Orphelins à temps partiel

De Luc Boulanger
Style/Thème :
Comédie sur les relations parents-enfants et sur les tâches à la maison
Lieux :
Une maison familiale
Nombre de comédiens :
Entre 13 et 15
Durée :
50 minutes
Âge :
8 à 13 ans
Niveau :
Intermédiaire
Résumé :

Une famille de huit enfants qui ne font pas leur part des tâches domestiques. Des parents débordés qui décident de prendre des vacances chacun de leur côté sans prévenir l’autre. Le père part à la pêche en croyant que sa femme va s’occuper des enfants et la mère loue une chambre dans un centre de santé en pensant la même chose. Résultat : les enfants se retrouvent seuls pour une semaine. Mais au lieu de paniquer et de prévenir d’autres adultes, les enfants décident de garder le secret et d’en profiter à plein en organisant un « mégaparty ». Seulement, au bout de quelques jours, il ne reste plus rien à manger, plus de vêtements propres et la maison est sens dessus dessous. Les enfants devront se prendre en main... Cette pièce a été montée plus d’une centaine de fois aux quatre coins de la planète ; au Québec, aux États-Unis, en France, en Égypte... Un succès international ! Versions québécoise et en anglais disponibles. Sur demande, nous avons aussi une traduction en allemand.

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Extrait du texte

Orphelins à temps partiel

de Luc Boulanger

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Les personnages

La mère, Martine Dubois
Le père, Jacques Bernard

Les enfants
Charlotte : l’aînée (15 ans)
Mathilde : l’artiste (14 ans)
Alex et Axel : jumeaux, sportifs. (13 ans)
Chloée : la commère (12 ans)
Antoine : un peu grognon (11 ans)
Amélie : turbulente (9 ans)
Rosalie : la cadette (7 ans)

Clara et Sandra : amies d’Amélie
Jade : amie de Chloée
Maxime : copain de Charlotte
Mme Bonnet : professeur d’Amélie

Décors : L’intérieur de la maison de la famille : une cuisine et un salon avec une table de cuisine et des chaises, des fauteuils, une télé, un meuble pour le téléphone.

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Scène 1 : Les parents, les enfants, Clara et Sandra.

Rosalie arrive de l'école. Elle est seule.

ROSALIE : Maman !

Elle attend une réponse qui ne vient pas.

ROSALIE : Maman !

Toujours pas de réponse.

ROSALIE : Maman, maman, maman, maman

La mère entre. Elle a été surprise durant sa sieste.

MÈRE : Oui ! Qu'y a-t-il Rosalie ?

ROSALIE : Je suis arrivée de l'école. Est-ce que tu peux m'enlever mes bottes ?

MÈRE : Tu es capable, Rosalie. Tu es assez grande.

ROSALIE : C'est trop difficile et j'ai mal aux mains.

MÈRE en lui enlevant les bottes : Bon, bon.

ROSALIE : J'ai eu une bonne note pour ma dictée. Je peux regarder la télé ?

MÈRE : Oui et surtout, ne me dérange pas. J'ai le dîner à préparer.

ANTOINE qui entre : Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?

Rosalie va s'asseoir devant la télé.

MÈRE : Tout d'abord, on dit bonjour.

ANTOINE : Bonjour, qu'est-ce qu'on mange ?

MÈRE : Du jambon.

ANTOINE : Ah non, encore du jambon. On bouffe tout le temps ça.

MÈRE : Premièrement, ça fait au moins une semaine que je n'ai pas préparé et deuxièmement, c'est une viande qui ne coûte pas cher et qui est nourrissante. Pour une famille nombreuse, ça compte.

ANTOINE : Et demain, qu'est-ce qu'on a au menu ? Du porc !

Antoine va s'asseoir et Mathilde entre. Elle se dirige tout droit vers sa mère.

MATHILDE : Maman, tu ne devineras jamais !

MÈRE : Tu as été choisie pour la comédie musicale.

MATHILDE : Tu le savais déjà ?

MÈRE : Non, mais depuis un mois, tu nous casses les oreilles avec tes exercices de chant, alors

MATHILDE : Et j'ai bien fait de me préparer, car j'ai obtenu le premier rôle.

MATHILDE qui se met à chanter : Oh, Tristan, mon beau Tristan, mon chevalier bien-aimé. J'attendrai ton retour du haut de ma tour.

MÈRE en se bouchant les oreilles : C'est merveilleux !

MATHILDE qui tend une feuille à sa mère : On va même partir en tournée sur la Côte d'Azur. C'est super, ça ne coûte que 300 euros.

MÈRE : 300 briques !

MATHILDE : J'ai seulement besoin de ta signature au bas de la page.

MÈRE : C'est une grosse somme. Il faudra en discuter avec ton père.

MATHILDE : Mais, c'est une aubaine. Ça vaut des milliers d'euros.

MÈRE : Ton père devrait arriver d'une minute à l'autre.

MATHILDE : Je le connais, il ne voudra pas.

MÈRE : Aide-moi plutôt à éplucher les carottes en attendant.

MATHILDE : Je n'ai pas le temps. Je dois réviser mon texte. Nous avons une répète ce soir.

Elle part en chantant : Oh Tristan, mon beau Tristan.

Amélie entre avec ses deux amies : Clara et Sandra.

AMELIE : Bonjour maman, est-ce que je t'ai déjà dit que tu étais la plus belle et la plus gentille de toutes les mères ?

MÈRE : Bon, qu'as-tu à me demander, toi ?

AMELIE : J'ai invité Clara et Sandra à dîner.

MÈRE : Pardon ?

AMELIE : C'est que nous voulons jouer à la playstation ce soir.

CLARA : Ma mère est d'accord.

MÈRE : Ce n'est pas le problème. J'ai déjà plusieurs bouches à nourrir.

AMELIE : On peut manger des chips tout en jouant.

SANDRA : Ah oui, des chips, c'est bon.

MÈRE : Il n'en est pas question, nous mangeons du jambon et des légumes. D'ailleurs, avant de penser à s'amuser, Amélie doit d'abord apprendre ses leçons.

AMELIE : Non, maman, s'il te plaît. Je vais les apprendre plus tard.

MÈRE : Ce n'est pas ce qui était convenu avec ton professeur, Mme Bonnet. Tu dois te discipliner. Je n'ai pas envie qu'elle me rappelle encore une fois.

SANDRA : Lorsque nous aurons terminé, je vais l'aider. Je suis plutôt fortiche à l'école.

