jennifer et Florence : Évidemment, c’est nous.

Les trois ensembles : B-R-A-V-O, bravo aux cheerleaders de l’école du Parc-en-ciel.

Elles terminent avec quelques gestes de gymnastique propres à cette discipline. Alycia est arrivée durant leur chorégraphie, mais est restée en retrait. Alycia a un style intello ; un jeans, un t-shirt, de grandes lunettes.

Jennifer : Est-ce que vous pensez qu’on est prêtes les filles ?

Florence : On manque encore de synchronisme.

Victoria : Il va falloir s’y mettre, il ne reste plus que deux jours avant la compétition.

Alycia qui s’avance vers les trois filles : Moi, je vous trouve pas mal bonnes.

Jennifer, Florence et Victoria s’échangent des sourires moqueurs.

Victoria : Allo Alycia. T’es pas avec ton club de scientifiques ?

Florence : En train de disséquer des grenouilles ou de regarder des microbes au télescope.

Jennifer : Ouash !

Alycia : On observe les microbes avec un «microscope». C’est où votre compétition ?

Jennifer : C’est à (grande ville). Il va y avoir des clubs de tous les coins du pays. Ça va être le party !

Alycia : J’aimerais ça moi aussi aller à des compétitions et faire le party.

Victoria : Pour être une cheerleader, il faut avoir du style.

Alycia : Quand je veux, je peux avoir du style.

Florence : Il faudrait revoir ta garde-robe.

Jennifer : Et changer tes lunettes.

Victoria faussement complice : C’est pour t’aider qu’on te donne des conseils.

Alycia : Je comprends.

Jennifer : Ça prend un bon budget pour être membre de notre club.

Florence : Tes parents doivent être capables de fournir pour payer les compétitions, les voyages, les hôtels, les restaurants.

Alycia qui essaie de se convaincre elle-même : Mes parents, ben... ma mère 
est capable.

Victoria : Les concours scientifiques coûtent probablement moins cher.

Florence : Je me demande à quoi ça ressemble les compétitions d’intellos.

Jennifer : Ils sont tous connectés à leur ordi et se parlent à travers leurs avatars.

Victoria : Bonsoir l’ambiance !

Les trois cheerleaders rigolent.

Jennifer : Vaudrait mieux y aller les filles, il commence à être tard.

Florence : On doit se garder en forme pour la compétition.

Victoria : Au revoir Alycia !

Les trois cheerleaders s’en vont en laissant Alycia seule. Celle-ci a une montée de frustration. Elle quitte fâchée.  

 

Scène 3 : Le policier, la radio, le coureur, Jim et Sam.

Le policier arrive en courant. Il s’arrête sur le devant de la scène.

Policier en parlant dans la radio qu’il a sur l’épaule : J’ai perdu leur trace.

Radio (voix hors champ ou pré-enregistrée) : Ils ne peuvent pas être bien loin.

Policier : Je sais. J’étais à leur poursuite, je les rattrapais, mais j’ai été aveuglé par les phares d’une voiture. Ils en ont profité pour s’éclipser.

Radio : Nous avons cinq voitures qui cernent le quartier. Ils ne pourront pas s’échapper.

Policier : Soyons vigilants. Ils sont vêtus de noir, ils pourraient nous glisser entre les doigts.

Radio : Un témoin les a aperçus sur la rue Principale.

Policier : J’y cours tout de suite.

Le policier part rapidement. En arrière-scène, deux silhouettes se dessinent.

Jim : Ça fonctionne. Nous l’avons semé.

Sam : T’as eu une bonne idée Jim.

Jim : C’est un vieux truc. Quand t’es en cavale, t’appelles les policiers, tu te fais passer pour un témoin et tu les mets sur une fausse piste.

Sam : Ils sont tombés dans le panneau. Le policier est parti vers la rue Principale, alors que nous sommes ici.

Jim : Ouais ! Vive les téléphones portables.

Sam : Quelle est la suite du plan Jim ?

Jim : Je te l’ai répété mille fois. Est-ce que t’as un carré de beurre à la place du 
cerveau ?

Sam : Pardon Jim. Maintenant, on s’habille en vieilles dames...

Jim : Et on passe incognito. Sors les déguisements.

Sam : Eh Jim, j’ai oublié le sac à la banque.

Jim : Quoi ? Espèce d’idiot !

Le coureur s’arrête et, intrigué, observe les deux bandits. Il prend son téléphone intelligent pour les filmer.

Sam : Je m’excuse Jim. Quand l’alarme s’est mise à sonner, j’ai couru à toute vitesse en oubliant le sac. Je suis désolé. Je sais que je ne suis pas un génie comme toi...

Jim : Tais-toi. Je dois réfléchir pour trouver un nouveau plan.

Sam : Te fâche pas Jim. T’es mon seul copain. Sans toi, je serais dans la rue. Mais maintenant que j’apprends comment voler les banques, je vais avoir un métier et ma maman pourra enfin être fière de moi.

Jim : Tais-toi, j’ai dit.

Jim aperçoit le coureur.

Jim : Nous sommes découverts.

Sam : Eh ! Quoi ?

En entendant cela, le coureur s’enfuit. 

Jim : Nous avons été repérés à cause de toi et de tes étourderies.

Sam : Dans le noir, il ne pourra pas nous identifier.

Jim : Il était en train de nous filmer avec son satané téléphone portable. Il va nous dénoncer aux autorités.

