Les apprentis pirates

De Luc Boulanger
Style/Thème :
Comédie d'aventures sur l'univers de la piraterie
Lieux :
Pont d'un navire
Nombre de comédiens :
10
Durée :
40 minutes
Âge :
8 à 13 ans
Niveau :
Débutant
Résumé :

À l’époque des grands bateaux à voiles, une bande de pirates menée par le capitaine Brochet recueille Bartolomé et Cristobal ; deux jeunes garçons qui veulent devenir pirates. Pour les convaincre de les accueillir dans leurs rangs, les deux jeunes font croire aux pirates qu’ils détiennent le secret du fameux trésor du Prince Noir. À cause de cette supercherie, les deux apprentis pirates se retrouveront dans plusieurs situations embarrassantes, mais sauront toujours trouver une astuce pour s’en sortir.

Une belle histoire d'aventure à la manière des classiques comme "L'île au trésor" avec une petite touche d'humour façon cartoon.

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Extrait du texte

Les apprentis pirates

de Luc Boulanger

Personnages :

Bartolomé

Cristobal

Capitaine Brochet

Carcasse

Joufflu

Vigie

Cyclope

Perroquet

Isabella

Narrateur

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Scène 1

Narrateur : À une époque où les bateaux étaient simplement poussés par la force du vent… et les hommes, encore transportés par leurs passions, vivait un jeune garçon nommé Bartolomé. Sa famille habitait sur le bord de la mer dans une vieille maison fabriquée avec les planches d’un navire échoué. Son père était pêcheur et Bartolomé passait une grande partie de ses journées à jouer sur le rivage avec son frère Cristobal.

Cristobal : Bartolomé ! Bartolomé !

Bartolomé qui regarde au loin : Quoi ?

Cristobal : J’ai trouvé un vieux tonneau. Viens ! Tu embarqueras dedans et je te ferai rouler.

Bartolomé pas trop intéressé : Je n’ai pas envie.

Cristobal : Pourquoi ? Ça va être drôle.

Bartolomé : Je ne sais pas.

Cristobal : Tu as peur, trouillard !

Bartolomé : Mais non.

Cristobal : Oui, trouillard.

Bartolomé : J’ai plus important à faire.

Cristobal : Ah ! S’il te plaît, arrête de fixer la mer et de compter les bateaux.

Bartolomé : Il en est passé 22 depuis ce matin dont quatre caravelles, cinq navires de guerre et un vaisseau pirate.

Cristobal : Qu’est-ce que ça peut bien faire ? Ils sont loin au large et nous sommes ici à nous ennuyer. Allez viens jouer !

Bartolomé : Justement, on devrait aller les rejoindre.

Cristobal : Tu as attrapé un coup de soleil sur la tête ou quoi ? Comment veux-tu qu’on aille les rejoindre ?

Bartolomé : On se fabrique un radeau avec toutes les vieilles planches qui traînent ici.

Cristobal : C’est trop dangereux. Les vagues vont nous renverser.

Bartolomé : Il suffit d’attendre une journée où la mer sera calme.

Cristobal : Papa nous a défendu d’aller sur l’eau.

Bartolomé : Est-ce que tu serais un trouillard ?

Cristobal : Non, mais papa va nous gronder sévèrement.

Bartolomé : Trouillard !

Cristobal : Arrête, ce n’est pas une bonne idée.

Bartolomé : Mais, oui. On va pouvoir enfin vivre de vraies aventures. Depuis que je suis tout petit, je rêve de devenir marin sur un vaisseau pirate et de délivrer une princesse.

Cristobal : Je crois que t’as trop lu de livres.

Bartolomé : Est-ce que tu viens avec moi ?

Cristobal : Ouais. Je ne sais pas trop.

 

 Scène 2

Narrateur : À force d’insister, Bartolomé a fini par convaincre son frère. Ensemble, ils ont fabriqué un radeau et ils ont attendu que la mer soit calme, tellement calme qu’on pouvait y apercevoir son reflet dans l’eau. Les voilà donc qu’ils se dirigent vers un grand navire arborant le pavillon noir des pirates. Sur le pont du bateau, le capitaine Brochet semble de mauvaise humeur.

Brochet : Carcasse ! Carcasse !

Carcasse : À vos ordres capitaine ! Qu’est-ce que je peux faire pour vous capitaine ?

Brochet : Résume-moi la situation.