CLARA: Dites oui madame Dubois, j'adore la chaleur des repas familiaux.

MÈRE qui cède : Ça va, deux portions de plus ou de moins. Notre jambon est suffisamment gros.

ANTOINE : Moi, je ne veux pas que ma part soit diminuée.

ROSALIE : Moi non plus.

Chloée entre.

CHLOÉE : Coucou, c'est moi !

Elle se jette sur le téléphone.

MÈRE : Chloée, tu viens tout juste d'arriver et déjà, tu téléphones à Jade ?

CHLOÉE : J'ai oublié de lui demander quelque chose d'important.

ANTOINE : Important Comme la couleur des vêtements qu'elle va porter demain.

CHLOÉE : Toi, ne m'embête pas, sinon

Chloée se remet à composer le numéro. La mère pousse un soupir. Les jumeaux arrivent à ce moment. Ils laissent tomber bruyamment leurs sacs.

ALEX et AXEL : Nous voilà et nous avons très faim.

MÈRE : Les jumeaux ! Combien de fois vous ai-je dit de ne pas balancer vos sacs par terre ? Vous allez abîmer le plancher de bois que votre père vient tout juste de vernir.

ALEX : On a gagné !

ANTOINE ironique : Quoi ? La loto ?

AXEL : La partie de basket. On va se retrouver en finale régionale.

ALEX : Et c'est moi qui ai marqué le panier victorieux.

AXEL : J'ai fait la passe, bien entendu.

Alex s'empare d'un coussin pour s'en servir comme ballon. Ils vont simuler leur jeu.

ALEX : Le compte était égal. J'ai chipé le ballon à l'adversaire, j'ai habilement contourné un défenseur pour foncer vers le panier.

AXEL : Alors, on s'est croisés et il m'a refilé le ballon. J'ai attiré tous les joueurs adverses vers moi.

ALEX : Je me suis donc retrouvé seul en zone de tir.

AXEL : Une passe bien effectuée.

ALEX : Et c'était dans le sac.

AXEL : Il ne restait plus que deux secondes. La victoire était acquise.

ALEX : C'était vraiment superbe.

AXEL : Tu l'as dit.

Charlotte entre à ce moment.

MÈRE : Bravo ! Maintenant, ramassez vos sacs.

AXEL et ALEX : Oui, oui ! Ça va.

AXEL : Est-ce qu'on dîne bientôt ? Nous jouons au tennis ce soir.

MÈRE : Si quelqu'un m'aide, ça va aller plus vite. Êtes-vous aussi bons pour éplucher des patates que pour jouer au basket ?

ALEX : Tu vas voir que je suis le meilleur éplucheur de tout le quartier.

AXEL : Non, c'est moi, je vous le dis.

Alex lance le coussin au visage d'Antoine.

ANTOINE : Aie, ne t'avises pas à recommencer.

ALEX : Oh, j'ai peur.

Les jumeaux rigolent et ramassent leur sac. Ils vont ensuite éplucher quelques patates.

CHARLOTTE qui s'approche de sa mère : Maman, est-ce que je pourrais te parler ?

MÈRE : Vas-y ma grande !

CHARLOTTE : Je préférerais qu'on soit dans l'intimité.

MÈRE : De l'intimité ? Excuse-moi, j'ignore ce que signifie ce mot.

CHARLOTTE : Justement, je ne peux jamais être seule avec mon copain. Je pourrais peut-être aller dormir chez lui ce week-end ? Ses parents approuvent.

MÈRE : Tu es un peu jeune pour ça, non. Peux-tu t'occuper des devoirs de Rosalie, on en reparlera ensuite ?

CHARLOTTE : Non ! Pourquoi c'est toujours moi qui dois me taper les devoirs de Rosalie ?

MÈRE : C'est normal, j'ai besoin d'aide et tu es l'aînée.

CHARLOTTE : J'en ai marre d'être l'aînée.

MÈRE : Tu as davantage de responsabilités, mais aussi plus de privilèges.

CHARLOTTE : Des privilèges, quels privilèges ? Ça ne me tente pas. Y a-t-il quelqu'un qui veut ma place ? Je veux aller voir copain ce soir. Demande à Chloée ou Mathilde.

CHLOÉE qui parle toujours au téléphone : Pardon ? J'ai entendu mon nom.

CHARLOTTE : Veux-tu t'occuper des devoirs de Rosalie ?

CHLOÉE : Impossible, j'attends des appels importants.

Le père entre.

TOUS LES ENFANTS : Papa !

PÈRE : Oui, c'est moi !

ALEX qui prend une patate : Attrape papa.

Il lance la patate. Le père l'attrape.

AXEL : T'aurais dû nous voir au basket.

Les jumeaux prennent une autre patate pour se la lancer. Ils vont tourner autour du père.

MÈRE : Les garçons, ne jouez pas avec la nourriture.

Un des jumeaux lance la patate à la mère qui la capte avec un chaudron.

AXEL et ALEX : Wow! Bravo Maman !

PÈRE : Cessez ce manège les garçons, écoutez votre mère.

MÈRE : Il reste encore des patates et des carottes à éplucher.

ALEX : Demande à papa, nous, on doit se préparer pour ce soir.

Les jumeaux quittent aussitôt. Le père regarde la patate qu'il tient dans sa main et aperçoit ensuite Chloée au téléphone.

PÈRE : Chloée, j'attends l'appel d'un client, veux-tu raccrocher s'il te plaît.

CHLOÉE : Ça ne va pas ! Je suis en grande conversation avec Jade. C'est beaucoup plus important que ton client.

PÈRE : Figure-toi que mes clients me permettent de vous faire vivre, de payer le loyer, l'épicerie.

CHLOÉE : Pourquoi n'achètes-tu pas un mobile ?

PÈRE : C'est que je n'ai pas les moyens.

AMÉLIE : Papa, je voudrais organiser une méga-fête avec mes amis samedi prochain.

PÈRE : Tu ne trouves pas que c'est la méga-fête à longueur d'année ici. Demande donc au père de Clara ou de Sandra.

CLARA : Je n'ai pas de père.

SANDRA : On demeure dans un deux pièces et demi.

Mathilde revient en chantonnant.

MATHILDE : Papa, j'ai une faveur à te demander. J'ai eu le premier rôle dans la comédie musicale et pour seulement 300 euros, je pourrais partir en tournée sur la Côte d'Azur. C'est une aubaine.

PÈRE en regardant la mère : 300 briques !