Sam : Ah non ! C’est de ma faute. Je suis un bon à rien.

Jim : Arrête de te plaindre. Il faut agir rapidement. Comme on risque de se faire attraper, on va cacher l’argent quelque part.

Sam : Mais où ?

Jim : Il faut l’enterrer à un endroit où personne ne le trouvera.

Sam : Sous ce buisson, regarde, le sol est facile à creuser.

Jim : Enfin t’as une bonne idée.

Sam : Merci Jim.

Jim : Vite, creusons.

Sam: Je fais tout ce que je peux Jim.

Jim : Si on se fait attraper, il ne faut surtout pas dire où se cache le magot. Au moins, quand nous sortirons de prison, nous pourrons récupérer l’argent.

Sam : C’est bien de travailler avec un gars d’expérience comme toi Jim.

Jim : Ouais, mais maintenant, nous allons partir chacun de notre côté.

Sam : Pourquoi Jim ?

Jim : Il est plus difficile de chasser deux lièvres à la fois. En nous séparant, il est possible qu’un de nous échappe aux policiers.

Sam: Je comprends Jim. Celui qui s’en sort va récupérer l’agent.

Jim qui lui tend la main : Bonne chance Sam.

Sam : Bonne chance Jim. Si je m’en sors, je t’oublierai pas.

Jim : Attention, ils arrivent.

Ils partent en courant chacun de leur côté. Le policier revient.

Policier qui parle dans sa radio : Je viens de les apercevoir. Alertez toutes les patrouilles.

Le policier se lance à la poursuite des bandits. Petit temps ou changement d’éclairage pour signifier qu’on est maintenant le matin.

 

Scène 4 : Le jardinier et Mme Desbiens.

Le jardinier entre avec un arrosoir. Il fait mine d’arroser quelques plantes. Il s’arrête devant le buisson.

Jardinier qui s’adresse au buisson : Tes feuilles sont un p’tit peu pâlottes. Faudrait que je te mette un peu d’engrais, que je te brasse la terre.

Mme Desbiens qui arrive : Bonjour monsieur Fleury ! Toujours en train de discuter avec les plantes ?

Jardinier : Je disais justement au petit buisson qu’il avait besoin de vitamines.

Mme Desbiens : Comme vous êtes drôle. Grâce à vous, nous avons une belle végétation au parc. Dites-moi, les fleurs mauves, c’est nouveau ?

Jardinier : Ce sont des géraniums ma p’tite dame. C’est la première année que nous en plantons. Ici, vous avez des iris, des magnolias et juste là, des chrysanthèmes qui vont fleurir un peu plus tard dans la saison.

Mme Desbiens : Et vos bougainvilliers sont magnifiques. 

Jardinier : C’est incroyable toutes les richesses que la terre peut nous donner. 

Mme Desbiens : Si l’argent poussait dans les arbres, vous en auriez beaucoup.

Jardinier : Ne me parlez pas d’argent !

Mme Desbiens : Et pourquoi ?

Jardinier : Autrefois, ma famille avait une belle terre à cultiver. Mais, à force de jouer au casino, mon père l’a perdue. C’est pour ça que je dois maintenant travailler en ville au lieu de mener la belle vie à la campagne.

Mme Desbiens : Aujourd’hui, seules les vedettes mènent la belle vie. Des vedettes comme Steve Star et Bella Beauty. Ils sont justement en ville avec leur fille Rose pour la promotion de leur dernier film.

Jardinier : Steve Star et Bella Beauty ! Ils doivent plus être jeunes.

Mme Desbiens : Grâce à la fortune et la chirurgie plastique, on peut maintenant avoir 60 ans et en paraître 30.

Jardinier : Qu’est-ce que ça donne de s’acheter de la jeunesse ? Dans mon livre à moi, chaque étape de la vie vaut la peine d’être vécue. L’argent rend le monde fou.

Mme Desbiens : Ça, vous pouvez le dire. Justement, la nuit dernière, la banque a été cambriolée.

Jardinier : Vous m’en apprenez une bonne là !

Mme Desbiens : Un montant d’un million de dollars.

Jardinier : Mais, où s’en va le monde ? Pouvez-vous me le dire ?

Mme Desbiens : On ne peut plus se fier à personne.

Jardinier : Mais on peut se fier aux plantes. C’est pour ça que je discute avec elles.

Mme Desbiens : Vous avez probablement raison, monsieur Fleury. Je vous laisse à votre travail. Moi, je vais voir si je peux obtenir un autographe de Steve Star et Bella Beauty.

Jardinier : Bonne chance ! Moi, il faut que je termine mon boulot avant que le soleil soit trop haut.

Mme Desbiens quitte. Le jardinier se retourne vers le buisson.

Jardinier : Bon ben toi, je vais aller te chercher de l’engrais et je vais revenir te chatouiller les entrailles plus tard.

Il quitte.

 

Scène 5 : Désirée et Placide.

Désirée va s’asseoir à une extrémité du banc. Placide prend place à l’autre bout.

Placide : Désirée, pourquoi es-tu fâchée ? Je ne comprends pas.

Pour toute réponse, Désirée fait la moue.

Placide qui se rapproche un tout petit peu : Ma chérie, ma bien-aimée, ma biche...

Désirée : Ne m’appelle pas «ma biche». Est-ce que je ressemble à un herbivore poilu ?

Placide : Mais non, mon coeur, ce sont juste des mots doux pour toi qui es si gentille. Dis-moi ce qui ne va pas. Pourquoi es-tu partie si vite ?