Carcasse : Bien capitaine ! La force du vent est nulle et le bateau n’avance pas capitaine. Nous n’avons plus de nourriture et les hommes commencent à s’impatienter capitaine.

Brochet : Il faut donc trouver une solution.

Carcasse : Nous devons attaquer un autre navire le plus rapidement possible capitaine.

Vigie : Navire en vue ! Navire en vue !

Brochet : La chance nous sourit enfin. De quel type de navire s’agit-il ?

Vigie qui s’approche avec sa longue-vue : Un navire marchand qui semble contenir une énorme cargaison.

Joufflu, Cyclope et Perroquet arrivent à leur tour attirés par tout ce brouhaha.

Joufflu : J’espère qu’il transporte du poulet qu’on pourrait faire cuire avec de la sauce à l’ananas.  Miam !

Cyclope : Un navire marchand ? Je ne vois aucun navire marchand à l’horizon.

Vigie : Mais oui, dans cette direction. Il fonce sur nous. Je l’aperçois dans ma longue-vue.

Cyclope: Tu délires. Même avec ta longue-vue, tu es aussi myope que ma grand-mère.

Vigie : Et toi, tu n’as qu’un œil.

Cyclope : Oui, mais il voit mieux que les deux tiens réunis. Passe-moi cette longue-vue.

Cyclope met les deux mains sur la longue-vue, mais Vigie la tire vers lui.

Vigie : Non, elle est à moi.

Cyclope qui tire la longue-vue vers lui : Elle n’est pas à toi, tu l’as volé.

Vigie qui la ramène vers lui : C’était ma part du butin.

Le manège continue ; Cyclope et Vigie s’arrachent la longue-vue de plus belle.

Cyclope : Tu aurais mieux fait de choisir autre chose.

Vigie : Arrête, je te dis.

Cyclope : Donne-la moi !

Cyclope y va un peu trop fort et échappe la longue-vue.

Cyclope : Oups !

Vigie qui ramasse sa longue-vue : Regarde ce que tu as fait. Elle est cassée maintenant. 

Cyclope un peu honteux : Je suis désolé.

Vigie : Tu me dois ta prochaine part du butin.

Perroquet : Tu me dois ta prochaine part du butin.

Joufflu : Ah non ! Perroquet ! Ne recommence pas.

Perroquet : Tu me dois ta prochaine part du butin.

Brochet : Perroquet ! Ça suffit !

Pour toute réponse, Perroquet esquisse un sourire niais.

Carcasse : Je l’aperçois maintenant, il arrive ton navire marchand.

Vigie : Voilà ! La preuve est faite.

Joufflu : Ce n’est pas un navire marchand, c’est un vulgaire radeau.

Carcasse : Il est guidé par deux enfants.

Brochet : Pourquoi viennent-ils vers nous ?

Joufflu : Ils vont se jeter dans la gueule du loup.

Perroquet : Tu me dois ta prochaine part du butin.

Brochet : Perroquet ! Ça suffit, j’ai dit !

 

Scène 3

Narrateur : Ainsi, nos deux jeunes amis, Bartolomé et Cristobal, ont abordé le navire des pirates. Ceux-ci, un peu étonnés, ont hissé les deux garçons à bord. Les pirates, peu habitués à côtoyer des enfants, ne savent pas trop comment réagir. Bartolomé prend alors les devants.

Bartolomé : Je m’appelle Bartolomé et voici mon frère Cristobal. Nous voulons devenir pirates.

Les pirates rigolent un peu.

Brochet : Ne devient pas pirate qui veut.

Bartolomé : Nous avons de la détermination et du talent à revendre. Donnez-nous la chance de vous le prouver.

Carcasse : La piraterie n’est pas un jeu. Il faut être braves. Les pirates n'ont peur de rien.

Vigie un peu hésitant : Sauf des fantômes.

Brochet aux enfants : Je vous conseille de reprendre votre radeau et de retourner à la maison.

Joufflu qui s’approche des deux garçons : Nous devrions plutôt les garder. Ils ont l’air bien tendres et savoureux. Nous pourrions les faire cuire et les manger.

Cyclope : Ça, c’est une bonne idée.

Cristobal : Je n’ai pas très bon goût, je vous l’assure.

Cyclope : Peu importe, mon ventre gargouille depuis trop longtemps.

Les pirates saisissent les deux garçons.

Bartolomé : Attendez ! Je sais où se trouve le trésor du Prince Noir.