CHARLOTTE s'approche à son tour : Papa, veux-tu t'occuper des devoirs de Rosalie ce soir ? Je dois sortir ?

Près de la télé, Antoine et Rosalie s'arrachent la télécommande.

ANTOINE : C'est à mon tour. Donne-la-moi!

ROSALIE : Je l'ai prise en premier.

ANTOINE : Papa ! Dis-lui qu'elle me rende la télécommande.

ROSALIE : J'écoute mes programmes.

MÈRE : Rosalie était là avant toi.

ANTOINE : C'est injuste. Elle finit l'école plus tôt. Je ne peux jamais choisir mes émissions.

MÈRE : Jacques, fais quelque chose. Je suis vidée, débordée. J'ai vraiment besoin de me reposer.

MATHILDE : Dis-moi que tu es d'accord pour les 300 euros.

CHARLOTTE : Vas-tu t'occuper de Rosalie ?

Les jumeaux reviennent.

ALEX et AXEL : Dis papa, tu vas venir nous reconduire au tennis ce soir ?

CHARLOTTE : Non, il s'occupe de Rosalie.

ANTOINE à Rosalie : J'ai dit rend-moi la télécommande.

MATHILDE : J'ai besoin de savoir, papa.

PÈRE, complètement submergé, s'écrie : Silence !

Tout le monde s'immobilise sauf le père.

PÈRE : Du silence. J'ai besoin de silence, du temps pour moi. Je ne veux plus de questions, plus de responsabilités. Ma femme voulait des enfants, une grande famille. Je lui en ai fait huit. Je ne pensais jamais que ça serait aussi difficile. Je me sens tellement dépassé. Je voudrais seulement changer de vie pour une semaine !

 

Scène 2 : Les enfants, Clara et Sandra

Le lendemain en fin de journée, Rosalie revient de l'école. Elle porte des bottes.

ROSALIE : Maman.

Comme la veille, elle attend une réponse qui ne vient pas.

ROSALIE : Maman !

Toujours pas de réponse.

ROSALIE : Maman, maman, maman, maman

Cette fois, la mère ne vient pas. Rosalie part à sa recherche. Elle se promène donc avec ses bottes dans la maison en appelant sa mère. Elle sort. Antoine entre.

ANTOINE : Maman, j'ai envie de manger des spaghettis.

Amélie, Clara et Sandra arrivent.

AMÉLIE : Super ! Il y a personne devant la télé. On va pouvoir brancher la playstation.

SANDRA : Est-ce qu'on joue à James Bond ?

ANTOINE : Non, c'est moi qui prends la télé. J'étais là avant vous.

CLARA : Tu ne l'as pas dit.

Charlotte entre à son tour.

ANTOINE : Charlotte ! Dis-leur que c'est à mon tour de regarder la télé.

CHARLOTTE : Ce n'est pas mon problème. Je ne suis pas votre mère.

Rosalie revient en tenant une feuille de papier.

ROSALIE : Charlotte, regarde comme je lis bien.

ROSALIE qui lit le message sur la feuille : À Jacques et les enfants. Je suis trop fatiguée. J'ai besoin de repos et de faire le point. Je suis partie dans un centre de santé et je vais revenir quand je me sentirai mieux. Désolée ! Martine.

CHARLOTTE qui lui enlève la feuille des mains : Quoi ?

ROSALIE : Qu'est-ce que ça veut dire faire le point ?

Personne ne lui répond.

ANTOINE : Si c'est une blague, elle est mauvaise !

CHARLOTTE à Rosalie : Où as-tu trouvé ce message ?

ROSALIE : Sur le lit de maman et papa.

AMELIE va rejoindre Charlotte pour lire la feuille : Montrez-moi.

Pendant ce temps, les jumeaux entrent en lançant leur sac.

ALEX et AXEL : Salut tout le monde !

AMÉLIE : C'est bien l'écriture de maman.

AXEL : Vous en faites une tête. Qu'est-ce qui se passe ?

ANTOINE : Maman est partie dans un centre de santé.

ROSALIE : Pour faire des points.

ALEX : Jusqu'à quand ?

CHARLOTTE : Elle va revenir lorsqu'elle va se sentir mieux.

ANTOINE : J'espère que ça ne sera pas trop long. J'ai faim moi.

AXEL : Mais ça peut prendre un certain temps. Qui est-ce qui va préparer les repas ?

SANDRA : Elle vous a peut-être laissé quelque chose dans le frigo.

AMELIE : Il y a une boîte de « congelé » sur la table.

Amélie, Axel et Charlotte cherchent pour voir s'il n'y a pas quelque chose d'autre pour le souper. Chloée entre et se dirige directement vers le téléphone.

CHARLOTTE : Elle nous a quittés sans rien préparer.

ALEX : Ce n'est pas vrai. Mais, on va être en retard à notre joute de ce soir.

CHARLOTTE : Il faut prévenir papa.

AXEL : Sa voiture est garée dans l'entrée. Je pensais qu'il était déjà arrivé.

CHLOÉE : Vous parlez de papa. Il a laissé un drôle de message sur le répondeur. Je vais vous le faire écouter.

MATHILDE qui arrive en chantant : Oh Tristan, mon beau Tristan

TOUT LE MONDE : Chut !

MATHILDE : Bon, bon.

Chloée pèse sur le bouton et leur fait écouter le message : « Bonjour C'est bien moi Jacques Votre père Ton mari, ma belle Martine. J'aurais aimé vous le dire en personne, mais bon. Je viens de saisir une occasion incroyable : Un client m'a offert d'aller à la pêche avec lui dans le Nord du Québec. Je devais prendre une décision rapidement. J'ai dit oui. À l'heure où vous écouterez ce message, je serai déjà dans l'avion. C'est super ! Ça fait longtemps que je rêve d'attraper une grosse truite. Je vais t'avoir mon gros poisson. Ne vous inquiétez pas, je serai de retour dans une semaine. Ça va me permettre de faire le vide et de revenir en pleine forme. Martine, je t'aime. La semaine prochaine, ça sera à ton tour de partir. À bientôt !

MATHILDE : Une semaine ! J'ai besoin de savoir tout de suite si je peux aller en tournée sur la Côte d'Azur.

ROSALIE : Qu'est-ce que ça veut dire « faire le vide » ?

CHARLOTTE : Ça veut dire qu'on va être plusieurs jours sans parent.

CHLOÉE : Je ne pige pas.

MATHILDE : Moi, non plus.