Désirée : Tu m’avais promis un repas au restaurant.

Placide : Mais, j’ai tenu parole ma jolie.

Désirée : Non, je ne considère pas «Le gueuleton» comme un restaurant. C’est un casse-croute.

Placide : Voyons ma grenouille...

Désirée : Ne m’appelle pas «ma grenouille». Est-ce que tu insinues que j’ai de gros yeux ?

Placide en s’approchant un peu : Pas du tout. Ils sont magnifiques tes yeux. Ils sont brillants et envoutants. Je rêve de m’y plonger.

Désirée : Ne t’approche pas.

Placide qui pousse un soupir : Donne-moi une chance. Je t’ai invité au casse-croute afin de réaliser des économies pour que nous puissions nous marier. Tu comprends mon... mon adorée ?

Désirée : Oui, je veux me marier et avoir une grande maison, une piscine creusée, une belle voiture, des enfants, un chien, un réfrigérateur en acier inoxydable...

Placide : Tout cela coûte cher et je travaille très fort pour amasser de l’argent. Mais tout seul, je n’y arriverai pas.

Désirée : Je sais Placide. Je cherche du travail, mais je ne trouve rien qui correspond à ma condition. Je n’accepterai pas n’importe quoi.

Placide : Il nous reste l’espoir de gagner à la loto ou de trouver un trésor.

Désirée : Les trésors existent seulement dans les histoires de pirates.

Placide : Non, les trésors existent. La preuve, j’en ai un devant moi. Tu es mon trésor !

Désirée qui lui concède enfin un sourire : Petit coquin.

Placide qui s’approche de nouveau : Oh ma dulcinée, laisse-moi t’embrasser.

Désirée : Pas en public. Je tiens à ma réputation.

Placide en pointant le buisson où est dissimulé l’argent : Allons nous cacher dans le petit buisson. Nous serons à l’abri des regards.

Désirée : Pour qui me prends-tu ? Je ne suis pas une dévergondée.

Elle se lève et fait quelques pas.

Placide : Ne part pas ma coccinelle !

Désirée : Vas-tu cesser de me comparer à des... bestioles !

Elle quitte.

Placide avant de partir : Oh là là ! Quel caractère ! Mais, je l’adore.

 

Scène 6 : Christine, Marguerite et le coureur.

Christine arrive en tenant Marguerite par la main. Elle porte également un sac en bandoulière. Christine s’assoit sur le banc, fouille dans son sac et sort un ordinateur portable qu’elle place sur ses genoux.

Christine : Marguerite ! Va jouer dans les modules avec les autres enfants. Maman va rester ici.

Marguerite : Pourquoi tu ne viens pas avec moi ?

Christine : Je dois travailler. J’ai un rapport à terminer.

Marguerite : Pourquoi tu dois travailler ?

Christine : Parce qu’il faut manger et que tout coûte cher ?

Marguerite : Pourquoi tout coûte cher ?

Christine : Parce que tout le monde veut faire du profit ?

Marguerite : Pourquoi tout le monde veut du profit ?

Christine : C’est la nature humaine ?

Marguerite : Pourquoi c’est la nature humaine ?

Christine qui commence à être impatiente : Parce que... parce que... Maman n’a pas le temps de répondre à toutes tes questions. Allez, fais-moi plaisir, va jouer dans les modules.

Marguerite : J’ai pas envie.

Christine : Allez, j’ai dit.

Marguerite pousse un soupir. Christine porte toute son attention sur l’écran de son portable. Elle tape du texte. Marguerite fait quelques pas, s’arrête. Elle se tourne une couette de cheveux en ayant l’air contrarié. Le coureur passe en fixant constamment son téléphone intelligent. Marguerite le regarde sans rien dire. Tout à coup, elle a une idée. Alors que sa mère est totalement absorbée par son écran, elle en profite pour se glisser derrière le banc. Lorsqu’elle est tout prêt de l’oreille de sa mère, elle pousse un grand cri.

Marguerite : Bouh !

Christine qui sursaute : Ah Marguerite ! Ne recommence pas ça ! Tu vas me faire mourir.

Marguerite qui rigole encore : Est-ce qu’on joue à la cachette maman ?

Christine : Je te répète que j’ai du travail.

Elle retourne aussitôt à son ordinateur.

Marguerite : Tu n’as qu’à compter et je vais me cacher.

Christine toujours absorbée : Oui, oui !

Marguerite : Alors, tu comptes ?

Christine sans trop de conviction : C’est ça !

Marguerite s’approche du buisson. Elle se penche et aperçoit quelque chose. Elle se jette à genoux pour fouiller la terre. Puis, elle se relève avec quelques billets de banque dans une main. Au même moment, sa mère ferme subitement son ordinateur portable.

Christine : Je devais apporter un dessert.

Marguerite : Maman, regarde ce que j’ai trouvé.

Christine : On doit partir tout de suite. Il faut arrêter au supermarché pour acheter un gâteau.

En regardant sa montre, elle prend Marguerite par la main et la tire sur quelques pas. La petite résiste.

Marguerite : Attends maman.

Christine : On jouera plus tard.

Marguerite : Mais...

Christine : Il n’y a pas de «mais». Nous allons souper chez Papy et il me manque un dessert.

Sur ce, Christine repart de plus belle. Marguerite, les billets toujours en main, abandonne et suit sa mère. Elles sortent.