Les pirates s’arrêtent subitement.

Brochet : Seul le Prince Noir sait où il a caché son trésor et il a emporté son secret dans la tombe.

Bartolomé : J’ai connu le Prince Noir juste avant qu’il meure. Après une tempête, son navire s’est échoué sur le rivage non loin de notre maison.

Carcasse : Jusque là, tu dis vrai. Le navire du Prince Noir a bel et bien sombré dans les parages.

Bartolomé : Nous avons été les premiers arrivés sur les lieux du naufrage. J’ai tenté d’aider un homme. Avant de mourir, il m’a soufflé à l’oreille : « Île de la Tortue, au sommet du volcan, marcher vers le levant ».

Carcasse : Je connais une île de la Tortue. Elle est située dans la mer Océane.

Vigie : Au milieu de l’île se trouve un volcan.

Joufflu : Il y a souvent des volcans sur les îles. Et qui nous dit qu’il s’agissait du Prince Noir ?

Bartolomé : Sur son épaule gauche, un crâne noir était tatoué.

Brochet : Ton information manque de précision. À partir du volcan, combien de pas faut-il marcher vers le levant ?

Bartolomé : Je vous le dirai si vous nous gardez en vie.

Brochet : Hum.

Joufflu : Je crois qu’il nous ment et qu’il a inventé cette histoire. Mangeons-les tout de suite avec de la sauce à l’ananas.

Bartolomé : C’est la vérité ! N’est-ce pas Cristobal ?

Cristobal : Eh oui !

Bartolomé : Si vous avez faim, nous avons du poisson séché dans nos sacs.

Brochet : Tu me sembles futé et ton histoire mérite qu’on s’y intéresse. Mais, je te préviens ; si tu as menti, nous vous jetterons par-dessus bord.

Cristobal inquiet : Par dessus bord.

Cyclope : Et vous serez dévorés par les requins.

Perroquet : Et vous serez dévorés par les requins.

Brochet : Nous vous acceptons donc comme apprentis pirates. Mais vous débuterez au bas de l’échelle et vous devrez travailler fort pour mériter votre place sur le navire. Mon second, Carcasse, va s’occuper de vous.

Carcasse : Bien capitaine.

Brochet : Il faudrait d’abord présenter l’équipage à nos recrues.

Carcasse : Tout de suite capitaine. Alors, voici Vigie, Joufflu, Cyclope, Perroquet et le capitaine Brochet.

Perroquet : Et vous serez dévorés par les requins.

Le capitaine Brochet, Vigie, Joufflu et Cyclope quittent.

 

Scène 4

Narrateur : Bartolomé et Cristobal sont donc devenus des apprentis pirates.  Ils s’attendaient à trouver l’aventure ; pour l’instant, la réalité est toute autre. Ils doivent accomplir des tâches difficiles comme nettoyer le pont ou recoudre les voiles. Ils travaillent sans relâche, mangent peu et dorment mal.

Carcasse : Maintenant les garçons, vous allez démêler les cordages.

Cristobal : J’ai faim. Je voudrais me reposer un peu.

Carcasse : Vous pourrez manger et dormir lorsque vos tâches seront accomplies.

Bartolomé : Comptez sur nous.

Carcasse : Perroquet va vous donner un coup de main. Il n’est pas très futé, mais c’est un gaillard solide.

Perroquet : Et vous serez dévorés par les requins.

Carcasse en riant un peu : Il peut répéter la même phrase des jours durant.

Cristobal : Ça doit être fatigant à la longue.

Carcasse : Il ne rechigne pas, ne pose jamais de question et se bat bravement. Un vrai pirate !

Bartolomé qui veut montrer qu’il a saisi le message : Compris monsieur !

Perroquet : Compris monsieur !

Cristobal : Il vient de changer de phrase.

Carcasse : Ça veut dire qu’il vous aime bien.

Cristobal : S’il ne communique pas vraiment, comment a-t-il fait pour devenir pirate ?

Carcasse : Il était passager sur un des navires que nous avons attaqués. Tout le monde avait sauté à la mer sauf lui. Nous ne savions quoi en faire, alors il est devenu un des nôtres.

Bartolomé : Il a eu de la chance.

Carcasse : Assez perdu de temps. Finissez votre travail. Perroquet, lorsqu’ils auront terminé, tu pourras leur donner une ration d’eau et les laisser se reposer.