AMÉLIE en montrant la lettre : Maman nous a laissé un mot pour nous dire qu'elle est partie se reposer dans un centre de santé.

ROSALIE : Pour compter des points.

MATHILDE : Hein ?

ANTOINE : Pour faire le point.

CHARLOTTE : Et papa a décidé d'aller à la pêche. Ils sont partis le même jour sans s'en parler. Donc, on se retrouve tout seuls.

ALEX : Il faudrait trouver quelqu'un pour s'occuper de nous et faire la cuisine.

AXEL : On a juste à appeler grand-maman ou Tatie Danielle.

AMÉLIE : Non ! Ça va être des vacances pour nous aussi. On va passer une semaine sans parent.

SANDRA : Bande de veinards.

ROSALIE qui pleurniche : Moi, je veux avoir ma maman et mon papa.

CHARLOTTE : On va prendre soin de toi. Tu vas voir, une semaine. Ce n'est pas si long.

AMÉLIE : Tout le monde est d'accord. On profite de la situation pour faire tout ce qui nous plaît et samedi soir, on organise une méga-fête.

ANTOINE : Je suis d'accord à la condition que je puisse regarder la télé comme je veux.

AMÉLIE : Pas de problème.

CLARA : C'est malin. On ne pourra pas jouer aux jeux vidéo.

AMÉLIE : Mes parents ont une télé dans leur chambre. D'habitude, on n'a pas le droit d'y toucher, mais comme ils sont partis, on va pouvoir y brancher la platystation.

SANDRA : Super.

CHLOÉE : Moi, je vais passer mes soirées entières au téléphone.

MATHILDE : Et mon autorisation pour la tournée ?

AMÉLIE : Je vais te la signer. Je suis capable d'imiter la signature de maman à la perfection.

MATHILDE : Et comment vais-je faire pour payer les 300 euros ?

AMÉLIE : On trouvera bien une solution.

AXEL : Maintenant, il faut dîner.

ALEX : On a juste à mettre le congelé au four. Ce n'est pas si compliqué.

AMÉLIE : Non, au menu ce soir, nous avons des chips, du chocolat et du coca.

Tout le monde sauf Rosalie fait «Yé ».

ROSALIE : Qui est-ce qui va m'enlever mes bottes ?

ANTOINE : Enlève-les toi-même.

ROSALIE : Je ne suis pas capable.

CHLOÉE : Ben, reste dedans alors.

AMÉLIE en direction du public : Quand le chat est parti, les souris dansent !

Sur la musique « I feel good » de James Brown, les enfants sortent les friandises et sautent un peu partout sur les divans et les chaises. Rosalie enlève ses bottes et va rejoindre les autres.

 

Scène 3 : Antoine, Charlotte, Rosalie, Mathilde.

Au réveil, le lendemain matin, Antoine dort sur le sofa avec un sac de chips entre les mains. Il ouvre les yeux, regarde le sac de chips. Il a la nausée. Charlotte arrive.

CHARLOTTE : Quoi ! Sept heures quarante.

ANTOINE : Hein !

CHARLOTTE : Il est sept heures quarante. On va être en retard.

ANTOINE : Bof moi, je ne vais pas à l'école.

CHARLOTTE : Comment ça ?

ANTOINE : J'ai la nausée, j'ai mal dormi et on est en congé de parent. Tu as oublié ?

CHARLOTTE : Il faut que tu ailles à l'école.

ANTOINE : Ne me dis pas ce que je dois faire.

CHARLOTTE : Congé de parent, ça ne veut pas dire congé d'école. Si on ne va pas en classe, le proviseur va appeler. Qu'est-ce qu'on va répondre ?

ANTOINE : Ouin.

CHARLOTTE : Il ne faut pas éveiller les soupçons. Il faut faire comme d'habitude.

ANTOINE : Ah, c'est bête. Je voulais aller au shopping aujourd'hui.

CHARLOTTE : Fais une croix là-dessus et va dire aux autres de se lever.

À contrecoeur, Antoine sort pour aller réveiller les autres. Rosalie entre.

ROSALIE : Personne ne m'a réveillée ?

CHARLOTTE : Et il est sept heures quarante-cinq.

Mathilde arrive à ce moment.

ROSALIE : Ah non, ça veut dire que j'ai manqué les dessins animés à la télé. D'habitude, maman me lève toujours à sept heures. Il faut que je parte à huit heures. Je ne suis pas habillée, je n'ai pas déjeuné, je n'ai pas de lunch. Qui est-ce qui va me conduire ?

CHARLOTTE à Mathilde : Veux-tu t'en occuper ? Faut que je me prépare.

Charlotte quitte.

MATHILDE : Moi aussi, je suis pressée.

ROSALIE en se plaignant : Et moi alors ?

MATHILDE : Bien Je vais te faire un sandwich au fromage. T'auras juste à le manger en allant à l'école.

ROSALIE : Ça me prend aussi un lunch pour ce midi.

MATHILDE : On va te donner des sous. Tu iras à la cafétéria.

ROSALIE : Il n'y a pas de cafétéria à l'école. Je ne suis pas encore au lycée.

Antoine revient.

MATHILDE qui regarde dans le frigo : Je ne vois pas grand chose dans le frigo. Il ne reste plus de jambon. Va falloir te contenter des sandwichs au fromage.

ROSALIE : Pour le déjeuner aussi.

MATHILDE : T'as le choix entre ça ou de la mélasse.

ANTOINE : Ou des sandwichs à la moutarde.

ROSALIE : J'ai hâte que maman revienne, moi.

MATHILDE : Donne-lui le temps de se reposer. Ça ne sera pas trop long. Il faut que tu te comportes comme une grande. Maintenant, va t'habiller si tu ne veux pas être en retard. Je vais aller te conduire.

ROSALIE : Tu vas m'accompagner ?

MATHILDE : Oui.

ROSALIE : Super !

Rosalie quitte.

ANTOINE : Si le frigo est vide qu'est-ce qu'on va manger ? Je ne veux plus entendre parler ni de chips, ni de chocolat, ni de coca durant au moins une semaine.

CHARLOTTE qui revient en se brossant les cheveux : Regardez dans le congélateur, maman a peut-être préparé des repas.

MATHILDE qui ouvre le congélateur : Ah oui ! Je vois du ragoût, de la soupe et de la sauce spaghetti.

ANTOINE : Ah oui des spaghettis !

MATHILDE : Est-ce qu'il y en a qui viennent pour le déjeuner ?

CHARLOTTE : Amélie, je crois.