 

Scène 7 : Alycia, Benjamin et Marc-Antoine.

Alycia, Benjamin et Marc-Antoine arrivent. Ils ont tous sur la tête un chapeau en forme de cône fabriqué avec du papier d’aluminium. De plus, Benjamin tient une grande tige avec une petite antenne parabolique au bout (ou un machin du genre). Comme il aime beaucoup les friandises, il a dans son autre main, un sac de petits jujubes qu’il mange avec appétit. Alycia, elle, s’assoit sur le banc. Elle tient une boîte (le générateur) avec un gros bouton (il peut y avoir des fils qui dépassent). Marc-Antoine se promène avec un ordinateur de format tablette. Il a un sac à dos sur les épaules. Les trois portent des lunettes d’intellos.

Alycia : Alors là, avec ces chapeaux idiots sur la tête, on est certains d’être, une fois de plus, la risée de l’école.

Benjamin : C’est vrai ça. Est-ce qu’on est vraiment obligé de les porter ?

Marc-Antoine : Ces chapeaux nous aident à attirer les ondes cosmiques.

Alycia : J’ai plutôt l’impression qu’ils attirent les regards.

Marc-Antoine : Ne vous occupez pas des autres. Ils riront moins lorsque nous aurons gagné le grand concours des jeunes scientifiques. Benjamin, place-toi ici avec l’antenne.

Marc-Antoine pointe un endroit à un mètre du buisson où se trouve l’argent.

Marc-Antoine : Il faut être prêt à se sacrifier pour la science.

Alycia : Je vais être honnête avec toi. J’ai accepté de participer à ton expérience parce que tu nous a promis de séparer en trois la bourse de mille dollars (ou autre monnaie) du grand concours scientifique.

Marc-Antoine : Ouais, j’apprécie ton sens du devoir.

Alycia : Désolée. J’ai besoin d’argent pour m’acheter de nouvelles lunettes et revoir mon style.

Benjamin : Si on gagne le concours, moi je vais m’acheter des tonnes de jujubes.

Marc-Antoine se déplace en regardant la carte sur sa tablette.

Marc-Antoine : L’endroit exact est là.

Il pointe le buisson.

Marc-Antoine : Benjamin, il faut te déplacer un peu.

Benjamin fait un pas vers le buisson. La tige est piquée à l’endroit où est caché l’argent.

Benjamin : C’est ici que devrait se trouver ton corridor psycho-temporel ?

Marc-Antoine : Spatio-temporel. Selon la théorie du professeur Spoutnik, les corridors spatio-temporels sont rares et apparaissent à des endroits précis. Nous avons la chance d’en avoir un en plein centre du parc.

Alycia : Si j’ai bien compris, la décharge électrique que nous allons produire va créer une brèche dans l’espace-temps et tu vas pouvoir envoyer ton courriel vers le futur.

Marc-Antoine : Voilà ! De nos jours, il est facile de communiquer par courrier électronique avec des gens de partout dans le monde. Mais grâce à notre découverte, nous allons pouvoir envoyer des messages à des personnes qui vivent dans le passé ou 
le futur.

Benjamin : Ça me semble impossible.

Marc-Antoine : Avec la science, tout est possible. Effectuons un premier test. Je rédige un message : Paix à toi habitant du futur. Nos noms sont Marc-Antoine, Benjamin et Alycia. Nous vivons en (année). Nous avons besoin de votre aide...

Alycia : Hein ! Pourquoi tu lui demandes de l’aide ?

Marc-Antoine : Tu ne trouves pas que ça va mal dans le monde ? Pense à la guerre, la pollution, le racisme...

Benjamin avec des jujubes plein la bouche : Y a aussi plein de gens qui meurent de faim.

Alycia : Et tu crois que les habitants du futur peuvent y changer quelque chose ?

Marc-Antoine : Ils connaissent notre avenir. Si on savait où s’en va le monde, on pourrait prendre de meilleures décisions.

Alycia : J’avais pas pensé à cela.

Marc-Antoine : Alors... Nous avons besoin de votre aide. Nous attendons votre solution.

Alycia : Une solution pour la guerre, la pollution et le racisme. J’ai hâte de voir ça.

Marc-Antoine : Benjamin ! Tu dois tenir la tige bien droite ! Maintenant, il faut connecter l’antenne au générateur et le générateur à ma tablette.           .

Benjamin tend un fil à Alycia qu’elle branche sur sa boîte. De son côté, Marc-Antoine connecte sa tablette à la boîte.

Marc-Antoine : Je compte jusqu’à trois et à «trois» Alycia, tu pèses sur le bouton du générateur et en même temps, j’envoie mon message. C’est compris ?

Benjamin et Alycia : Compris !

Marc-Antoine : Un, deux... et trois !

Alycia pèse sur le bouton, on entend alors un grand bruit de courant électrique. Marc-Antoine a envoyé son message. Quant à Benjamin, il a été secoué par la décharge de courant.

Benjamin : Ahhhhhhh !

Benjamin se retrouve à genoux. Il laisse tomber son sac de jujubes.

Marc-Antoine : Tout porte à croire que nous avons réussi !

Benjamin : Je me suis fait électrocuter.

Alycia : Impossible.

Benjamin : Si, je te dis.

Alycia : Quand on se fait électrocuter, on meurt. Il faut dire «électriser».

Benjamin : Ben, je me suis fait électriser.

Marc-Antoine : Il aurait fallu que tu portes des gants isolants.