Perroquet : Compris monsieur !

Amusés par le fait que la phrase de Perroquet répond bien à l’ordre qu’on vient de lui donner, Carcasse, Cristobal et Bartolomé échangent un regard complice. Mais Carcasse reprend aussitôt son air supérieur.

Carcasse en partant : Allez, on s’active !

Bartolomé et Cristobal ramassent chacun un bout de corde entremêlée. Ils s’efforcent de défaire les nœuds. Un peu en retrait, Perroquet accomplit le même travail.

Cristobal : Je voudrais rentrer chez nous.

Bartolomé : Il n’en est pas question. De toute façon, nous sommes déjà trop loin.

Cristobal : Ces gens profitent de nous. Ils nous font travailler comme des esclaves.

Bartolomé : Tu ne comprends rien. Ils nous mettent à l’épreuve. Ils veulent savoir si nous avons du coeur au ventre.

Cristobal : J’ai surtout le ventre vide. 

Bartolomé : Je veux devenir pirate et rien ne me fera reculer.

Cristobal : Ouais.  Mais où es-tu allé pêcher cette histoire de Prince Noir ?

Bartolomé regarde à gauche et à droite avant de parler.

Bartolomé : J’ai lu ça dans un livre. Tous les pirates rêvent de trouver le trésor du Prince Noir. Je savais que cela allait retenir leur attention.

Cristobal : C’est bien ce que je craignais. Il s’agit d’une autre de tes fabulations. Ça va mal se terminer.

Bartolomé : Ne panique pas. J’ai la situation bien en main.

Cristobal : Ils vont finir par s’apercevoir que l’histoire du Prince Noir est un mensonge.

Perroquet toujours en retrait : L’histoire du Prince Noir est un mensonge.

Bartolomé qui se retourne : Chut !

Perroquet sans émotion : L’histoire du Prince Noir est un mensonge.

Cristobal : Tais-toi, idiot !

Perroquet : L’histoire du Prince Noir est un mensonge.

Bartolomé : Mais, vas-tu te taire ?

Cristobal : Il va répéter cela aux autres et ils vont nous balancer aux requins.

Carcasse revient justement à ce moment.

Carcasse : Alors, le travail, ça avance ?

Perroquet vient pour parler, mais Bartolomé se place devant pour lui couper la parole.

Bartolomé : Tous les nœuds sont presque défaits, monsieur.

Perroquet se déplace pour pouvoir parler à nouveau, mais, cette fois-ci, c’est Cristobal qui prend les devants.

Cristobal : Je tiens à mentionner que vos cordes sont d’excellente qualité et je m’y connais en cordage.

Carcasse : Et toi Perroquet, tu es satisfait de leur travail ?

Perroquet s’avance. Bartolomé et Cristobal se regardent inquiets. Une longue seconde passe.

Perroquet : Et toi Perroquet, tu es satisfait de leur travail ?

Les deux garçons poussent un soupir de soulagement.

Carcasse : Je crois qu'il est content. Vous pourrez prendre une ration d'eau, un bout de pain et vous reposer un peu.

Carcasse part aussitôt.

Perroquet : Et toi Perroquet, tu es satisfait de leur travail ?

Ils quittent tous.

 

Scène 5

Narrateur : Le navire des pirates vogue tranquillement vers l’île de la Tortue. Si la possibilité de trouver un trésor a remonté le moral de ces fripouilles, leur estomac, toujours aussi vide, gargouille.

Le Capitaine Brochet regarde au loin en se grattant le menton. Joufflu, Cyclope et Vigie vont le rejoindre.

Joufflu : Capitaine !

Brochet : Qu’est-ce qu’il y a Joufflu ?

Joufflu : Il ne reste vraiment plus rien à manger.

Brochet : Tu es certain ?

Joufflu : Nous avons attrapé tous les cafards (coquerelles au Québec) qui se cachaient sur le bateau pour en faire une soupe.

Cyclope : Elle était succulente, mais il n’en reste plus une goutte.

Brochet : Alors, sortez les filets. La mer grouille de poissons.

Vigie : Au contraire, il semble que la mer ne soit plus nourricière. Nos filets sont vides.

Joufflu : Puis-je faire une suggestion ?

Brochet : Bien sûr.

Joufflu : Les deux jeunes garçons que nous avons embarqués sont tendres et appétissants.

Brochet : Et que fait-on du trésor ?