MATHILDE : Elle pourrait se faire des crêpes. Il reste du lait et des ufs.

ANTOINE : On va manquer de bouffe, ça ne sera pas long.

CHARLOTTE : Les parents doivent bien cacher de l'argent quelque part.

MATHILDE : Moi, j'ai besoin de 300 euros pour mon voyage.

CHARLOTTE : Tout d'abord, on va penser à se nourrir et ensuite, on verra pour ton voyage.

Mathilde n'est pas contente. Frustrée, elle commence à beurrer le sandwich.

ANTOINE : Chloée doit savoir où se trouve le magot. Elle a toujours le nez fourré partout.

CHARLOTTE : T'as raison. Et il faut lui dire de se la fermer sinon dans vingt-quatre heures toute la ville va savoir que nos parents sont absents.

ANTOINE : Elle n'a même pas dormi ici.

CHARLOTTE : Pardon !

ANTOINE : Je l'ai vu partir avec son sac hier soir. Elle allait chez Jade.

CHARLOTTE : Elle n'a même pas demandé de permission !

ANTOINE : Pourquoi ? Tu n'es pas notre mère. C'est toi-même qui l'as dit hier.

CHARLOTTE : Peut-être, mais je suis l'aînée et c'est à moi que revient la responsabilité des décisions. Il est très important de trouver Chloée et de la prévenir. Je ne voudrais pas que quelqu'un nous signale à la police ou au juge des enfants.

MATHILDE : Ça commence plutôt mal notre affaire.

CHARLOTTE : Antoine ! Va dire aux autres de se presser !

ANTOINE : Arrête de me donner des ordres.

CHARLOTTE : Il faut bien que quelqu'un prenne la situation en main. Et je vous préviens tout de suite, ce soir, lorsque tout le monde va être au lit, mon copain va venir pour écouter la télé. Je ne veux pas qu'on nous dérange.

MATHILDE : Je ne suis pas certaine que maman approuverait.

CHARLOTTE : Je suis l'aînée et j'ai droit à des privilèges. C'est elle-même qui l'a dit.

Charlotte se tourne vers Antoine qui n'a pas bougé.

CHARLOTTE : Qu'est-ce que tu attends ?

ANTOINE : Oui, mon général.

Antoine sort en marchant comme un soldat. Rosalie revient.

ROSALIE : Je suis prête ! J'ai mis mes bottes tout seule !

MATHILDE : Mais, elles sont à l'envers.

ROSALIE : Ah ! C'est difficile !

MATHILDE en l'assoyant sur la table et en lui mettant un sandwich dans la bouche : Arrête de pleurnicher, je vais t'arranger cela.

 

Scène 4 : Amélie, Clara et Sandra

Les trois filles sont assises autour de la table.

AMÉLIE : Mathilde m'a laissé une note : « Il reste des oeufs et du lait. Tu peux te faire des crêpes ».

SANDRA : Des crêpes, j'adore.

CLARA : On est seules ?

AMÉLIE : Ça en a l'air. Les autres déjeunent souvent à l'école. Ils font plein d'activités.

SANDRA : C'est la mode. Être occupé, ça paraît bien.

AMÉLIE : Pas pour moi, non merci.

SANDRA : Toi, tu es plutôt le genre mouton noir.

AMÉLIE : Un mouton, non. Un prédateur plutôt, une panthère noire.

Amélie rugit comme un félin. Clara, avec un fouet de cuisine imite un dompteur en se protégeant avec un bol.

CLARA : Couchez minet, couchez.

SANDRA : C'est vrai que tu n'as pas été docile ce matin à l'école.

CLARA : Tu étais déchaînée. Mme Bonnet a pété les plombs.

SANDRA : Depuis que tes parents sont partis, tu prends ça cool. Fais gaffe.

AMELIE qui veut changer de sujet : Alors bon, pour faire des crêpes, ça prend du lait, des ufs

CLARA : Et du sucre.

SANDRA : Mais non, ça prend de la farine.

AMÉLIE : Il me semble que c'est du sucre.

SANDRA : Non, je te dis, de la farine.

AMÉLIE : On ne prendra pas de risque. On va mettre une tasse de farine et une tasse de sucre.

Elles mettent le lait dans le bol et versent les ingrédients.

CLARA : J'ai des bonbons. On pourrait les mettre dans la recette.

AMÉLIE : Bonne idée, des crêpes aux bonbons.

CLARA : C'est plaisant chez vous. On s'amuse tout le temps.

SANDRA : À quatre dans notre 2 1/2, on étouffe.

AMÉLIE : Nous sommes dix ici.

SANDRA : Mais, c'est une belle grande maison

CLARA : Pleine de vie. Moi, tout seule avec ma mère, je m'ennuie.

AMÉLIE : Si tu aimes le monde, ici, c'est l'idéal. Mais parfois j'aimerais, moi aussi, être enfant unique.

CLARA : Ne t'inquiète pas, tu ne manques rien.

SANDRA : Parlant de monde. Il y a beaucoup de gens qui veulent participer à notre méga-fête.

AMÉLIE : On pourrait faire une « Portes ouvertes ».

CLARA : C'est quoi une « Portes ouvertes » ?

SANDRA : C'est une soirée où tu invites tout le monde, n'importe qui peut venir, même ceux que tu ne connais pas.

CLARA : Cool !

AMÉLIE en brassant : Une soirée réussie, c'est comme une recette, il faut les bons ingrédients.

SANDRA : C'est vrai. Il faudrait prévoir des activités. On pourrait jouer à cache-cache.

AMÉLIE : À cache-cache ?

SANDRA : Oui, c'est l'endroit rêvé. On ferme les lumières et ceux qui comptent nous cherchent avec des torches électriques.

AMÉLIE : C'est une idée.

SANDRA : Tout le monde aime jouer à cache-cache, surtout quand il n'y a pas de parents pour nous surveiller.

CLARA : D'accord, mais il faut plus que ça pour attirer les gens. On devrait inviter un groupe de musique.

SANDRA : Tu es folle. Il faudra les payer.

CLARA : Je te parle pas d'un groupe connu comme (groupe au goût du jour) ou (autre groupe au goût du jour), mais d'un groupe amateur.

AMÉLIE : Je connais des gars qui ont fondé un groupe de hip-hop.

CLARA : Ça serait méga.

SANDRA : Ils ont intérêt à être bons sinon, ils vont se faire lancer des tomates et des ufs.

AMÉLIE : Ah oui, les oeufs. Combien en faut-il ?