Benjamin : C’est toi le génie, t’aurais dû y penser.

Marc-Antoine : Je suis vraiment désolé.

Benjamin aperçoit le sac d’argent. Il le prend et l’ouvre.

Benjamin : Regardez ce que j’ai trouvé.

Alycia qui le rejoint : C’est plein d’argent. Il doit y en avoir pour des millions.

Marc-Antoine : Voilà la solution que les habitants du futur nous ont envoyée.

Alycia : Tu penses vraiment que cet argent vient du futur ?

Marc-Antoine : Il est apparu exactement à l’endroit où nous avons placé l’antenne.

Alycia : Il était peut-être là avant.

Benjamin : Je l’aurais vu.

Marc-Antoine : C’est la preuve que notre expérience a réussi. Cet argent va nous aider à combattre la guerre, la pollution et le racisme.

Benjamin : Et à distribuer des jujubes à tous ceux qui ont faim.

Alycia : Je ne vois pas comment on va y arriver.

Marc-Antoine : À nous de trouver. Pour l’instant, nous devons cacher l’argent. On le met dans mon sac à dos et on file chez moi. Surtout, il faut garder le secret. Dépêchons-nous !

Benjamin met l’argent dans le sac à dos de Marc-Antoine qui détale aussitôt. Benjamin le suit.

Alycia avant de les suivre : Je veux une part pour m’acheter des lunettes neuves.

Les trois jeunes ont enlevé leur chapeau d’aluminium et l’ont laissé sur place par terre.

 

Scène 8 : Le journaliste, la réalisatrice, le caméraman, Mme Desbiens, le sans-abri, Steve Star, Bella Beauty et Rose.

La réalisatrice du reportage arrive, elle reste sur le bord de la scène. Elle fait signe au couple de vedettes et à leur petite fille de prendre place au centre du parc. Steve Star, Bella Beauty et Rose entrent en regardant un peu partout. Ils ont l’air émerveillé, presque trop. Le journaliste et le caméraman les suivent.

Journaliste : Un événement hors de l’ordinaire s’est produit aujourd’hui dans notre ville. Steve Star et Bella Beauty, le couple le plus populaire de l’heure, se sont arrêtés chez nous pour promouvoir leur dernier film «L’empire du vampire». Ils sont accompagnés de leur fille Rose.

Steve : Oh ! What a wonderful place.

Bella : It’s like Central Park, but smaller... and more beautiful.

Steve : Hey Rose, look in that direction. You see the big playset ?

Rose pas trop intéressée, marmonne un «Hu, hum». Elle a aperçu les intrigants chapeaux en papier d’aluminium.

Journaliste : La célèbre famille découvre notre ville. Nous sommes à leurs trousses pour recueillir leurs moindres impressions.

Toujours à l’écart, la réalisatrice pointe vers madame Desbiens pour lui signifier qu’elle doit surgir à ce moment. Madame Desbiens arrive donc en se dirigeant expressément vers le couple.

Mme Desbiens jouant la surprise : Oh, oh, oh !

Journaliste : Voilà qu’une promeneuse tombe par hasard sur les deux vedettes. Comment vont-ils réagir ?

Steve et Bella se dirigent vers Mme Desbiens.

Journaliste : Avec son sourire éclatant, Bella tend une photo à la dame.

Bella : Hello Madam ! Do you want a picture of us ?

Mme Desbiens : Pardon, je ne parle pas bien anglais. Une photo ? Pour moi ?

Steve : Yes, for you. We can also autograph it !

Steve sort un crayon.

Mme Desbiens : Un autographe, bien sûr.

Steve signe rapidement la photo qu’il tend ensuite à Bella. Le caméraman s’approche et tout le monde prend la pose avec le sourire.

Journaliste : Madame, un commentaire ?

Mme Desbiens qui regarde un petit carton qu’elle avait dans une poche : C’est le plus beau jour de ma vie !

Journaliste : Ça, c’est de la télé en direct, sur le vif. Vous venez de vivre avec nous, un moment unique.

Mme Desbiens serre rapidement la main des vedettes et repart en tenant la photo contre son coeur. Placée hors champ, la réalisatrice montre son pouce élevé à Mme Desbiens pour lui signifier qu’elle a bien aimé sa performance.  

Journaliste : Que va-t-il se passer maintenant ? À quel rebondissement allons-nous assister ?

La réalisatrice arrive avec le sans-abri. Elle le dirige vers le couple en lui montrant de tendre sa main.

Bella : Oh ! A poor homeless.

Steve : Can we do something for him ?

Bella : Yes, i think !

Bella sort un billet de banque, une grosse coupure qu’elle prend bien soin de montrer à la caméra. Ensuite, elle dépose le billet dans la main du sans-abri.

Caméraman tout bas à Bella : Do it again. I missed the take.

Bella reprend aussitôt le billet des mains du sans-abri et recommence l’action. Elle dépose encore plus tranquillement le billet dans la main du sans-abri.

Journaliste qui s’approche du sans-abri : Monsieur, un commentaire ?

Le sans-abri met le billet dans sa poche et en sort un carton qu’il regarde sans rien dire. Le journaliste attend un long moment. Pendant ce temps, Rose qui regardait tranquillement la scène à l’écart, se met le chapeau sur la tête et s’amuse à marcher comme un robot. Elle sort de scène. La réalisatrice fait signe au journaliste de s’activer.