Cyclope : À quoi bon chercher un trésor si nous mourons de faim avant de le trouver.

Vigie : J’ai une idée. Torturons les enfants jusqu’à ce qu’ils nous révèlent tous les secrets du trésor du Prince Noir et mangeons-les ensuite.

Brochet : Nous aurions dû y penser plus tôt !

Bartolomé et Cristobal arrivent sur le pont à ce moment..

Joufflu : Alors, vous vous plaisez sur le bateau les enfants ?

Bartolomé et Cristobal qui flairent le danger, reculent d’un pas. Puis, Bartolomé pointe vers le large.

Bartolomé : Mais, c’est une baleine géante !

Tous les pirates se tournent dans la direction indiquée par Bartolomé. Les deux enfants en profitent pour se cacher sous un morceau de voile qui traîne sur le pont.

Vigie : Oh, elle est superbe.

Cyclope : Mais non, andouille, c’est une mouette que tu vois.

Vigie : Elle est quand même superbe cette mouette.

Joufflu : Il n’y a aucune baleine.

Brochet : Le petit nous a bernés.

Cyclope : Les enfants ont disparu.

Brochet : Cherchez-les. Ils n’ont pas pu aller bien loin.

Les pirates partent par diverses directions. Ils sortent de scène sans avoir regardé sous la voile. Une fois qu’ils sont partis, Bartolomé et Cristobal glissent leur tête hors du tas de toiles.

Cristobal : On est cuit. Ils vont nous manger.

Bartolomé : Pas encore, je vais vendre chèrement ma peau.

Cristobal : Attention, ils reviennent.

Le capitaine Brochet, Cyclope, Vigie et Joufflu reviennent.

Vigie : J’ai fouillé la cale de fond en comble et je ne les ai pas vus.

Cyclope : Ils ne sont pas sur le pont arrière.

Joufflu : Ni sur le pont avant.

Brochet : Ils n’ont sûrement pas envolé.

Joufflu : J’en peux plus. Je suis exténué.

Joufflu se laisse choir sur le tas formé par la vieille voile sous laquelle se cachent les enfants.

Joufflu : Mais ça bouge là-dessous.

Joufflu soulève la couverture.

Cyclope : Ils sont là.

Vigie empoigne les enfants par le chignon.

Vigie : Cette fois-ci, je vous tiens par les ouïes et vous ne me glisserez pas entre les doigts petits têtards.

Cristobal : Regardez, un navire à l’horizon !

Brochet a d’abord le réflexe de se tourner vers l’horizon (le devant de la scène), mais flairant la supercherie, il se ravise.

Brochet : Ah non, vous ne nous prendrez pas deux fois avec ce truc.

Cyclope : Nous ne sommes pas aussi bêtes que vous le croyez.

Joufflu : Attendez, le petit a raison, j’aperçois bien un navire à l’horizon.

Les autres pirates se retournent à leur tour.

Cyclope : Par la barbe de ma grand-mère, c’est un superbe galion à quatre mâts.

Joufflu : Un navire de la flotte royale.

Brochet : Le combat sera ardu, mais la récompense énorme. Sonnez la cloche, tout le monde à son poste.

Son de cloche. Tous les pirates disparaissent. Les deux enfants restent sur le pont ne sachant trop quoi faire.

 

Scène 6

Narrateur : Afin d’approcher les navires ennemis sans éveiller les soupçons, les pirates leur tendent un piège infaillible. Ils hissent le drapeau rouge qui signifie que leur bateau est en détresse, qu’il a besoin d’aide.  Une fois que le navire adverse les aborde, les pirates sortent de leur cachette et entament le combat.

Brochet, Carcasse, Joufflu, Cyclope, Vigie et Perroquet reviennent et se placent sur le devant de la scène avec leur arme respective.

Narrateur : Le capitaine Brochet se bat avec deux épées qu’il manie si adroitement qu’on pourrait croire qu’il s’agit de plumes. Il est le meilleur combattant du groupe. Il n’est pas capitaine pour rien.

Le capitaine Brochet agite deux grosses plumes qu’il manie comme s’il s’agissait d’épées.

Narrateur : Carcasse préfère la grande épée qu’il fait tourner autour de lui comme un balai.

Carcasse pivote sur lui-même avec un balai.

Narrateur : Joufflu se sert plutôt d’un gros marteau. Avec sa force herculéenne, on pourrait croire que son arme est aussi légère qu’un plumeau. À l’occasion, il se sert de son ventre imposant pour repousser l’adversaire.