CLARA : Au moins trois.

SANDRA : Plus que ça.

Amélie : On en a six. On va les mettre les six.

CLARA : Ça va être de bonnes crêpes.

AMÉLIE : Les meilleures qu'on n'a jamais mangées.

 

Scène 5 : Chloée, Jade, Axel et Alex.

Le téléphone sonne. Chloée entre en courant et attrape le combiné.

CHLOÉE : Allo ! Je t'avais dit que j'arriverais à temps Qu'est-ce qu'on fait ce soir ? Tu pourrais venir dormir à la maison J'espère que tu n'as pas raconté à Véronique qu'on préparait une soirée. Je ne lui parle plus. Pourquoi ? Parce qu'elle ne me parle pas. C'est nul.

Jade entre en parlant à son téléphone mobile.

JADE : Je ne veux pas te décevoir, mais elle est déjà au courant pour la soirée.

CHLOÉE : Comment ça ?

JADE : Mais, tout le monde le sait. Tout le monde veut venir.

CHLOÉE : Ah non ! Mes surs m'ont demandé de ne pas être trop bavarde.

JADE : Je pense qu'il est trop tard.

CHLOÉE : Elles vont encore être fâchées.

JADE : Ta famille ne te comprend pas.

CHLOÉE : Tu as raison. Ils ne comprennent pas que parler au téléphone, c'est un besoin vital pour moi. Si je ne le fais pas, je tombe malade.

JADE : Ma mère connaît une femme qui connaît une femme qui est devenue folle parce que son mari lui avait enlevé son mobile.

CHLOÉE : Ça me plairait aussi d'avoir un mobile. Où l'as-tu gagné ?

Alex et Axel entrent et observent Jade et Chloée.

JADE : Il y avait un concours au shopping. On devait remplir un sondage.

CHLOÉE: J'adore les sondages moi.

Chloée et Jade continuent à parler, mais on ne les entend plus.

ALEX : Il faut absolument trouver quelqu'un pour nous conduire ce soir.

AXEL : Tu as raison. Ça ne me tente pas vraiment de traverser la ville en bus pour aller à notre joute de basket.

ALEX : Sans compter qu'il y a deux correspondances. C'est trop long.

AXEL et ALEX : Il faut trouver une solution.

AXEL : Si papa n'est pas là, on peut demander à quelqu'un d'autre.

AXEL : À tonton Claude.

ALEX : Ça ne va pas. Imagine qu'il se rende compte de la situation.

AXEL : T'en fais pas. Il est bien trop distrait.

ALEX : C'est vrai. Ça vaut la peine d'essayer.

AXEL : Parfait, je lui téléphone.

Axel se retourne et aperçoit Chloée qui parle au téléphone avec Jade.

CHLOÉE : Est-ce que tu as tes notes de géo avec toi ?

JADE toujours à son mobile : Dans mon sac.

AXEL : Chloée, je dois faire un appel.

CHLOÉE en faisant signe à Axel de la laisser tranquille : J'ai oublié de prendre en note les capitales de l'Amérique.

JADE : Je les sais par cur.

ALEX : Chloée, ne fais pas la conne.

Chloée lui tourne le dos.

CHLOÉE: Alors, dis-moi quelle est la capitale du Brésil ?

ALEX à Chloée : Tu n'en as même pas besoin. Jade est juste à côté.

JADE : Bogota.

CHLOÉE aux jumeaux : Laissez-moi tranquille à la fin. Vous nuisez à mes études.

AXEL : On a un appel important à faire.

CHLOÉE : Vous le ferez ensuite. C'est tout.

ALEX : Raccroche le téléphone immédiatement.

Chloée fouille dans sa poche pour trouver une carte d'appel.

CHLOÉE : Tenez. Il y a une cabine au coin de la rue. (À Jade) Qu'est-ce que tu disais ?

JADE : La capitale du Brésil, c'est Bogota.

CHLOÉE : Je pensais que c'était Rio.

ALEX : Elle est gonflée. Retiens-moi sinon je lui arrache la langue.

AXEL : J'ai une bien meilleure idée.

Axel prend la carte d'appel que lui tend toujours Chloée.

AXEL : Attends-moi.

Axel part.

JADE : Mon père est prof de géo. C'est pour ça que je suis calé.

CHLOÉE : En plus, tu voyages tout le temps. Je changerais bien de place avec toi.

JADE : La prochaine fois, je t'amène dans mes bagages. Mon père parle d'aller à Londres pour voir la tour de Pise.

CHLOÉE : Attends. Oups, j'ai un appel sur l'autre ligne.

Chloée pèse sur un bouton.

CHLOÉE : Allo Oui C'est bien moi Pas vrai Super ! J'arrive.

Chloée repèse sur le bouton.

CHLOÉE : Jade ! Tu ne le croiras pas. C'était la dame du shopping. Elle m'invite à participer à un sondage pour gagner un mobile.

JADE : Allez ouste. Raccroche. On y va tout de suite.

Chloée et Jade partent aussitôt. Axel revient.

ALEX : Ah ! Ah ! Ah ! Les as-tu vues déguerpir ?

AXEL solennellement : Elle a suivi son instinct. Elle a répondu à l'appel du téléphone.

Les jumeaux rigolent.

 

Scène 6 : Mathilde et Rosalie

Dialogue entre Josiane qui cherche un moyen de faire des sous et Rosalie qui s'ennuie de ses parents. Josiane conte une histoire à Rosalie et lui chante une chanson pour l'endormir. Scène disponible avec la version complète.

 

Scène 7 : Charlotte, Maxime, Rosalie, Antoine, Axel et Alex.

Charlotte replace les meubles et fait un peu de ménage. Elle est nerveuse. On sonne à la porte.

CHARLOTTE : Mon copain arrive. Je ne veux pas qu'on nous dérange, sous aucun prétexte !

Elle va à la porte.

CHARLOTTE : Eh Bonsoir Maxime. Tu peux entrer.

Maxime entre timidement. Ils se regardent un temps sans rien dire.

CHARLOTTE : On passe au salon ?

MAXIME : Eh oui. C'est pour toi.

CHARLOTTE : Des chocolats. Merci. On va pouvoir les déguster en regardant le film.

Elle le dirige vers le fauteuil. Il sort un DVD ou une cassette vidéo.

CHARLOTTE : « Le lagon bleu », c'est super. Je pensais que t'étais plutôt le genre à louer des films de Jackie Chan. (Les titres de films peuvent être au goût du jour).