Journaliste : Notre homme est tellement ému qu’il ne sait plus quoi dire. Il est complètement médusé par la générosité des deux célébrités.

La réalisatrice fait signe à tout le monde d’aller plus loin.

Steve : A group of fans waiting for us. Come join them.

Toute l’équipe se déplace et sort de la scène ; le journaliste, le caméraman, Steve, Bella, suivis de la réalisatrice. Le sans-abri reste sans bouger avec son billet dans les mains. Il fait quelque pas et s’arrête.

Sans-abri au public : Ils n’ont pas compris que je ne savais pas lire.

Il quitte. Rose revient. Elle s’amuse toujours à marcher comme un robot. Se rendant compte qu’il n’y a plus personne autour d’elle, elle s’interrompt subitement.

Rose : Hey ! Where are you ?

Elle regarde à gauche et à droite.

Rose : Youhou !!!! It’s not funny !

Elle commence à réaliser qu’on l’a oublié et qu’elle est perdue.

Rose : Help ! I’m lost ! Help !

Elle part en se dirigeant du côté opposé du reste du groupe. Au loin, on l’entend qui crie «Help».

 

Scène 9 : Gérald, Christine, Marguerite et le policier.

Gérald, Christine et Marguerite arrivent. Christine tient Marguerite par la main.

Christine : Il me semble que j’étais assise sur ce banc.

Gérald : J’adore aussi cet endroit. Je viens souvent avec la petite l’après-midi.

Christine à Marguerite : Chérie, montre à maman et à Papy où tu as trouvé les billets de mille dollars.

Marguerite : Pourquoi ?

Christine : Parce que c’est important.

Marguerite : Est-ce qu’on peut jouer à la cachette avant ?

Christine : C’est pas le temps. Peut-être plus tard.

Marguerite : Alors, je ne dirai rien.

Christine : Marguerite, sois gentille.

Gérald : Papy a le goût de jouer lui. Il va compter et toi, tu vas aller te cacher au même endroit où tu as trouvé l’argent.

Marguerite très contente : Oui !

Christine qui entre dans le jeu : Moi je vais aller me cacher avec Marguerite.

Marguerite : Oui, viens maman. Compte Papy.

Gérald se cache les yeux et compte jusqu’à dix. Marguerite amène sa mère derrière le buisson.

Gérald : Attention ! J’arrive !

Gérald en faisant quelque pas : Où elle est Marguerite ?

Marguerite en sortant du buisson : Ici !

Gérald en se dirigeant vers Marguerite : Je t’ai attrapé.

Gérald attrape Marguerite. Ils rient.

Christine : C’est ici que t’as trouvé l’argent ma chérie ?

Marguerite : Oui, mais il est parti.

Gérald : Tu es certaine.

Marguerite très affirmative : Oui !

Le policier arrive à ce moment.

Christine : Ah ! Monsieur l’agent !

Policier qui s’approche : Vous êtes bien madame Sansregret ?

Christine : Oui, c’est moi qui vous ai appelé. Ma petite fille a trouvé trois billets de mille dollars que voici dans le buisson juste ici.

Marguerite : Parti l’argent !

Policier qui se penche vers la petite : Quel est ton nom ma belle ?

Marguerite : Marguerite. Et vous ?

Policier : Monsieur Laprise. Maintenant Marguerite, tu vas m’expliquer comment tu as fait pour trouver l’argent.

Marguerite : Pourquoi ?

Policier : Parce que des méchants monsieurs l’ont volé à la banque.

Marguerite : Pourquoi ils l’ont volé à la banque ?

Policier : Ce sont des gens paresseux qui au lieu de travailler, prennent l’argent des autres.

Marguerite : Pourquoi ils sont paresseux ?

Policier : Mais là, c’est moi qui suis le policier, c’est moi qui pose les questions.

Marguerite : Pourquoi c’est vous qui posez les questions ?

Christine un peu amusée : Excusez ma fille, elle est très curieuse. Elle nous bombarde de questions nuit et jour.

Gérald : Je crois que vous n’obtiendrez pas davantage d’informations de la petite. Elle a trouvé l’argent et l’argent a disparu.

Policier : Je voulais seulement savoir si l’argent était dans un sac, une boîte ou un autre contenant.

Marguerite : Dans un gros sac noir.

Policier : Quelle grosseur le sac ?

Marguerite : Le plus gros du monde, gros comme la Terre.

Elle rit.

Christine : Marguerite, tu es certaine que le sac était noir ? Réponds à monsieur 
Laprise !

Marguerite : Oui !

Policier aux deux adultes : Très bien. Je voudrais d’abord vous féliciter pour votre honnêteté.

Christine : C’est normal. On comprend que l’argent de la banque, c’est un peu notre argent aussi.

Policier : C’est tout à votre honneur.

Gérald : Est-ce que vous avez réussi à attraper les malfaiteurs ?

Policier : Non, mais ce n’est qu’une question de temps. Pour la suite, il faudrait que vous alliez au poste pour faire une déposition et remettre les billets de banque.

Christine : Sans problème. Nous y allons à l’instant.

Policier : Merci encore.

Pendant que les adultes discutaient, Marguerite a trouvé un des chapeaux en aluminium qu’elle s’est mise sur la tête.

Christine : Viens Marguerite et enlève ce chapeau.

Marguerite : Non !

Christine un peu exaspérée : Très bien.

Marguerite : C’est un chapeau pour aller marcher sur un arc-en-ciel.