Joufflu fait tourner un plumeau et mime l’action de repousser un adversaire avec son ventre.

Narrateur : Comme il n’a pas une très bonne vision périphérique, Cyclope doit se protéger avec un bouclier. Toutefois, il se sert habilement de la dague qu’il tient dans l’autre main.

Ici, on remplace le bouclier par un couvert de poubelle et la dague par une cuillère en bois ou un autre objet inusité.

Narrateur : Vigie qui, il faut bien l’avouer, est myope se sert d’un fléau d’armes qu’il agite un peu au hasard autour de lui. Ce qui ne l’empêche pas de causer énormément de dégâts.

Le fléau d’armes est un bâton rattaché par une chaine à une grosse boule de pics. Le bilboquet est probablement l’objet qui lui ressemble le plus. Vigie s’en sert maladroitement. Il peut même s’en envoyer un coup derrière la tête.

Narrateur : Quant à Perroquet, il est sûrement le plus surprenant de tous, car il se bat sans arme utilisant une technique de combat qui proviendrait d’Orient.

Perroquet effectue des mouvements d’arts martiaux.

Narrateur : Pour leur part, Bartolomé et Cristobal assistent impuissants à la bataille.

Les six pirates miment leurs combats en même temps pendant que Bartolomé et Cristobal, en retrait, les observent avec un regard quelque peu horrifié.

Narrateur : Même si les militaires du roi sont en nombre supérieur, l’expérience et l’effet de surprise jouent en la faveur des pirates. Ceux-ci ont rapidement pris le dessus et en peu de temps, ils contrôlent le navire ennemi.

Les six pirates croisent les bras en signe de victoire.

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Auteur

Luc Boulanger

Luc Boulanger auteurDétenteur d’un certificat de deuxième cycle en journalisme, c’est d’abord avec sa plume que Luc Boulanger s’est démarqué. Il a écrit une cinquantaine de pièces de théâtre qui sont diffusées dans internet et jouées partout sur la planète ; de Fermont au Kirghizistan, en passant par Singapour et Genève.

Il est cofondateur de la troupe de théâtre Animagination qui présente depuis plus de 25 ans des spectacles pour jeune public. En plus de concevoir les pièces, il est également comédien. La troupe se produit entre 50 et 100 fois par année au Québec et dans la francophonie canadienne. Animagination a eu la chance de travailler avec l’auteur Dominique Demers pour la conception et la présentation d’une pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Mademoiselle Charlotte.

En 1996, il a participé à la création du centre d’art La Chapelle, la salle de spectacles de son quartier dont il fut le premier coordonnateur durant trois ans. Il est resté un collaborateur actif du lieu et plusieurs de ses productions théâtrales sont présentées en primeur à La Chapelle.

Luc Boulanger a énormément travaillé comme animateur auprès des jeunes et des adultes. Il a notamment accompagné plusieurs groupes de voyageurs, visitant ainsi plus de 25 pays. Aujourd’hui, il agit davantage en tant que formateur en théâtre, en improvisation et en cinéma. Il fait partie de la liste de ressources du programme «Écrivains à l’école» subventionné par le ministère de l’Éducation. Une de ces expériences marquantes en tant que formateur est une série de trois séjours au Nunavik pour enseigner à de jeunes animateurs Inuits.

Grand amateur de cinéma, Luc réalise des films et des clips vidéo depuis qu’il a dix ans. Lors d’un voyage en Allemagne pour assister à une de ses pièces jouées en allemand, il a monté un reportage en utilisant seulement son iPhone. D’ailleurs, il est un passionné d’informatique, il connaît bien le langage HTML et explore constamment le logiciel Photoshop. Il conçoit la plupart des affiches de ses spectacles et adore la photographie de plein air. À l’occasion, il accepte des contrats de photos.

Membre de l’Union des Artistes (UDA) et président du conseil d’administration de l’Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD), Luc Boulanger est interpelé par les conditions socio-économiques de ses pairs. Il est ainsi un des fondateurs du Regroupement énergique des petites entreprises de théâtre (RÉPET) qui vise à valoriser le travail des artistes de théâtre qui s’autoproduisent.

En septembre 2013, Luc Boulanger a reçu une médaille de l’Assemblée nationale pour la diffusion de ses oeuvres et son implication dans son milieu.

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