MAXIME : J'aime aussi les films romantiques.

Il insiste sur le mot « romantique ».

CHARLOTTE : Moi aussi, Jackie Chan, je l'aime bien.

MAXIME : Il faut savoir choisir son film selon les circonstances. J'avais l'impression que « Le lagon bleu », c'était plus à propos.

CHARLOTTE : Ah oui, certain.

Ils rient nerveusement.

CHARLOTTE : Alors, on l'écoute ?

MAXIME : O.K.

Charlotte va mettre la cassette ou le DVD dans l'appareil. Ils s'assoient chacun à un bout du divan. Le film commence et on entend une musique romantique. Maxime et Charlotte se jettent des regards de temps à autre. Ils s'approchent tranquillement l'un de l'autre. Ils finissent par être très près et au moment où ils vont s'embrasser, Rosalie arrive.

ROSALIE : Charlotte !

Maxime et Charlotte s'éloignent l'un de l'autre. Charlotte agite la télécommande pour arrêter le film.

CHARLOTTE : Quoi ? Tu ne vois pas qu'on regarde un film.

ROSALIE : J'ai peur.

CHARLOTTE : De quoi ?

ROSALIE : Mathilde m'a raconté une histoire effrayante avec une tronçonneuse.

MAXIME : Une tronçonneuse ?

ROSALIE : Oui et papa en a une dans le garage.

CHARLOTTE : T'as pas raison d'avoir peur. Elle est sous clé et je crois qu'elle ne fonctionne plus.

ROSALIE : Une boîte de chocolat !

CHARLOTTE : Oui, tu peux en prendre un.

MAXIME : Tu peux même en prendre plusieurs si tu veux.

CHARLOTTE : Tiens, repars avec la boîte, mais retourne dans ta chambre et restes-y.

ROSALIE : Cool !

Rosalie repart en engouffrant plein de chocolats.

CHARLOTTE : Maxime, je voulais te dire. C'est à propos de l'invitation que tu m'as faite l'autre jour. Je n'ai pas encore eu vraiment le temps d'en jaser avec ma mère. Tu comprends ?

MAXIME : Je comprends. Est-ce qu'on continue le film ?

CHARLOTTE : Oui, oui.

Charlotte redémarre le film. La musique recommence. Les deux amoureux s'approchent l'un de l'autre, mais, encore une fois, au moment où ils viennent pour s'embrasser, quelqu'un se pointe. C'est Antoine.

ANTOINE : Je voudrais écouter la télé ?

CHARLOTTE : Tu ne vois pas qu'il y a quelqu'un.

ANTOINE : J'étais supposé pouvoir la regarder quand je voulais.

CHARLOTTE : Moi, j'avais dit que je la réservais pour la soirée.

ANTOINE : C'est malin ! Il y a une émission spéciale de Star Académie que je ne voudrais absolument pas rater.

CHARLOTTE : Pourquoi ne vas-tu pas la regarder dans la chambre de maman ?

ANTOINE : Amélie joue au jeu vidéo avec ses amies.

CHARLOTTE : Désolée, demande à quelqu'un de te l'enregistrer.

ANTOINE : Ce n'est pas juste. Tu ne devrais pas avoir le contrôle de la télé.

CHARLOTTE : C'est la loi du nombre. Nous sommes deux et toi, tu es seul.

ANTOINE : Ah ! Quand je vais être grand, je vais m'acheter un cinéma maison et je vais le garder pour moi.

Frustré, Antoine part.

MAXIME : Je devrais peut-être revenir un autre soir.

CHARLOTTE : Non, reste. Nous allons rater le meilleur.

Charlotte redémarre le film et le même manège recommence. Cette fois, ils sont interrompus par les jumeaux qui balancent leurs sacs en arrivant.

CHARLOTTE : Ah ! Combien de fois maman vous a-t-elle dit ne pas jeter vos sacs en arrivant ?

AXEL : Pourquoi tu t'énerves comme ça ?

CHARLOTTE : C'est que j'aimerais regarder la télé tranquillement avec mon copain, mais on nous interrompt tout le temps.

ALEX ironique : Quel dommage ! Mais ce n'est rien comparé à nous. On a loupé notre bus. L'équipe risque de perdre si on ne se présente pas au match.

AXEL : Maxime, est-ce que c'est à toi la petite voiture rouge garée dans l'entrée ?

MAXIME : Elle n'est pas si petite.

ALEX : Mais oui, bonne idée, tu pourrais venir nous conduire. En nous pressant, nous pourrions arriver à temps.

MAXIME : Je ne sais pas.

CHARLOTTE : Non ! C'est mon invité.

AXEL : Si on reste ici, vous ne serez plus seuls. On va regarder le film avec vous.

Charlotte qui cède : Bon, c'est bien. Veux-tu aller les conduire Max ?

MAXIME : S'il le faut.

ALEX : Super ! C'est toujours pratique d'avoir une soeur qui a un copain.

AXEL : Allez, on se magne.

Les jumeaux quittent suivis de Maxime. Charlotte se laisse tomber sur le divan. Antoine revient flanqué de Rosalie et Mathilde.

ANTOINE : On vient écouter Star Académie.

CHARLOTTE : Il n'en est pas question.

ANTOINE : Nous sommes trois et tu es seule. C'est la loi du nombre.

Charlotte frappe sur le divan pour se défouler.

 

Scène 8 : Amélie, Chloée, Clara, Sandra et Jade.

Les cinq filles sont placées autour de la table.

AMÉLIE : Nous avons vraiment un problème.

CLARA : 250 personnes pour notre méga-fête, c'est vraiment trop.

JADE : Tu es sûre d'avoir bien calculé.

CLARA : Certaine. J'ai demandé aux frères et soeurs d'Amélie combien d'invités ils avaient et le total donne dans les 250 personnes. Il faut dire que Chloée, à elle seule, a fait plus de cent invitations.

CHLOÉE : Quoi, ce n'est pas ma faute si je suis sociable.

AMÉLIE : Sociable, mais surtout commère.

CHLOÉE : Est-ce que je t'ai demandé ton avis ? Et si on parlait de toi, mademoiselle l'hyperactive.

CLARA : Ce n'est pas le temps de s'énerver. Il faut maintenant trouver un moyen pour accueillir tous ces gens.

Amélie et Chloée acquiescent.

SANDRA : On pourrait peut-être louer une salle.

AMÉLIE : Mais c'est trop cher. Il faudra demander un prix d'entrée.