Christine hausse les épaules. Elle quitte avec Gérald et la petite.

Policier dans sa radio : Agent Laprise au rapport. Les dames vont se présenter au poste. Ça va nous prendre un enquêteur sur les lieux. Je fais une tournée pour recueillir plus d’indices.

Il continue son chemin.

 

Scène 10 : Le jardinier et l’enquêteur.

Le jardinier revient avec un sac d’engrais. Il s’arrête devant le buisson.

Jardinier : Me voilà de retour mon vieux. Je t’ai apporté de la bonne nourriture qui va te remonter le moral.

Il regarde le buisson comme s’il attendait une réponse.

Jardinier : Ne me dis surtout pas merci !

L’enquêteur est entré juste avant la dernière réplique. Il est tout habillé de noir et porte des verres fumés.

Enquêteur : Puis-je savoir avec qui vous discutez monsieur ?

Jardinier un peu surpris : Eh, bien... J’étais en grande conversation avec mon meilleur ami, le buisson que voici. Vous pensez peut-être que ma mécanique s’est détraquée.

Le jardinier montre une de ses tempes.

Enquêteur : Je ne vous connais pas assez pour porter un tel jugement et sachez que ce buisson est un personnage de la plus haute importance.

Jardinier : Ah bon !

Enquêteur : Absolument. Il a été témoin d’événements importants. Les bandits qui ont volé la banque ont caché l’argent à ses pieds. Argent qui a probablement été trouvé par quelqu’un d’autre. Toute une énigme à résoudre !

Jardinier : Donc, si j’avais remué la terre de ce buisson ce matin, j’aurais peut-être trouvé le sac d’argent.

Enquêteur : Sans doute, car une petite fille a déterré des billets de banque cet après-midi.

Jardinier : Alors, je suis heureux de ne pas les avoir trouvés.

Enquêteur : Ah bon ! Et pourquoi ?

Jardinier : Qui d’argent se nourrit n’est jamais rassasié.

Enquêteur: J’adore votre façon de parler.

Jardinier : Ce que je dis est peut-être sensé, mais dommage que notre buisson ne puisse s’exprimer, car il en aurait long à raconter.

Enquêteur : On est peut-être pas assez attentif. Il faut savoir écouter.

L’enquêteur se penche vers le buisson. Il ramasse le sac qui contenait les jujubes de Benjamin.

Enquêteur : Ce sac de bonbons est peut-être un indice qui peut nous mener loin.

Le jardinier hoche la tête en signe de compréhension.

Enquêteur : Et cet étrange chapeau en papier d’aluminium me laisse croire que des enfants sont impliqués dans cette histoire.

Jardinier : Vous me jetez par terre. Comme dirait mon grand-père, vous n’êtes pas né de la dernière pluie.

Enquêteur : Vous ne croyez pas si bien dire. Dites-moi, avez-vous aperçu dernièrement des gens au comportement étrange ?

Jardinier : Eh non, je n’ai pas remarqué.

Enquêteur : Les bandits vont sûrement revenir chercher leur magot. Ils prendront soin de passer inaperçus.

Inquiet, le jardinier regarde à gauche et à droite.

Enquêteur en tendant une carte : Si jamais vous voyez des individus suspects, prévenez-moi. Je vous demande également de ne pas toucher à ce buisson jusqu’à nouvel ordre question de ne pas brouiller les pistes.

Jardinier : Très bien. Je vais plutôt aller jardiner chez moi et m’occuper de mes oignons.

Enquêteur : Pour que la bonne graine pousse, mieux vaut retirer les mauvaises herbes. C’est ce que je m’apprête à faire moi aussi.

Jardinier : J’aime bien votre façon de parler.

Ils se saluent. Puis, l’enquêteur part d’un côté et le jardiner, le sac d’engrais sous son bras, part de l’autre.

 

Scène 11 : Sam, Jim, le sans-abri, le policier, le coureur.

Les deux bandits croisent le jardinier.

Sam : Jim, t’es certain que c’est une bonne idée.

Jim : Nous devons passer incognito.

Sam : Il faut absolument se déguiser en vieilles dames ?

Jim : Personne n’accorde d’importance aux vieilles dames. Fais-moi confiance.

Sam : Je me fie à ton expérience Jim. Grâce à toi, nous avons tous les deux échappé aux policiers.

Pour obtenir la fin de l'histoire, achetez ce texte


Tableau des répliques Parc-en-ciel

IMPRIMER

Droits d'auteur (FAQ)

Droits d'auteur (FAQ)

Qu'est-ce que le droit d'auteur ?
Le droit d'auteur garantit la protection des oeuvres littéraires, dramatiques, artistiques et musicales, des enregistrements sonores, des représentations d'une oeuvre en public et des télécommunications. Le droit d'auteur donne aux créatrices et créateurs le droit, devant la loi, d'être rémunérés pour leurs oeuvres et d'en contrôler l'utilisation.
Une fois que j'ai acheté un texte, est-ce que je peux l'utiliser à ma guise ?
Le fait d'acheter un texte sur le site de Animagination vous permet d'avoir accès à l'oeuvre intégrale que vous pouvez lire seul, en groupe ou encore travailler en classe ou en atelier. Mais le simple achat du texte ne vous donne pas l'autorisation de le jouer en public. Pour cela, il faut payer les droits de représentation.
Est-ce que je dois acheter les droits de représentation immédiatement ?
Vous pouvez revenir en tout temps sur le site de Animagination pour acquitter les droits de représentation. Il est préférable de le faire avant la tenue de l'activité ; la facture faisant office de preuve que vous détenez les droits de représentation. Cela dit, il n'est jamais trop tard pour payer les droits et ainsi régulariser votre situation.
Est-ce que les écoles doivent payer les droits de représentation ?
Si le texte est joué en classe ou devant un public exclusivement formé d'élèves, les écoles n'ont pas à payer les droits de représentation. Cependant, pour les représentations où les parents et amis sont invités, les droits de représentation s'appliquent.

Notez que les écoles du Québec bénéficient d'une entente entre l'AQAD (L'Association Québécoise des Auteurs Dramatiques) et le MELS (Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport) qui défraie les droits de représentation devant un public de parents et d'amis. Il faut alors remplir un formulaire sur le site de l'AQAD
Est-ce que Animagination accepte de facturer les écoles du Québec ?
Oui, Animagination accepte de facturer les écoles du territoire de la province de Québec seulement. Il suffit alors de nous faire parvenir un courriel avec le titre de la pièce, le nom de la personne responsable, la ou les dates approximatives de représentation ainsi que l’adresse complète de l’école. Le délai de réponse est de 24 à 48 heures.
Est-ce que les troupes formées d'amateurs doivent payer les droits de représentation ?
Tout le monde doit payer le droit d'auteur. Les troupes formées d'amateurs ne sont pas exemptées, tout comme les organismes sans but lucratif. Même si le spectacle est présenté gratuitement, il faut payer les droits de représentation.
Est-ce que le droit d'auteur s'applique si nous jouons seulement un extrait ?
Les pièces doivent être présentées dans leur intégralité. Il faut une autorisation de l'auteur pour présenter un extrait et le droit d'auteur s'applique assurément.
Est-ce qu'on peut modifier un texte ?
Vous devez respecter l'intégrité du texte. Cependant, vous n'avez pas besoin d'autorisation pour les modifications suivantes : changement d'un nom de lieu, transformation d'un personnage féminin en masculin (ou vice versa), changement d'une expression qui n'est pas commune à l'endroit où la pièce est présentée. Aussitôt que vous transformez complètement une réplique, vous devez communiquer avec l'auteur.
Est-ce qu'on peut garder le texte dans nos archives ?
Il n'y a aucun problème à garder le texte dans vos archives. Cependant, s'il est présenté à nouveau, il faut acquitter les droits de représentation.
Est-ce que je peux publier le texte ou un extrait ?
Pour toutes publications, sous toute forme que ce soit, il faut contacter l'auteur ou ses représentants.
Est-ce qu'on peut retrouver les textes en librairie ?
Les textes sont seulement disponibles sur le site de Animagination.
Auteur

Luc Boulanger

Luc Boulanger auteurDétenteur d’un certificat de deuxième cycle en journalisme, c’est d’abord avec sa plume que Luc Boulanger s’est démarqué. Il a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre qui sont diffusées dans internet et jouées partout sur la planète ; de Fermont au Kirghizistan, en passant par Singapour et Genève.

Il est cofondateur de la troupe de théâtre Animagination qui présente depuis plus de 25 ans des spectacles pour jeune public. En plus de concevoir les pièces, il est également comédien. La troupe se produit entre 50 et 100 fois par année au Québec et dans la francophonie canadienne. Animagination a eu la chance de travailler avec l’auteur Dominique Demers pour la conception et la présentation d’une pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Mademoiselle Charlotte.

En 1996, il a participé à la création du centre d’art La Chapelle, la salle de spectacles de son quartier dont il fut le premier coordonnateur durant trois ans. Il est resté un collaborateur actif du lieu et plusieurs de ses productions théâtrales sont présentées en primeur à La Chapelle.

Luc Boulanger a énormément travaillé comme animateur auprès des jeunes et des adultes. Il a notamment accompagné plusieurs groupes de voyageurs, visitant ainsi plus de 25 pays. Aujourd’hui, il agit davantage en tant que formateur en théâtre, en improvisation et en cinéma. Il fait partie de la liste de ressources du programme «Écrivains à l’école» subventionné par le ministère de l’Éducation. Une de ces expériences marquantes en tant que formateur est une série de trois séjours au Nunavik pour enseigner à de jeunes animateurs Inuits.

Grand amateur de cinéma, Luc réalise des films et des clips vidéo depuis qu’il a dix ans. Lors d’un voyage en Allemagne pour assister à une de ses pièces jouées en allemand, il a monté un reportage en utilisant seulement son iPhone. D’ailleurs, il est un passionné d’informatique, il connaît bien le langage HTML et explore constamment le logiciel Photoshop. Il conçoit la plupart des affiches de ses spectacles et adore la photographie de plein air. À l’occasion, il accepte des contrats de photos.

Membre de l’Union des Artistes (UDA) et président du conseil d’administration de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), Luc Boulanger est interpelé par les conditions socio-économiques de ses pairs. Il est ainsi un des fondateurs du Regroupement énergique des petites entreprises de théâtre (RÉPET) qui vise à valoriser le travail des artistes de théâtre qui s’autoproduisent.

En septembre 2013, Luc Boulanger a reçu une médaille de l’Assemblée nationale pour la diffusion de ses oeuvres et son implication dans son milieu.

Commentaires
Rédigez votre propre commentaire

Vous devez être enregistré pour rédiger un commentaire. Veuillez, vous identifier ou créer un compte utilisateur.