CHLOÉE : Voilà la solution. On fait la fête ici, mais on exige un prix d'entrée.

CLARA : Tu es folle. Personne ne va accepter de payer pour une fête maison.

AMÉLIE : À moins d'offrir une attraction spéciale, quelque chose pour attirer les clients.

SANDRA : Et les gars du groupe de hip-hop ? Ils viennent toujours ?

AMÉLIE : Oubliez ça. Ils se sont séparés.

SANDRA : Il faudrait trouver un autre groupe.

JADE : On a juste à faire notre propre spectacle.

CHLOÉE : C'est vrai.

JADE : On met sur pied un groupe de musique.

CHLOÉE : Ma soeur Mathilde pourrait aussi présenter un numéro avec sa troupe de la comédie musicale.

JADE : Oui. Ça serait le show des soeurs Bernard.

SANDRA : Après le spectacle, on joue à la cache-cache.

CLARA : Et pour ceux qui n'ont pas froid aux yeux, on termine avec une nuit de films d'horreur.

AMÉLIE : Une soirée payante. Je crois que c'est possible. Ça va nous permettre d'avoir un peu moins de monde et de mieux contrôler l'entrée.

JADE : Il ne faut surtout pas que ça devienne une fête « porte ouverte ». Je connais des gens qui ont vu leur maison saccagée par des punks qui sont venus à la soirée.

SANDRA : Qu'aller vous faire avec l'argent ?

CHLOÉE : On va se nourrir. Je savais que mon père cachait son argent dans la boîte à souliers. J'ai seulement trouvé 50 briques. On ne survivra pas longtemps avec si peu.

AMÉLIE : Je vais en parler à mes frères et soeurs, mais je suis pas mal certaine qu'elles vont être d'accord. Il va falloir bien s'organiser et se donner des tâches.

CHLOÉE : Jade et moi, on va s'occuper des communications.

JADE : On va bâtir une chaîne téléphonique pour faire passer le message.

CHLOÉE : Pour ne pas éveiller les soupçons des adultes, nous allons dire que nos parents sont partis pour le week-end seulement.

CLARA : Il y a notre professeur qui commence à avoir de sérieux doutes.

CHLOÉE : Ah c'est donc ça. Une certaine Mme Bonnet a laissé un message sur le répondeur. Elle voulait parler à maman ou à papa.

SANDRA : Disons qu'Amélie l'a un peu cherché.

AMÉLIE : Bon, bon. On s'occupera de Mme Bonnet plus tard. Pour l'instant, on se concentre sur la méga-fête. Il ne nous reste plus que deux jours. Il va falloir distribuer les responsabilités : on a des postes à l'accueil, à la bouffe, au ménage.

CLARA : Amélie, tu fais bien ça. Tu es capable d'être sérieuse.

AMÉLIE : On peut être fière de nous. On a transformé notre problème en solution.

 

Scène 9 : Le party

CHARLOTTE qui s'adresse au public : Bonsoir tout le monde. Comme je suis l'aînée, c'est à moi que revient l'honneur de lancer cette méga-fête qu'on pourrait appeler le "Bernard Aid". Je tiens à vous mentionner que les fonds amassés vont servir à payer nos courses de la semaine prochaine. Merci beaucoup. Alors, on commence avec notre premier numéro. Bon spectacle.

Numéros de lip-synch avec des chansons au goût du jour.

CHARLOTTE : Nous sommes maintenant arrivés à notre partie de cache-cache. C'est moi qui vais commencer à compter. À GO, on ferme les lumières et vous allez vous cacher. Attention, un, deux, trois, GO.

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Droits d'auteur (FAQ)

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Notez que les écoles du Québec bénéficient d'une entente entre l'AQAD (L'Association Québécoise des Auteurs Dramatiques) et le MELS (Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport) qui défraie les droits de représentation devant un public de parents et d'amis. Il faut alors remplir un formulaire sur le site de l'AQAD
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Auteur

Luc Boulanger

Luc Boulanger auteurDétenteur d’un certificat de deuxième cycle en journalisme, c’est d’abord avec sa plume que Luc Boulanger s’est démarqué. Il a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre qui sont diffusées dans internet et jouées partout sur la planète ; de Fermont au Kirghizistan, en passant par Singapour et Genève.

Il est cofondateur de la troupe de théâtre Animagination qui présente depuis plus de 25 ans des spectacles pour jeune public. En plus de concevoir les pièces, il est également comédien. La troupe se produit entre 50 et 100 fois par année au Québec et dans la francophonie canadienne. Animagination a eu la chance de travailler avec l’auteur Dominique Demers pour la conception et la présentation d’une pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Mademoiselle Charlotte.

En 1996, il a participé à la création du centre d’art La Chapelle, la salle de spectacles de son quartier dont il fut le premier coordonnateur durant trois ans. Il est resté un collaborateur actif du lieu et plusieurs de ses productions théâtrales sont présentées en primeur à La Chapelle.

Luc Boulanger a énormément travaillé comme animateur auprès des jeunes et des adultes. Il a notamment accompagné plusieurs groupes de voyageurs, visitant ainsi plus de 25 pays. Aujourd’hui, il agit davantage en tant que formateur en théâtre, en improvisation et en cinéma. Il fait partie de la liste de ressources du programme «Écrivains à l’école» subventionné par le ministère de l’Éducation. Une de ces expériences marquantes en tant que formateur est une série de trois séjours au Nunavik pour enseigner à de jeunes animateurs Inuits.

Grand amateur de cinéma, Luc réalise des films et des clips vidéo depuis qu’il a dix ans. Lors d’un voyage en Allemagne pour assister à une de ses pièces jouées en allemand, il a monté un reportage en utilisant seulement son iPhone. D’ailleurs, il est un passionné d’informatique, il connaît bien le langage HTML et explore constamment le logiciel Photoshop. Il conçoit la plupart des affiches de ses spectacles et adore la photographie de plein air. À l’occasion, il accepte des contrats de photos.

Membre de l’Union des Artistes (UDA) et président du conseil d’administration de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), Luc Boulanger est interpelé par les conditions socio-économiques de ses pairs. Il est ainsi un des fondateurs du Regroupement énergique des petites entreprises de théâtre (RÉPET) qui vise à valoriser le travail des artistes de théâtre qui s’autoproduisent.

En septembre 2013, Luc Boulanger a reçu une médaille de l’Assemblée nationale pour la diffusion de ses oeuvres et son implication dans son milieu.

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